Eric Piolle : “Il nous a fallu déminer rumeurs et mensonges”

sep article



ENTRETIEN – Voilà maintenant un an que l’équipe d’Eric Piolle est à la tête de la ville de Grenoble. L’occasion de faire le point avec le maire sur les temps forts de cette année écoulée, mais aussi d’évoquer ses premières réalisations, les difficultés rencontrées, les polémiques et le chemin qui reste à parcourir.

 

 

➔ 5 148 mots

Eric Piolle maire de Grenoble dans son bureau de l'hôtel de ville en mars 2015 © Paul Turenne - placegrenet.fr

© Paul Turenne – placegrenet.fr

 

 

Quel regard portez-vous sur cette première année de mandat à la tête de Grenoble ?

 

D’abord un regard humain. Cette aven­ture per­son­nelle et avec les habi­tants s’a­vère très nour­ris­sante. On se détourne de sa vie pour s’en­ga­ger pour l’in­té­rêt géné­ral. Ce souffle et cette envie sont tou­jours là, avec une joie et un enthou­siasme qui me portent au quo­ti­dien. Sur le plan de l’ac­tion poli­tique, cette pre­mière année a été une étape forte dans la capa­cité que nous avons eue à prendre en main l’ac­tion publique, à trai­ter les dos­siers chauds que nous avions iden­ti­fiés et à tra­cer le cap qui nous sem­blait per­ti­nent pour l’in­té­rêt géné­ral. Il y a éga­le­ment eu une vie ins­ti­tu­tion­nelle riche avec les débuts de la métro­pole.

 

Notre capa­cité à faire émer­ger un nou­veau modèle reste pré­sente, aussi bien sur le plan de la démo­cra­tie que sur celui d’une ville éman­ci­pa­trice, durable, sou­te­nable en matière de par­cours édu­ca­tif, d’ur­ba­nisme, d’es­paces publics… La ville était un peu sous cloche et les actions entre­prises ne l’é­taient pas tant pour ses habi­tants que pour être vu de loin. Là, nous remet­tons les citoyens en dyna­mique, en agis­sant vrai­ment pour eux, même si cela peut avoir pour effet col­la­té­ral posi­tif de chan­ger éga­le­ment le regard exté­rieur. L’élargissement de l’i­mage de la ville a d’ailleurs très net­te­ment com­mencé. On ne parle plus de Grenoble comme étant uni­que­ment la ville de la micro­élec­tro­nique et des pro­blèmes de sécu­rité.

 

Eric Piolle maire de Grenoble dans son bureau de l'hôtel de ville en mars 2015 © Paul Turenne - placegrenet.fr

© Paul Turenne – placegrenet.fr

Une note pèse tou­te­fois for­te­ment, à savoir, la poli­tique d’aus­té­rité qui se tra­duit par une poli­tique réces­sion­niste forte, dont on mesure par­ti­cu­liè­re­ment la vio­lence à Grenoble. Les finances de la ville étaient déjà à un très haut niveau d’en­det­te­ment, avec 1 700 euros par habi­tant, contre une moyenne d’en­vi­ron 1 100 euros pour les villes de plus de 100 000 habi­tants. Par ailleurs, le bud­get était à la limite des normes légales concer­nant le ratio entre les dépenses et les recettes de fonc­tion­ne­ment. Du coup, cette pré­pa­ra­tion du futur qui n’a pas été réa­li­sée nous force à faire des choix encore plus radi­caux.

 

Nous avons ainsi voté une baisse des dépenses de fonc­tion­ne­ment de 6 mil­lions d’eu­ros, cette année. Et ce sera à nou­veau 6 mil­lions d’eu­ros l’an pro­chain, si le gou­ver­ne­ment ne change pas sa poli­tique. Les actions comme celles orga­ni­sées, le 11 mars der­nier, par le monde du BTP (mani­fes­ta­tion visant à dénon­cer la des­truc­tion des emplois dans ce sec­teur, en par­ti­cu­lier faute de chan­tiers publics, ndlr) vont dans le bon sens car elles expriment clai­re­ment l’ef­fet contre-pro­duc­tif de la poli­tique du gou­ver­ne­ment par rap­port aux objec­tifs recher­chés. On voit bien qu’il s’a­git plu­tôt d’es­sayer d’é­vi­ter l’ef­fon­dre­ment du modèle ancien que de pré­pa­rer l’a­ve­nir. Or, il y a des besoins tout de suite et demain, que ce soit dans le domaine des écoles, mais aussi de la tran­si­tion éner­gé­tique.

