ARaymond : le projet qui donne des boutons aux riverains

sep article



DÉCRYPTAGE – Installée depuis 150 ans dans le quartier Berriat à Grenoble, l’entreprise ARaymond – à l’origine du bouton-pression – a revendu une partie de son terrain, suite à la délocalisation de sa production à Saint-Egrève. Si l’entreprise historique conserve son siège social récemment rénové et son musée le long de la ligne de tram A, elle a décidé de construire, avec la société Eiffage, de nouvelles habitations sur sa partie sud. Un projet qui suscite la controverse…

 

 

 

Vue d'architecte des futurs immeubles d'habitation sur l'ancien site de production ARaymond à Grenoble. © Patriarche & Co

Vue d’ar­chi­tecte des futurs immeubles d’ha­bi­ta­tion sur l’an­cien site de pro­duc­tion ARaymond.     © Patriarche & Co

 

Six nou­veaux immeubles et 600 rive­rains de plus… Le réamé­na­ge­ment de l’an­cien site de pro­duc­tion d’ARaymond inquiète sérieu­se­ment les rive­rains et l’union de quar­tier Berriat Saint-Bruno Europole. En cause, le manque de places dans les écoles du sec­teur, l’a­jout de 300 nou­veaux véhi­cules, et un manque de loge­ments sociaux qui pour­rait « embour­geoi­ser le quar­tier ». La den­sité de popu­la­tion sera même supé­rieure au pro­jet de l’Esplanade annulé par la muni­ci­pa­lité d’Éric Piolle, ne manque pas de sou­li­gner l’u­nion de quar­tier.

 

Pour l’heure, les tra­vaux n’ont pas com­mencé. Deux per­mis de construire ont été dépo­sés et un troi­sième devrait arri­ver pro­chai­ne­ment. Mais l’union de quar­tier a décidé de se mobi­li­ser avec une péti­tion papier et en ligne, qui a recueilli entre 700 et 800 signa­tures au total pour le moment.

 

Pour décryp­ter ce dos­sier, Place Gre’net a ren­con­tré Bruno de Lescure, pré­sident de l’union de quar­tier Berriat Saint-Bruno Europole, et Vincent Fristot, adjoint à l’urbanisme à Grenoble. Confrontation de leurs points de vue sur le pro­jet ARaymond.

 

 

 

LA DENSITÉ DE POPULATION

 

 

Le pro­jet d’ha­bi­ta­tions ARaymond est estimé à 230 loge­ments par hec­tare, soit 30 % de plus que celui de l’Esplanade aban­donné. L’intégration du pro­jet au quar­tier est-elle viable ?

 

Bruno de Lescure, président de l'union de quartier Chorier Berriat Europole. © Ludovic Chataing - placegrenet.fr

Bruno de Lescure

 

Le pro­blème c’est la den­sité et non pas spé­cia­le­ment les hau­teurs. Il faut qu’on nous explique com­ment on fait pour mettre 300 loge­ments, soit 600 per­sonnes de plus. Si on fait le cal­cul, cela fait 20 % d’enfants sur l’ensemble. Où va-t-on les mettre ?

 

La den­sité génère beau­coup de choses. On n’est pas contre le pro­jet. Si celui-ci est réduit d’un tiers, quelque part, on sera d’accord. Pour faire simple, si sur les six barres deux sont enle­vées, ce sera bon.

 

Vincent Fristot adjoint à l’urbanisme et au logement, en charge de la transition énergétique et nouveau président de GEG. © Sara Saidi - placegrenet.fr

Vincent Fristot

 

Il faut voir com­ment cela s’insère dans le site. Il faut rela­ti­vi­ser les choses, sans pour autant négli­ger l’impact. On a réduit de 2000 m² la sur­face plan­cher, ainsi que les hau­teurs sur les rues Commandant Debelle et du Drac. Il y a eu des amé­lio­ra­tions sur cette opé­ra­tion.

 

Nous étions dans le cadre de la régle­men­ta­tion du Plan local d’ur­ba­nisme (PLU). L’entreprise ARaymond a pris la pré­cau­tion d’éviter des modi­fi­ca­tions du PLU. On avait un acte d’urbanisme de 2012 qui figeait les règles d’urbanisme.

 

Le chiffre de 500 à 600 per­sonnes, selon l’occupation des loge­ments, est plau­sible. Il y a des familles, mais aussi des seniors puisqu’une rési­dence pour per­sonnes âgées est pré­vue. Mais le per­mis de construire n’a pas encore été déposé.

