Jacques Séguéla réagit à “la fin” de la publicité à Grenoble : “Méfions-nous des castrateurs d’imaginaire !”

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ENTRETIEN – La ville de Grenoble a décidé de bannir l’affichage publicitaire dans l’espace urbain. Son contrat avec JCDecaux ne sera pas reconduit. Un coup de tonnerre dans le monde de la communication. Toujours actif et réactif, Jacques Séguéla, figure du marketing publicitaire et politique, ex vice-président d’Havas en charge de la création, nous livre son point de vue sur cette décision.

 

 

 

© Jacques Séguéla réagit sur la décision de la ville de Grenoble de bannir l'affichage publicitaire dans l'espace urbain.

© Jacques Séguéla

Stratège parmi les stra­tèges en com­mu­ni­ca­tion visuelle, Jacques Séguéla a révo­lu­tionné plu­sieurs fois le monde de la publi­cité. On lui doit de nom­breux slo­gans qui ont mar­qué les esprits, dont « Un café nommé désir », « À fond la forme », « On est fou d’Afflelou », « Sida : bai­sons futé » et le cultis­sime « La force tran­quille » qui mena tout droit François Mitterrand au pou­voir en 1981.

Au poids des mots, il ajoute le choc des images. Citroën, Lacoste, Airbus, Vuitton sont autant de marques dont il assure les cam­pagnes de pub. Jacques Séguéla est l’ami des poli­tiques et des stars. L”« homme de gauche » a construit sa vie dans la liberté. S’attachant davan­tage aux hommes peut-être qu’aux idées, il a voté pour Nicolas Sarkozy au second tour des élec­tions pré­si­den­tielles de 2007.

 

C’est sans détour, la bonne for­mule tou­jours au ren­dez-vous, qu’il se pro­nonce sur la déci­sion de la muni­ci­pa­lité verte de Grenoble de condam­ner l’af­fi­chage publi­ci­taire dans l’es­pace urbain.

 

 

 

Que vous inspire cette décision de supprimer l’affichage publicitaire dans l’espace public ?

 

© Véronique Magnin © Jacques Séguéla réagit sur la décision de la ville de Grenoble de bannir l'affichage publicitaire dans l'espace urbain.

© Véronique Magnin

D’abord, trop de pub tue la pub. C’est encore plus vrai dans le domaine de l’af­fi­chage qui n’a pas tou­jours su rai­son gar­der par le passé. Lorsque l’af­fi­chage est plus ou moins sau­vage, qu’il y a mul­ti­pli­ca­tion à l’en­trée des villes et des pan­neaux dans tous les sens, mettre de l’ordre là-dedans est, à mon sens, la moindre des choses. Cela a d’ailleurs été fait dans beau­coup de villes et conti­nue de l’être. Non à la pol­lu­tion visuelle mais non encore plus à l’ex­cès d’au­to­ri­ta­risme admi­nis­tra­tif et à la ségré­ga­tion des espaces publics !

 

 

Le contrat avec le groupe JCDecaux arrive à son terme. Il ne sera pas reconduit…

 

 

Fin de la publicité à Grenoble. Jacques Séguéla réagit sur la décision de la ville de Grenoble de bannir l'affichage publicitaire dans l'espace urbain.

© Véronique Magnin

Il y a 40 ans que je prône qu’il y ait moins d’af­fiches et de plus belles affiches. S’en prendre à Decaux qui, jus­te­ment, est l’in­dus­triel qui a com­pris cela avant tout le monde et qui a fait que le monde entier se conver­tit à ses affiches parce qu’elles sont plus rares, propres, enca­drées, qu’elles ont une uti­lité urbaine et qu’elles sont civiques… On n’y com­prend plus rien !

 

 

La muni­ci­pa­lité se réfère au modèle de São Paulo, dont la loi muni­ci­pale de 2006 – Cidade Limpa (ville propre) – inter­dit tout affi­chage publi­ci­taire dans l’es­pace public. Une mesure radi­cale encore en vigueur aujourd’­hui… Que pen­sez-vous de cette expé­rience ?

 

São Paulo était une ville incroya­ble­ment bario­lée, incroya­ble­ment vivante, incroya­ble­ment mélan­gée et il y a quand même de la publi­cité qui résiste. C’est un cas très par­ti­cu­lier et qui d’ailleurs n’a pas fait d’é­mule. Et je pense qu’un jour vien­dra où la muni­ci­pa­lité revien­dra à plus de rai­son. Deuxièmement, méfions-nous des « antis ».