 

 

De quoi êtes-vous satisfait ?

 

Du fait d’a­voir tracé ce cap clair. Cette sobriété de l’ac­tion publique sur les dos­siers chauds, une vision et un cap main­tenu quelles que soient les cir­cons­tances, que ce soit sur l’es­pace public, les écoles, la par­ti­ci­pa­tion, les for­ma­tions finances, le tra­vail pros­pec­tif avec les habi­tants, les concer­ta­tions qui ont eu lieu sur les construc­tions Notre-Dame, l’Esplanade, la place Xavier Jouvin… Autant d’élé­ments posi­tifs qui montrent que les citoyens sortent de la consom­ma­tion et se mettent en marche, même si ce n’est pas for­cé­ment évident pour tout le monde de par­ti­ci­per. Mais aussi les conseils citoyens indé­pen­dants et la révi­sion du PLU que l’on a fait dans un temps assez court pour que le trans­fert à la métro­pole se fasse sur un péri­mètre un peu revu.

 

Assises citoyennes - Auditorium

 

 

A contrario, quels regrets avez-vous ?

 

Au moins un : alors qu’en matière de sécu­rité nous avons porté, pen­dant la cam­pagne, un dis­cours axé sur la pré­sence humaine, ma remarque un peu caus­tique de len­de­main d’é­lec­tion sur France 3 Alpes concer­nant la sup­pres­sion des camé­ras à Grenoble a foca­lisé les esprits sur ce qui inté­resse en pra­tique le PS et l’UMP, à savoir, la vidéo­sur­veillance. Ce spa­ra­drap qui colle un peu consti­tue un épi­phé­no­mène dans notre vision de la tran­quillité publique, dans nos rap­ports avec la police natio­nale et dans notre pro­jet édu­ca­tif et cultu­rel pour qu’il y ait cette har­mo­nie.

 

Alors, oui, je regrette la façon dont cela a été for­mulé. C’est là que l’on voit que l’ex­pres­sion publique peut nous échap­per. J’ai un humour caus­tique. Je le sais et cet humour est à contex­tua­li­ser dans cer­tains espaces. Cela m’a rendu plus pru­dent, même s’il faut aussi savoir gar­der sa joie de vivre et son humour.

 

 

Quelles ont été les bonnes et les mauvaises surprises à votre arrivée et depuis ?

 

La mau­vaise sur­prise a clai­re­ment été la déci­sion du gou­ver­ne­ment Valls de bais­ser mas­si­ve­ment les dota­tions de l’État : nous étions tous réunis – la gauche, les éco­lo­gistes et une par­tie de la droite – pour dénon­cer le gel des dota­tions des der­nières années de Sarkozy. On a voté des vœux una­nimes au conseil régio­nal pour dire à quel point cela allait avoir un impact sur les ser­vices publics locaux, la capa­cité à pré­pa­rer l’a­ve­nir, et rap­pe­ler que 70 % de l’in­ves­tis­se­ment se fait via les col­lec­ti­vi­tés locales, avec de l’argent qui vient aussi de l’État. Cela consti­tue tout de même un élec­tro­choc impor­tant.

 

© Joël Kermabon - placegrenet.fr

© Joël Kermabon – placegrenet.fr

 

La bonne sur­prise, c’est que dans l’en­semble des milieux, quelle que soit leur cou­leur poli­tique, il y a quand même un accueil favo­rable. Au-delà de l’al­ter­nance bien­ve­nue – car, pour tout le monde, 19 ans c’est un peu long – nous avons remis sur la table des débats de fond. On fait le lien en per­ma­nence entre le fond, la vision de l’a­ve­nir et les actions concrètes d’au­jourd’­hui. Cette dis­cus­sion donne du souffle, que l’on soit d’ac­cord ou non avec les déci­sions prises. Il y a une mise en pers­pec­tive et une mise en actes entre la vision et le concret.