 

Permis de démolir et d'aménager sur l'ancien site de production ARaymond à Grenoble. © Ludovic Chataing - placegrenet.fr

Permis de démo­lir et d’a­mé­na­ger sur l’an­cien site de pro­duc­tion ARaymond. © Ludovic Chataing – placegrenet.fr

 

 

LES LOGEMENTS SOCIAUX

 

 

Autre inquié­tude de l’u­nion de quar­tier et des rive­rains : la ques­tion des loge­ments sociaux. Ils sont à 14 % dans ce sec­teur, en-des­sous de la moyenne gre­no­bloise située à 19,5 %.

 

Bruno de Lescure, président de l'union de quartier Chorier Berriat Europole. © Ludovic Chataing - placegrenet.fr

 

Bruno de Lescure

 

La popu­la­tion du quar­tier ne doit pas chan­ger. Il faut qu’il y ait plus de loge­ments sociaux, qu’on ne se retrouve pas avec un embour­geoi­se­ment glo­bal du quar­tier. Cette dimen­sion-là est aussi impor­tante.

 

Vincent Fristot adjoint à l’urbanisme et au logement, en charge de la transition énergétique et nouveau président de GEG. © Sara Saidi - placegrenet.fr

Vincent Fristot

 

Le PLU pré­voit des obli­ga­tions de 20 % de loge­ments sociaux. Cela pour­rait être plus. Malheureusement, quand nous avons changé le PLU en décembre 2014, nous n’a­vons pas pu trop aug­men­ter ce taux sur ce sec­teur-là car nous étions limi­tés, dans le cadre d’une modi­fi­ca­tion dite “légère” du PLU.

 

Il était impor­tant d’imprimer des orien­ta­tions poli­tiques sur le PLU avant que ce ne soit une com­pé­tence de la Métro [ce qui est le cas depuis le 1er jan­vier 2015, ndlr]. On a poussé un peu le taux de loge­ments sociaux sur cer­taines opé­ra­tions : 40 % pour les construc­tions neuves de la Zac Presqu’île, 40 % sur l’opération de l’Esplanade, et entre 30 et 40 % sur la Zac Flaubert. Pour le site d’ARaymond, nous ne pou­vions pas mon­ter davan­tage qu’à 20 %.

 

 

➔ Le Plan local d’ur­ba­nisme (PLU), docu­ment de réfé­rence pour des pro­jets d’ur­ba­nisme et d’a­mé­na­ge­ment, pose les règles géné­rales d’u­ti­li­sa­tion du sol sur un ter­ri­toire défini. Dans le cas pré­sent, il est ques­tion de hau­teur des immeubles par rap­port aux lar­geurs des rues, mais aussi de la part de loge­ments sociaux.

 

D’après les deux per­mis de construire affi­chés dans la rue, il est prévu très exac­te­ment 10 loge­ments sociaux sur 52, d’une part, et 19 loge­ments loca­tifs sociaux sur 90, d’autre part. Soit 20,42 % de loge­ments sociaux.

 

Plaque ARaymond à l'entrée du site de Grenoble. © Ludovic Chataing - placegrenet.fr

Plaque ARaymond à l’en­trée du site de Grenoble. © Ludovic Chataing – placegrenet.fr

 

 

CONSTRUCTION D’UNE ÉCOLE SUR LE SITE ARAYMOND

 

 

La mai­rie sou­haite créer une nou­velle école à Grenoble. Pourtant, le site d’ARaymond n’a pas été retenu parmi les pro­jets…

 

Bruno de Lescure, président de l'union de quartier Chorier Berriat Europole. © Ludovic Chataing - placegrenet.fr

Bruno de Lescure

 

L’argument majeur contre la construc­tion d’une école est que les ter­rains sont pol­lués. Une direc­tive pré­voit en effet qu’on ne peut pas faire une école sur un ter­rain aussi pol­lué. Mais ce n’est qu’une direc­tive, elle n’impose pas régle­men­tai­re­ment à la Ville de faire comme ça. Il va fal­loir qu’on nous explique la dif­fé­rence entre un gamin qui joue dans la cour de l’école, et un autre qui joue dans une cour d’immeuble, sur le même ter­rain et dans les mêmes condi­tions.