 

 

Avez-vous pu progresser dans tous les domaines selon le rythme fixé ?

 

Nous pro­gres­sons par­tout. C’est réjouis­sant car notre mode d’ac­tion vise à nous amé­lio­rer en per­ma­nence, en étant plus rapides, plus effi­caces et plus à l’é­coute la fois d’a­près. On gagne de la capa­cité d’ac­tion. Malgré tout, une bonne par­tie de mon temps, de celui de mes adjoints et de l’é­quipe a été consa­crée en 2014 à ren­con­trer l’en­semble des acteurs. Car il nous a fallu – la vie poli­tique est ainsi faite – démi­ner des rumeurs, voire des men­songes véhi­cu­lés à des­sein, afin de réta­blir la vérité. Cela a ensuite per­mis de retrou­ver une cohé­rence du dis­cours et un espace d’é­changes sur des bases saines, aussi bien ici qu’à Paris. Et désor­mais, nous avons de plus en plus de temps à consa­crer au tra­vail.

 

 

Lors de votre dernier meeting à la Bastille, votre équipe avait projeté un petit film de fiction « Eric Piolle 2017 : bilan de 3 ans de mandat ». Des Grenoblois s’y félicitaient fictivement des actions entreprises depuis votre élection en 2014. Quid des promesses formulées, un an après ?

 

[…]
La suite du contenu est réservé aux abon­nés

Connectez vous…

Veuillez vous connec­ter pour accé­der à cette page.
S’inscrire

 

…ou choi­sis­sez votre abon­ne­ment ci-des­sous !

Pays Voironnais, un jour, une activité
commentez lire les commentaires
7982 visites | 15 réactions
logos commentaires logos commentaires

Commentez ou réagissez

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Votre commentaire sera publié dans les plus brefs délais, après modération.

Commentaires 15
  1. Mary bah je pense que tu est un libé­ral qui baisse son froc sous l’au­tel du fric.
    a priori un bud­get inves­tis­se­ment sur une vile ce n’est que les dota­tion de l’Etat ne moins plus … plus .. plus … la dette . Je suis sur que tu serai parant pour que le moindre « con » de Grenoblois avec un salaire très médian (-) banque de 70 à 150 euros de taxe fon­cière en plus pour ta poire dans l’op­tique Valls .. Renzo Sulli que tu défends.
    La reprise éco­no­mique, anti-défla­tion est peut être ailleurs mais ne concerne pas que le BTP c’est b^te à dire mais c’est une réa­lité une oppo­si­tion de pen­sée (à gauche entre autre mais que la droite adopte en pra­tique) .…

    sep article
    • Des pro­pos très inté­res­sants dites moi, avec une réflexion très abou­tie, et une ana­lyse de situa­tion poli­tique et éco­no­mique hors du com­mun.
      Au moins je com­prends mieux votre choix de sou­te­nir la majo­rité gre­no­bloise, et je lis mieux cer­tains de ses élec­teurs.

      sep article
  2. L’oppsoition :
    on a sur­tout l’im­pres­sion que Piolle defend des quiches inca­pables de lire un papier en public alors que sa majo­rité matrise les codes de la com” à savoir lire des textes sur un o’di­na­teur por­table ce qui change la pos­ture. La vidéo des conseils => mai­tris de la com­mu­ni­ca­tion. Le Ps ne se rend ps compte qu’il est scé­na­risé dans son absolu le plus mer­dique, le plus nul. Safar est nul. Chamussy est nul tel un bou­le­dogue éruc­tant sa nul­lité. Ce type ne pourra jmais être élu. Finalement en local le Ps , l’UMP sont médiocres en comm” s’en réfé­rent qu’à leur sacra saint DL. La mise en ligne des conseils c’est juste une lon­gueur d’a­vance pour Piolle qui se délecte de ses blagues, de sa maî­trise devant une oppo­si­tion qui n’é­lève pas le débat. Les mer­douilles du comme Breuil balancent des pon­cifs qui pour­raient être l’é­gal d »un Safar tel­le­ment nos élus sont nuuls. Le local ce n’est pas du bio local comme le prê­tant madame Dijdel c’es du Lidl de la pen­sée ! J’hésite avec Baboo concer­nant les condi­tions de tra­vail. Ah merde de l’emploi que le Ps, Valls aime tant !
    Autant écou­ter France Inter, France culture que ces nuls, cette médio­crité de pen­sée durant 4 – 5 heures …

    vos élus de l’ex­trême gauche à l’ex­trême droite se foutent de votre gueules qu’ils aillent [modéré – insul­tant]… vive l’abs­ten­tion. On s’est battu pour le vote … et conte les pri­vi­lèges n’est-ce pas ?