 

Le plus gros, c’est qu’à terme, il n’y aura plus de sols puisque des par­kings sou­ter­rains sont pré­vus. En-des­sous, c’est la nappe phréa­tique. Nous, l’u­nion de quar­tier, affir­mons que la posi­tion est très inté­res­sante géo­gra­phi­que­ment [pour une école, ndlr]. Certains parents disent que non. J’ai par­ti­cipé à une réunion de posi­tion­ne­ment pour la nou­velle école. Au départ, il y avait cinq sce­na­rii, mais le pro­jet ARaymond n’a pas été inclus dans la réunion. Pour moi, tout cela n’a pas été étu­dié cor­rec­te­ment. Il n’y a pas eu de vraies com­pa­rai­sons avec les autres pro­jets.

 

Vincent Fristot adjoint à l’urbanisme et au logement, en charge de la transition énergétique et nouveau président de GEG. © Sara Saidi - placegrenet.fr

Vincent Fristot

 

Je me suis posé la ques­tion d’une école sur le site ARaymond, l’été der­nier. Il se trouve que je suis rive­rain. Les ser­vices de la Ville m’ont ensuite dit que le site était réper­to­rié comme pol­lué dans les bases natio­nales de l’Ademe. Et pour faire une école sur ces sites, il faut le jus­ti­fier en disant qu’on n’a pas d’autres pos­si­bi­li­tés de construire ailleurs.

 

Les règles admi­nis­tra­tives sont beau­coup plus strictes pour les écoles. C’est la Dreal, un ser­vice de l’État, qui reçoit des dos­siers de demande de dépol­lu­tion d’Eiffage pour le compte d’ARaymond. Elle doit prou­ver que la qua­lité des ter­rains est satis­fai­sante, une fois ceux-ci dépol­lués. Ce ne sont pas les com­pé­tences de la Ville.

 

Il est vrai que Berriat est un sec­teur tendu en matière d’école. La Ville a des pro­jets sur la mater­nelle Diderot et sur l’ancienne école Berriat. Il y a aussi d’autres pistes au niveau du sec­teur. Fabien Malbet, adjoint à l’école et au patri­moine sco­laire, tra­vaille sur le dos­sier.

 

 

➔ Une nou­velle école ne pourra être livrée avant trois ou quatre ans, d’a­près Vincent Fristot. La direc­tive évo­quée par Bruno de Lescure est pro­ba­ble­ment la cir­cu­laire inter­mi­nis­té­rielle datant de février 2007, dis­po­nible sur le site sante.gouv.fr. Celle-ci met en avant le prin­cipe de pré­cau­tion.

 

Une carte des écoles sur le secteur Chorier Berriat. © Ludovic Chataing - placegrenet.fr

Une carte des écoles sur le sec­teur Chorier Berriat. © Ludovic Chataing – placegrenet.fr

 

 

DE NOUVEAUX BOUCHONS EN PERSPECTIVE À BERRIAT ?

 

 

Le pro­jet actuel pré­voit, à terme, un par­king sou­ter­rain de 300 places. Ne faut-il pas  craindre un risque de satu­ra­tion auto­mo­bile dans le quar­tier ?

 

Bruno de Lescure, président de l'union de quartier Chorier Berriat Europole. © Ludovic Chataing - placegrenet.fr

Bruno de Lescure

 

Il y a déjà des bou­chons sur le cours Berriat, c’est clair. Mais le pro­blème, ce serait qu’il y ait 100 à 150 véhi­cules qui sortent le matin. Ce serait un bazar sans nom. Le pro­blème c’est que le cours est déjà saturé. Ce sont 300 véhi­cules qui vien­draient en plus. Visiblement, ils ont décidé d’arborer les trot­toirs, ce qui n’est pas une mau­vaise chose. On verra bien com­bien de places vont sau­ter. A voir.

 

Vincent Fristot adjoint à l’urbanisme et au logement, en charge de la transition énergétique et nouveau président de GEG. © Sara Saidi - placegrenet.fr

Vincent Fristot

 

Le PLU impose des locaux à vélos et des dis­po­si­tions qui visent à pri­vi­lé­gier d’autres modes que la voi­ture. Nous ne sommes plus au XXe siècle. Dans le quar­tier Caserne de Bonne, il y a en moyenne cinq fois plus de vélos que dans la ville car les opé­ra­tions d’urbanisme intègrent, dès l’origine, des faci­li­tés pour des modes doux de dépla­ce­ments. C’est un quar­tier très favo­rable pour l’usage du vélo, dans la conti­nuité de la Presqu’île scien­ti­fique.