    [modéré- insul­tant] la médio­crité intel­lec­tuelle de ces élus !

    sep article
    • C’est vrai que c’est la fina­lité recher­chée d’a­voir une comm bien rodée, d’a­voir des camé­ras qui filment des conseils, c’est vrai que c’est l’ob­jec­tif ultime recher­ché par la Politique avec un grand “P”, c’est vrai que c’est comme ça qu’on construit un pro­gramme, une ligne…à moins que fina­le­ment ce ne soient que des outils, des outils de com­mu­ni­ca­tion au sens large d’ailleurs, mais alors l’ob­jec­tif in fine pour la Ville, pour la Collectivité il est où ?

      sep article
  3. Mensonges et rumeurs, autant que pro­messes qui ont été beau­coup le fait de l’é­quipe Piolle durant la cam­pagne. Il faut main­te­nant se confron­ter à la réa­lité, y com­pris la plus dou­lou­reuse comme à Villeneuve ou à Prémol, comme GEG ou Raise Partner, comme l’ab­sence de pro­jet urbain ou la rigueur bud­gé­taire. Les inau­gu­ra­tions d’é­qui­pe­ments, de parcs, de places ou de loge­ments lan­cés par la muni­ci­pa­lité pré­cé­dente ne feront pas illu­sion éter­nel­le­ment, tout comme le rem­pla­ce­ment des belles sucettes Decaux par du contre­pla­qué. Le sen­ti­ment de nom­breux gre­no­blois, comme l’a fait appa­raître le film de Salera Benarbia, est que la ville se dégrade : insé­cu­rité, SDF, pro­preté, fer­me­ture de com­merces, bidon­villes … Rumeurs ? ou réa­lité consta­tée ? Chacun jugera. Mais il fau­dra des réponses concrètes et pas seule­ment des incan­ta­tions ou les éter­nels ren­vois à la démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive, certes indis­pen­sable, mais qui consti­tue un moyen et non un pro­jet. La pre­mière année du man­dat, la plus impor­tante et sou­vent déter­mi­nante, est pas­sée et on n’a tou­jours rien vu.

    sep article
    • Effectivement la nou­velle est tom­bée, il n’y aura pas de régie éclai­rage public à Grenoble, nou­velle fausse pro­messe :
      – GEG a perdu le mar­ché d’é­clai­rage,
      – Citéos l’a rem­porté et sera donc le titu­laire…

      Encore 9 mois de per­dus, encore des recours, et fina­le­ment pour appli­quer le mar­ché initial…et ouf GEG conserve ses 21 agents affec­tés à l’é­clai­rage public, évi­dem­ment je suis satis­faite pour eux mais com­ment payer alors leur salaire sans cette acti­vité ? sur les impôts ? le redé­ploie­ment de ces agents vers d’autres struc­tures serait au moins à leur repro­po­ser (vers EDF ?).

      sep article
  4. La photo de Piolle que vous avez mise en page d’ac­cueil est assez « amu­sante ».
    Avec ses deux mains en avant aux doigts écar­tés et légè­re­ment recour­bés, Piolle res­semble à un magné­ti­seur … Attention ! vous allez dor­mir, écou­tez-moi, regar­dez-moi … C’est le Ka Piolle de la Jungle, pour vous ?
    😉

    sep article
    • C’est vous qui les dites, ça doit être ça, je vous retourne la ques­tion vous êtes plus concer­née…

      sep article
    • sep article
  5. Piolle est obligé de se jus­ti­fier et inst­tu­men­ta­lise lui même les foules alors même qu’il surfe sur les anciens pro­grammes lan­cés avant son élec­tion.
    Depuis à part sa com­mu­ni­ca­tion, il n’a­vance pas. Le temps des réa­li­tés est en train de le rat­tra­per. Les gre­no­blois eux l’at­tendent, enfin pour pas encore très long­temps.