 

Pour autant, on ne résout pas tout avec ça. Conformément au dis­po­si­tif du PLU, il est néces­saire de construire un par­king. Nous allons très pro­chai­ne­ment ren­con­trer les rive­rains pour évo­quer cette ques­tion.

 

 

➔ D’après les plans d’architectes, l’im­plan­ta­tion d’arbres ne devrait pas affec­ter les places de par­king, rue du Drac. En revanche, ce serait le cas rue Marx Dormoy.

 

Affiche dans le quartier Berriat incitant à signer la pétition contre le projet ARaymond. © Ludovic Chataing - placegrenet.fr

Affiche dans le quar­tier Berriat inci­tant à signer la péti­tion contre le pro­jet ARaymond. © Ludovic Chataing – placegrenet.fr

 


RACHAT DU TERRAIN PAR LA VILLE

 

 

Dans cer­tains cas, lors d’une vente de ter­rain, la mai­rie peut uti­li­ser son droit de pré­emp­tion. C’est-à-dire rache­ter le ter­rain à son compte pour d’é­ven­tuels pro­jets. Un choix qui n’a pas été fait ici.

 

Bruno de Lescure, président de l'union de quartier Chorier Berriat Europole. © Ludovic Chataing - placegrenet.fr

Bruno de Lescure

 

La Ville a refusé de pré­emp­ter. La vente ne peut avoir lieu qu’après la demande de per­mis de construire. Le deman­deur peut exi­ger une réponse sous trois mois. Donc la Ville dis­po­sait de ce délai pour répondre. Elle atten­dait la rétro­ces­sion des 3 mètres de trot­toirs.

 

ARaymond a dit : “Moi, de toute façon, je ne gagne pas d’argent, je vais vendre mon ter­rain”. Je leur ai dit : “Que vous ven­diez le ter­rain à la Ville ou à Eiffage, vous vous en fou­tez, ce sera exac­te­ment le même prix. Si vous le ven­dez à la Ville, ce sera sur la base de la construc­ti­bi­lité des ter­rains”. Que la vente aille à X, Y ou Z, ARaymond s’en fout. En revanche, la Ville peut dire que c’est trop cher.

 

Vincent Fristot adjoint à l’urbanisme et au logement, en charge de la transition énergétique et nouveau président de GEG. © Sara Saidi - placegrenet.fr

Vincent Fristot

Le fait que la ville achète doit être com­pa­tible avec des objec­tifs d’intérêt public. La Ville achète pour dis­po­ser de fon­cier, dans le cadre d’une école par exemple ou d’un équi­pe­ment spor­tif. Or, il n’y a pas de pro­jets par­ti­cu­liers sur ce site.

 

Je me sou­viens avoir fait des pré­emp­tions, dans le cadre de la vente d’un immeuble à une société d’investissement. Il se trouve que l’immeuble pou­vait être réha­bi­lité en loge­ment social. Dans ce cas-là, ce sont des opé­ra­tions inté­res­santes et on fait jouer le droit de pré­emp­tion de la Ville. Il faut un pro­jet solide. Nous ne sommes pas dans ce cadre-là avec ARaymond. Le pro­blème, c’est le coût impor­tant de la dépol­lu­tion. Il aurait fallu quelques mil­lions d’euros pour faire un nou­veau parc.

 

 

➔ Le droit de pré­emp­tion est aussi appelé Déclaration d’in­ten­tion d’a­lié­ner (DIA).

 

L'ancienne usine ARaymond. © Ludovic Chataing - placegrenet.fr

L’ancienne usine ARaymond. © Ludovic Chataing – placegrenet.fr

 

 

TERRAIN D’ENTENTE

 

 

Quels sont les points posi­tifs du pro­jet ?

 

Vincent Fristot adjoint à l’urbanisme et au logement, en charge de la transition énergétique et nouveau président de GEG. © Sara Saidi - placegrenet.fr

Vincent Fristot

 

On s’inscrit dans une opé­ra­tion qui per­met de sor­tir d’une cer­taine friche. Le site d’ARaymond a démé­nagé la par­tie pro­duc­tion, avec une dimi­nu­tion des risques envi­ron­ne­men­taux pour le voi­si­nage. La volonté d’ARaymond de conser­ver une acti­vité ter­tiaire est inté­res­sante du point de vue de la mixité, avec la pré­sence de bureaux et de loge­ments. C’est inté­res­sant éga­le­ment du point de vue des trans­ports, car la proxi­mité de l’arrêt Berriat – Le Magasin per­met d’avoir une très bonne des­serte en tram­way du quar­tier.