    sep article
  6. Ping : eric piolle invité à place gre’net pour faire le bilan | EELV Grenoble

  7. Tiens après des remarques plu­tôt déplai­santes dans un grand jour­nal natio­nal à grande audience sur l’ac­tion conduite par la Municipalité Piolle, le même s’au­to­rise une auto-cri­tique plu­tôt posi­tive dans un média local, et comme d’ha­bi­tude et il nie être asso­cié au marasme nais­sant par­tout ailleurs :
    – crise côté BTP avec des recours à tous les coins de rue des éco­los ou assi­mi­lés,
    – ges­tion de par­kings confiée au privé alors qu’une régie exis­tait,
    – GEG et l’é­clai­rage public dont le retour en régie devient des plus incer­tain,…
    Mais tou­jours cette com­mu­ni­ca­tion bien rodée, ce n’est pas lui, ce sont les autres…

    « C’est pas nous ce sont les autres » :
    – soit le passé avec 19 ans d’é­quipes Destot (dont EELV a long­temps dans la majo­rité),
    – soit le passé encore avec le dépar­te­ment (Vallini) (dont EELV a été long­temps dans la majo­rité)
    – soit dans le pré­sent (Valls, Hollande, Queyranne dont EELV est encore dans la majo­rité)…
    – et le futur concré­te­ment ? Oui très concré­te­ment ? Divisions, extrè­mistes, et loca­le­ment, on va dou­ce­ment vers la décrois­sance, un man­dat où il ne se pas­sera pas grand chose au final voire même une image nefaste ren­voyée vers l’ex­té­rieur (oui l’ex­té­rieur, pas l’é­go­cen­trisme).

    Jamais je n’ai entendu dire Piolle s’ex­pri­mer posi­ti­ve­ment sur une autre démarche que celle de sa majo­rité, pas de remarque posi­tive même quand le bon sens vou­drait que l’on dépasse par­fois ses propres cli­vages.

    Il entre­tient cette image angé­lique, or la réa­lité cor­res­pond à une comm plus rodée, pro­pa­gande, réseaux sociaux, socia­listes et com­mu­nistes = le passé, la droite = oppo­si­tion…

    La remarque sur le BTP est pro­ba­ble­ment de trop : Jacques Chanut, pré­sident de la FFB l’a ouver­te­ment cri­ti­qué sur la poli­tique du recours, du « on gagne du temps », « on verra bien » lors de la ren­contre à la CCI le mois der­nier, mais Piolle n’est pas res­pon­sable c’est Valls…La salle était outrée de la démarche de Piolle, dans la salle des ouvriers, des patrons, un petit micro­cosme de la société…

    Alors même que l’in­ves­tis­se­ment est pos­sible, mal­gré la baisse de la DGF, c’est un prin­cipe de base des dépenses publiques, Piolle défend que c’est la baisse de la DGF qui bloque les chan­tiers (ce sont les recours qui bloquent pour le moment)…mais bon on est pas à une approxi­ma­tion près, à moins qu’il sou­haite sin­cé­re­ment la décrois­sance, ce qui pose plus glo­ba­le­ment son choix de vie…il faut bien don­ner à man­ger à 4 enfants dans la famille.

    Il est juste incroyable, tel­le­ment ces rac­cour­cis pas­se­raient pour être « vrais » si on ne creu­sait pas un peu, mais la réa­lité est plus terne.
    Une équipe hété­ro­clite, un FDG qui dis­pa­rait der­rière les éco­los dans l’in­cons­cient col­lec­tif, une dyna­mique éco­no­mique contras­tée, et la recon­duite de nom­breuses démarche de l’an­cienne majo­rité.

    Je suis déçue, tel­le­ment déçue, et la douche tiède est deve­nue froide avec des élec­tions dépar­te­men­tales qui ont vu arri­ver la droite, pire 11 can­tons où les listes ras­sem­ble­ment citoyen écolo pré­sentes ont eu rai­son des listes de gauche, entrai­nant des 2ème tours union de la droite face au FN…quand on se trompe d’ennemi voilà ce qui arrive.