 

Bruno de Lescure, président de l'union de quartier Chorier Berriat Europole. © Ludovic Chataing - placegrenet.fr

Bruno de Lescure

 

Le seul bon côté, c’est que c’est un endroit du cours Berriat qui est dévi­ta­lisé. S’il y a 300 ou 400 per­sonnes de plus, c’est un plus pour les com­merces de proxi­mité. Cela ren­dra plus vivant le quar­tier. Voilà pour­quoi nous disons, depuis le début, que nous ne sommes pas contre tout pro­jet, mais contre ce pro­jet pré­cis.

 

 

 


UN CONFLIT À LONG TERME ?

 

 

Plusieurs réunions, le 10 octobre 2014 et le 27 février 2015, ont déjà per­mis d’en­ga­ger la dis­cus­sion entre les trois prin­ci­paux acteurs : ARaymond – Eiffage, la ville de Grenoble et les rive­rains repré­sen­tés par l’union de quar­tier. Cette der­nière se pré­pare à uti­li­ser tous les recours de jus­tice pos­sibles pour ralen­tir le pro­jet.

 

Bruno de Lescure, président de l'union de quartier Chorier Berriat Europole. © Ludovic Chataing - placegrenet.fr

Bruno de Lescure

 

On est dans une stra­té­gie débile, mais on n’a pas le choix. En juillet 2014, ARaymond a pré­senté la deuxième ver­sion du pro­jet. A la fin, Vincent Fristot a dit : “On va tenir compte de tout ce que vous avez dit”. Je lui ai répondu : “Quand est-ce qu’on se revoit ?”. Il m’a répondu : “On se revoit pas”. Ils ont effec­ti­ve­ment fait bais­ser les péri­phé­riques mais c’est insuf­fi­sant.

 

Vincent Fristot adjoint à l’urbanisme et au logement, en charge de la transition énergétique et nouveau président de GEG. © Sara Saidi - placegrenet.fr

Vincent Fristot

 

On espère que la rai­son l’emportera de part et d’autre. On peut dis­cu­ter, mais il y a plu­sieurs par­ties dans le dos­sier et il faut que ce dos­sier ne s’enlise pas. J’ai su qu’il y avait récem­ment eu une ren­contre entre ARaymond et l’u­nion de quar­tier. Nous avons répondu posi­ti­ve­ment pour rece­voir les requé­rants concer­nant les ques­tions liées aux espaces publics et à la cir­cu­la­tion. Ce dos­sier repré­sente une évo­lu­tion impor­tante pour le quar­tier. C’est for­cé­ment dans la dis­cus­sion et le dia­logue que les choses abou­ti­ront.

 

 

En octobre 2014, la ville de Grenoble a dû faire face à la colère des employés de GEG. Si des dis­cus­sions ont eu lieu, depuis, la majo­rité n’est pas pour autant reve­nue sur sa déci­sion finale. En sera-t-il de même pour le “dos­sier” ARaymond ? Affaire à suivre…

 

 

Ludovic Chataing

 

 

commentez lire les commentaires
11548 visites | 10 réactions
logos commentaires logos commentaires

Commentez ou réagissez

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

This site is protected by reCAPTCHA and the Google Privacy Policy and Terms of Service apply.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Votre commentaire sera publié dans les plus brefs délais, après modération.

Commentaires 10
  1. De mon côté, j’ha­bite déja rue Marx Dormoy, dans du privé. Je paye mes fac­tures EDF les yeux de la tête car au RDC + électrique…en attente d’un loge­ment social je suis POUR ce pro­jet qui en construit de nou­veaux. Je tiens éga­le­ment à pré­ci­ser qu’il y en a marre de tou­jours pen­ser qu’aux familles et aux enfants, il y a les autres aussi qui n’ont pas d’en­fants, sou­vent ceux qui ont le moins d’aides. Des écoles il y en a déjà pas mal à mon goût dans le quar­tier et si il en manque réel­le­ment ce n’est pas la faute d’ARaymond, il faut régler ça avec la Ville.

    sep article
  2. Sur l’ar­gu­men­taire de l’é­cole, le posi­tion­ne­ment de l’é­cole sur ce site concen­tre­rait la plu­part des écoles du sec­teur 1 sur le même péri­mètre et dans l’axe Vallier-Ampere-Anthoard péna­li­sant les familles qui vivent au nord ouest du quar­tier (sec­teur Diderot). D’un point de vue géo­gra­phique les anciens locaux du Greta auraient été plus inté­res­sants. Le pb sur le sec­teur c’est qu’il faut aller vite car en 2017 les sur­ef­fec­tifs seront là et la solu­tion de mettre des algé­rois à Ampère n’est pas sou­hai­table
    Par ailleurs si la solu­tion sur A Raymond n’a pas effec­ti­ve­ment étu­dié par les ser­vices ce que l’on peut regret­ter, il a été mis au vote lors de la réunion et n’a pas été retenu par les par­ti­ci­pants cf http://anthoard.blogspot.fr/2015/03/cr-reunion-de-prospective-scolaire.html
    La solu­tion qui a les faveurs des parents et des direc­teurs d’é­cole est donc l’a­gran­dis­se­ment de Diderot pour faire une pri­maire pour la plus gde joie des parents qui ne feront plus les aller retours avec leurs enfants à Anthoard (1km) et la créa­tion d’une mater­nelle dans les locaux de l’é­cole pri­vée saint Bruno fai­sant un groupe sco­laire homo­gène avec Berriat et Anthoard.
    Reste le pro­blème de la den­si­fi­ca­tion du quar­tier avec ce pro­jet à déco­rél­ler du pb d’é­cole qui sera là avec ou pas ce pro­jet…
    Laurent Ripoll (je réponds en mon nom propre)
    Parent d’é­lèves Anthoard
    Ex membre du CCS 1
    Membre du col­lec­tif école et col­lege de proxi­mité

    sep article
    • La cor­rec­tion auto­ma­tique joue de mau­vais tour. Je vou­lais dire algéco pas algé­rois bien évi­dem­ment.

      Laurent Ripoll

      sep article
    • eh oui il faut bien que les pro­mo­teurs fassent leur beurre même au détri­ment des rive­rains, depuis que syl­via pinel a lancé sa loi pinel en 2015, les ventes de loge­ments neufs ont explo­sés donc il faut s’attendre à voir d’autres pro­jets de ce type sor­tir de terre…

      sep article
  3. Mais au fait, de qui l’u­nion de quar­tier est-elle repré­sen­ta­tive ?
    Je ne suis pas sûr qu’elle soit repré­sen­ta­tive des habi­tants du quar­tier, ni même des rive­rains de la rue Marx Dormoy et de la Place Saint-Bruno.
    J’ai peur que Place Grenet se soit fait légè­re­ment ins­tru­men­ter. Décidément, entre le Daubé, Le Postillon et Place Grenet, l’info locale ne semble pas à la hau­teur des enjeux citoyens de l’ag­glo gre­no­bloise.

    sep article
    • Merci pour votre réac­tion. Si le titre de l’ar­ticle – court par défi­ni­tion – est un peu géné­ral, l’ar­ticle pré­cise bien que la péti­tion a été lan­cée par l’u­nion de quar­tier et qu’il s’a­git d’op­po­ser les argu­ments de celle-ci à ceux de Vincent Fristot, adjoint à l’urbanisme à Grenoble. A aucun moment, il n’est dit que la tota­lité des habi­tants par­tage l’o­pi­nion de leur union de quar­tier. D’où l’in­té­rêt des com­men­taires pour élar­gir le débat. 🙂

      sep article
    • Bonjour,
      Le quar­tier s’est struc­turé pour effec­ti­ve­ment lan­cer une péti­tion et plus glo­ba­le­ment une dis­cus­sion autour de ce pro­jet de réno­va­tion urbaine.
      Ce que décrit pré­ci­sé­ment d’ailleurs l’ar­ticle. En tant que rive­raine, il s’a­git pour nous de faire valoir les dif­fé­rentes options pour satis­faire la créa­tion de loge­ments, dans un cadre res­pec­tueux du déve­lop­pe­ment durable avec un parc public si pos­sible, et sur­tout (sujet de nom­breuses dis­cus­sions) de la créa­tion d’une école.

      Sur les points aujourd’­hui pro­po­sés par la Ville, nous sommes en com­plète contra­dic­tion avec les enga­ge­ments de campagne…l’article le pointe fac­tuel­le­ment sans faire l’a­mal­game entre l’en­semble des habi­tants et l’u­nion de quar­tier.