    Un pro­jet poli­tique c’est la voie du concen­sus et des com­pro­mis ; et ne pas accep­ter les contra­dic­tions cris­tal­lisent et ren­forcent les extrèmes puisque le dis­cours majo­ri­taire ren­force l’i­dée que la gauche est res­pon­sable de tous les maux. Toujours cette trom­pe­rie sur les oppo­sants, les vrais contre les­quels la lutte doit s’or­ga­ni­ser.

    Voilà un pre­mier aperçu au dépar­te­ment, demain à la région, alors même qu’EELV a bien du mal à cri­ti­quer objec­ti­ve­ment JJ.Queyranne.

    Après demain ce sera à la Métro, la pré­ten­due rela­tion Piolle-Ferrari risque de bru­ler, Ferrari avait même envoyé son fidèle ser­vi­teur dans son can­ton PS pour le dépar­te­ment, les éco­los ont eu la bonne idée de pré­sen­ter une liste en face, résul­tat second tour comme ailleurs Droite contre FN. J’ai com­pris que Ferrari n’a­vait pas tout à fait digéré alors même qu’il accepte des com­pro­mis nom­breux à la Métro.

    J’envie les visions de Placé ou Jadot qui ont choisi la voix du ras­sem­ble­ment de la gauche PS PCF Vers, et je ne com­prends plus du tout la bande Duflot à laquelle fina­le­ment Piolle est assi­mi­lée, quelle ligne ? quelles idées ?

    Puisque l’au­to­fé­li­ci­ta­tion satis­fait nar­cisse « nous pro­gres­sons par­tout » (ver­ba­tim Piolle en toute humi­lité), la proxi­mité dépas­sée et la bon­hom­mie devraient j’es­père main­te­nant céder à un pro­jet concret.

    sep article
    • Chère Mary,
      Vous êtes bien connue comme anti-Piolle, ancien­ne­ment élue PC qui, visi­ble­ment n’a pas digéré la défaite. A chaque article sur la mai­rie, vous êtes là. Seulement vous ne faites aucune pro­po­si­tion pour nous démon­trer la jus­tesse de vos cri­tique. Par ex :
      « Alors même que l’investissement est pos­sible, mal­gré la baisse de la DGF »
      écri­vez-vous. Il aurait été inté­res­sant et ins­truc­tif que vous nous disiez com­ment vous auriez investi, vous, alors que, grâce à votre ancienne mai­rie, l’en­det­te­ment par habi­tant a explosé et que, jus­te­ment, la DGF a for­te­ment bais­sée ?
      Ce serait fort sym­pa­thique de prendre un autre ton. Vous allez vous user, il res­ter 5 ans …
      La cri­tique est aisée …
      Bonne jour­née

      sep article
      • Je ne suis pas une ancienne élue de la ville !

        Je suis active au bureau natio­nal du PCF et oeuvre en Isère pour trou­ver des solu­tions pour tra­vailler avec ceux qui le veulent bien à gauche notam­ment sur le déve­lop­pe­ment éco­no­mique, le social et le loge­ment.

        A titre d’exemple sur le ter­ri­toire de l’ag­glo­mé­ra­tion j’ai oeu­vré à Fontaine, un an après la divi­sion des gauches aux Municipales, pour per­mettre pour les Départementales de faire liste com­mune PCF / PS et ça a fonc­tionné, j’ai en effet autant dans le Nord Isère ; EELV ayant décidé de par­tir en face comme presque par­tout d’ailleurs, la suite vous la connais­sez, la vague verte n’est pas arri­vée, et au contraire la droite s’est ins­tal­lée. Est ce faux ?

        Concernant le ton, je reste fac­tuelle sur les élé­ments en ma pos­ses­sion, je suis deve­nue scep­tique sur la capa­cité de l’é­quipe Piolle à réagir, nous sommes en démo­cra­tie, je suis aussi élec­trice, car à force de deman­der du temps pour tout, de deman­der des recours, ou au contraire ne pas prendre de posi­tion : on traine, ou on ne fait rien. Il reste (encore) cinq ans, ah bon ? Dans quelle dyna­mique ?