      Et l’u­nion de quar­tier est iso­lée, elle ne repré­sente évi­dem­ment pas tous les habi­tants, mais a le mérite de vou­loir de la concer­ta­tion (chère aux pré­ten­dues pro­messes de cam­pagne), or dans les faits il n’y a AUCUNE concer­ta­tion sur la genèse du pro­jet.

      A ma connais­sance il n’existe aucun autre groupe struc­turé inté­ressé par la future vie de son quar­tier à Berriat, alors les entendre serait déjà en soi une preuve d’ou­ver­ture, quitte du coup à orga­ni­ser une véri­table concer­ta­tion élar­gie aux habi­tants du quar­tier par la municipalité…(nous en sommes très loin mal­heu­reu­se­ment, l’ad­joint a fermé sa porte pour réétu­dier le dos­sier, il écoute sans jamais ne prendre de déci­sion, il reçoit l’u­nion de quar­tier dans un échange cor­dial sans suite).

      Il me semble jus­te­ment que Gre’net offre un espace de dis­cus­sions avec les com­men­taires, et a le mérite d’être cen­tré sur notre ter­ri­toire, je le trouve jus­te­ment assez objec­tif notam­ment poli­ti­que­ment ce qui évite la diver­sion et le lobby d’autres médias.

      Le pos­tillon est un jour­nal orienté, son objec­ti­vité et sa trans­ver­va­lité d’i­dées à l’in­verse de Gre’net ne sont pas repré­sen­ta­tives de la plu­ra­lité par essence même, en revanche la presse alter­na­tive doit trou­ver sa place dans une métro­pole comme Grenoble et même si je ne par­tage que très peu des for­mu­la­tions du canard, il a le mérite d’exis­ter dans une période où la liberté de la presse est par­fois contes­tée.

      Quant au Dauphiné, il est trop géné­ra­liste pour appor­ter la pré­ci­sion sur un quar­tier, ou un éclai­rage poli­tique pré­cis…

      Cette diver­sité d’offres rédac­tion­nelle, com­plé­tée par d’autres médias (natio­naux ou non), est une richesse, conser­ver son propre regard cri­tique est fon­da­men­tal. Pour ma part, cer­tains m’ac­cusent d’être trop à gauche, d’autres d’être deve­nue anti-piolle, ce type de cri­tiques appa­rait par les com­men­taires, il ne peut être que local car cen­tré sur un ter­ri­toire : seul Gre’net (un peu rue89) me l’offre et me per­met jus­te­ment de revoir par­fois cer­tains de mes juge­ments par des argu­ments contra­dic­toires.

      sep article
  4. Je suis habi­tante du quar­tier…
    La pre­mière réunion a été une pré­sen­ta­tion publique du pro­jet comme elle a lieu dans quasi toutes les les villes.
    Devant le sou­rire angé­lique de l’ad­joint au Maire j’ai cru jus­qu’à la fin de la réunion que la pré­ten­due concer­ta­tion citoyenne sur les pro­jets allait s’ap­pli­quer, à la clo­ture de cette réunion de présentation…la réponse plu­tôt sur­pre­nante a été « on ne se verra plus », belle concer­ta­tion.

    Dès lors, le col­lec­tif du quar­tier a rap­pelé les des pro­messes de cam­pagne oubliées, comme l’é­cole tant atten­due de ce côté de Berriat, comme le nombre de loge­ments réduit pour mettre en place un parc public, et effec­ti­ve­ment comme le dit l’ar­ticle la ques­tion du sta­tion­ne­ment.

    Toujours les mêmes pro­blèmes comme à l’es­pla­nade, la concer­ta­tion n’existe pas ou elle arrive trop tard, une fois que tout est ficelé, une fois que les acteurs pri­vés sont dans la danse…et on perd tous du temps, rive­rains, com­mune, entre­prises…

    Finalement, ARaymond avec Eiffage ont pro­vo­qué une nou­velle réunion en février cette année. Le pro­jet de nou­veau pré­senté (non concerté) n’a­vait quasi pas évo­lué, pire il était cette fois maquetté.

    Ce que j’ob­serve fina­le­ment :
    – la concer­ta­tion citoyenne pour CONSTRUIRE ET METTRE en place un pro­jet dans ces toutes pre­mières phases n’a pas lieu, le pro­jet arrive ficelé,
    – les tra­vaux sont confiés d’emblée à des acteurs pri­vés sans tenir compte de l’at­trac­ti­vité éven­tuelle de mettre en place des espaces verts publics, (les argu­ments éco­lo­giques se retournent contre l’a­mé­na­geur, je crois rêver !)
    – évi­dem­ment je ne suis pas du tout favo­rable aux recours, mais je crains que d’autres dans le col­lec­tif l’u­ti­li­se­ront (là encore, c’est l’ar­ro­seur arrosé, un nou­veau recours s’an­nonce donc)

    Conclusion pour un rive­rain :
    les pro­messes élec­to­rales ne sont encore pas res­pec­tées :
    – pas de co-construc­tion citoyenne sur la refonte même d’une par­tie du quar­tier,
    – pas de dé-den­si­fi­ca­tion des bati­ments lors­qu’un pro­jet citoyen pro­pose jus­te­ment une alter­na­tive en créant un parc,
    – des dis­cus­sions inter­mi­nables sur la pos­si­bi­lité de créer une école.

    Pire la ville va vivre pro­ba­ble­ment un recours, son arme favo­rite qui va se retour­ner dans ce pro­jet d’a­me­na­ge­ment.

    Au final : tou­jours les mêmes résul­tats pour le quar­tier.
    Pas de loge­ments neufs, pas d’es­pace vert, pas de bou­lot, pas de…
    Un pro­jet qui cafouille, qui prend du temps, des recours, etc… bref Grenoble.
    Sauf que cette fois la par­tie adverse ce sont les citoyens.

    La méthode ne va pas, elle se retourne même contre la majo­rité, c’est sur­réa­liste

    Dans le col­lec­tif du quar­tier, la décep­tion a laissé place à la colère, atten­dons de voir les nou­veaux argu­ments autour de l’é­cole…
    Mettre en place une logique de concer­ta­tion c’est faire du tirage au sort pour dési­gner des repré­sen­tants dans les quar­tiers, plu­tôt que de rete­nir des gens acquis à la cause de la majo­rité, sans quoi des blocs d’i­dées vont se ren­for­cer les uns contre les autres, et ren­for­cer l’op­po­si­tion citoyenne plu­tôt que la déve­lop­per, au risque de voir naître des col­lec­tifs d’op­po­sants en face des groupes mis en place par la ville.

    L’autosatisfaction de l’é­quipe semble déci­dé­ment bien sourde aux pro­blèmes qui sur­gissent.
    Il ne fau­dra effec­ti­ve­ment que la déci­sion concer­nant l’é­cole et les espaces verts ne tardent pas trop (la notion du temps n’est aussi pas la même, on entend par­ler de 3 ans main­te­nant !).

    sep article
  5. heueueu … si vous pou­viez m’ex­pli­quer ce que vient faire la réfé­rence à la colère des sala­riés de GEG ici … C’est com­plè­te­ment hors sujet, sauf si le sujet est une énième pique anti-muni­ci­pa­lité Piolle !!!
    Il est quand même à remar­quer que la muni­ci­pa­lité prend en compte les besoins des futurs nou­veaux habi­tants du quar­tier, notam­ment en matière d’é­cole. Si on construit et que les enfants ne trouvent pas de place dans les écoles, il n’y aurait pas de mani­fes­ta­tions de parents en colère ? et ils auraient rai­son.
    Les per­mis de construire sont donc peut être un peu plus com­pli­qués qu’une simple signa­ture au bas d’un docu­ment … Mais Il ne fau­drait pas trop trai­ner quand même …

    sep article
  6. Je ne com­prend pas pour­quoi le sujet porte à contro­verse, certes, il va y avoir de nou­veaux loge­ments, plus de places de par­kings. Mais vous pré­fé­rez voir votre quar­tier se ghet­toi­ser
    ou s’embourgeoiser ? Personnellement j’ai fait mon choix. Pus il existe des lois de défis­ca­li­sa­tion comme le dis­po­si­tif Duflot ou la loi Pinel qui per­met aux foyers les plus modestes d’obtenir plus faci­le­ment un loge­ment, notam­ment à la loi Pinel . Cela impose aux inves­tis­seurs de louer les biens à des foyers plus modestes. Cela ne ghet­toïse pas les quar­tiers, cela ne les embour­geoise pas non plus.

    sep article