        Il va fal­loir vous habi­tuer aux cri­tiques de toute part, au départ par des acteurs poli­tiques PCF, PS, UMP, UDI, etc…et je ne vous le sou­haite, peut être demain par des élec­teurs. Voyez vous enga­gée depuis 20 ans, j’ai appris à lire les cri­tiques, pas les cau­tion­ner, vous ver­rez vous y arri­ve­rez aussi.

        Heureusement la pomme verte ne pour­rit pas encore de l’in­té­rieur, sauf si un vers venait à s’y loger, et ça c’est peut être la pire des choses la divi­sion de l’interne…celle de Duflot contre Placé par exemple.

        Effectivement, la cri­tique est facile, je vous le concède volon­tiers. Vous connais­sez d’ailleurs les cri­tiques vous même : sur le passé, sur le gou­ver­ne­ment, sur le dépar­te­ment, c’est bien ça non ? Alors si nous ne sommes plus auto­ri­sées à cri­ti­quer le micro­cosme gre­no­blois parce que ça devient inter­dit, il fau­dra me le dire, la démo­cra­tie veut que l’on oppose des idées pour essayer d’a­van­cer ensemble et pour tous…

        sep article
      • Sur la par­tie éco­no­mique, je ne vais pas ren­trer dans les détails.

        Pour sim­pli­fier contrai­re­ment à l’im­mense majo­rité des villes de plus de 150 000hts, Grenoble était inté­grée jus­qu’à fin 2014 dans une com­mu­nauté d’ag­glo­mé­ra­tion La Métro qui n’exer­cait que très peu de com­pé­tences inter­com­mu­nales, contrai­re­ment aux autres villes de cette taille qui sont très lar­ge­ment inté­grées à des com­mu­nau­tés urbaines aux com­pé­tences élar­gies.

        Depuis jan­vier 2015, la Métro est deve­nue Métropole.
        De très nom­breuses com­pé­tences sont trans­fé­rées de la ville de Grenoble à la Métro et natu­rel­le­ment Grenoble retrou­vera des niveaux plus proches des moyennes natio­nales, le recours à l’emprunt pour la ville est d’emblée pos­sible.

        La Ville de Grenoble sup­por­tait donc des couts natu­rel­le­ment plus éle­vés par habi­tants (tant côté bud­get de fonc­tion­ne­ment que d’in­ves­tis­se­ment) que la moyenne de ville de sa caté­go­rie.
        Par ailleurs, les choix des régies directes, SPL, ou SEM sont nom­breux à Grenoble contrai­re­ment à ce qui se passe ailleurs sup­po­sant in fine un impact natu­rel sur la fis­ca­lité. L’optimisation glo­bale au niveau natio­nal de cer­taines struc­tures per­met mathé­ma­ti­que­ment des éco­no­mies d’é­chelle, la volonté d’ailleurs de la réforme ter­ri­to­riale vise des niveaux d’op­ti­mi­sa­tion supra com­mu­naux à tra­vers les inter­cos, ou des grandes régions, tout en conte­nant la fis­ca­lité.

        La trans­for­ma­tion de la com­mu­nauté d’ag­glo­mé­ra­tion en Métropole va ainsi natu­rel­le­ment réduire l’as­siette fis­cale com­mu­nale par habi­tant à Grenoble, et déga­ger des marges pour recou­rir à un endet­te­ment rai­sonné (ie. cou­vert par les recettes fis­cales sur des durées courtes).

        C’est le propre de l’in­ves­tis­se­ment public d’ailleurs comme le pré­voit le CGCT. On peut ne pas être d’ac­cord mais il fau­dra alors modi­fier la loi…remarquez vous n’êtes pro­ba­ble­ment pas à un amen­de­ment prêt ?

        Bref, je ne vais pas vous don­ner des leçons d’é­co­no­mie publique, la vraie ques­tion est simple : quand les recours des éco­los et de leurs asso­cia­tions vont-ils enfin ces­ser pour ten­ter de don­ner du tra­vail à de l’emploi peu délo­ca­li­sable comme les employés du BTP ?

        sep article