 

Fin de la publicité à Grenoble. Jacques Séguéla réagit sur la décision de la ville de Grenoble de bannir l'affichage publicitaire dans l'espace urbain.

© Jacques Séguéla

Prévert disait : «  il y a ceux qui croient, ceux qui croient croire et ceux qui croa-croa ». Ne fai­sons pas de la France un pays de cor­beaux. Restons le pays des colombes de la paix, des aigles napo­léo­niens. Et puis ce n’est pas le moment, dans la déprime actuelle, de rajou­ter de la déprime à la déprime. Parce que la publi­cité on peut lui faire tous les reproches du monde, elle est quand même sou­vent bonne et de plus en plus.

 

C’est elle, par la voie de l’af­fi­chage dans l’es­pace public, qui apporte à la ville l’info, la cou­leur, l’hu­mour, la joie de vivre, le par­tage, le talent et qui favo­rise le vivre ensemble. Les publi­ci­tés, on les aime ou on ne les aime pas… Supprimer l’af­fi­chage en ville, c’est pri­ver les citoyens de cette qua­lité de vie sup­plé­men­taire. Est-ce que le net, par exemple, a décidé de sup­pri­mer la publi­cité ? Or c’est le pre­mier espace public du monde !

 

 

C’est une déci­sion idéo­lo­gique, selon vous ?

 

Je trouve que c’est une atti­tude tota­le­ment idéo­lo­gique, tota­le­ment poli­tique et tota­le­ment sous l’in­fluence verte de la muni­ci­pa­lité.

 

 

Pensez-vous que cette décision va avoir des conséquences économiques ?

 

Si la publi­cité ne ser­vait à rien, ça se sau­rait ! Il y a long­temps qu’on l’au­rait sup­pri­mée. Les annon­ceurs ne sont pas fous et toutes les études montrent que toute marque qui sup­prime sa publi­cité observe ins­tan­ta­né­ment une chute des ventes. L’affiche, c’est le der­nier mètre avant l’a­chat. C’est un des pre­miers sti­mu­la­teurs de l’é­co­no­mie urbaine. Supprimer l’af­fi­chage, c’est vou­loir assas­si­ner le petit com­merce en ville.

 

 

Mais, en général, ce sont surtout les grosses entreprises qui peuvent s’offrir de la publicité sur les panneaux Decaux…

 

Non, il y a énor­mé­ment de suc­cur­sales de grandes marques qui sont des petits com­mer­çants affi­liés et qui béné­fi­cient de la publi­cité des grandes marques. C’est jus­te­ment ce qui les fait vivre. Autrement dit, les indé­pen­dants effec­ti­ve­ment n’ont pas les moyens de faire de la publi­cité mais, grou­pés dans une fran­chise, ils béné­fi­cient de la publi­cité de la marque. La France est le pays du monde où la fran­chise marche le mieux.

 

Fin de la publicité à Grenoble. Jacques Séguéla réagit sur la décision de la ville de Grenoble de bannir l'affichage publicitaire dans l'espace urbain.

© Jacques Séguéla

 

 

Et si la société était en mutation et que l’affichage n’était plus un maillon indispensable, avec la progression d’Internet ?

 

Internet, c’est chez soi, c’est loin, c’est avant l’a­chat. L’affichage dans la rue au contraire, à condi­tion qu’il soit bien fait, pro­tégé, moderne et qu’il ne soit pas empi­rique, c’est le der­nier écran dans la rue. C’est le moment où la marque vous rap­pelle ses valeurs, sa qua­lité et vous montre son pro­duit. Donc, pri­ver le com­merce de cet atout-là, c’est vou­loir assas­si­ner le com­merce. Ce n’est vrai­ment pas le moment.

 

La France est en train d’al­ler dans le mur et le com­merce est le pre­mier à en pâtir. L’année 2015 va être pire que l’an­née 2014. Je ne com­prends pas qu’un maire digne de ce nom prive les com­mer­çants de ce sti­mu­lus indis­pen­sable. C’est cri­mi­nel. Et puis, il y a pour moi pire que cela. Méfions nous des cas­tra­teurs d’i­ma­gi­naire ! C’est le début de toute dic­ta­ture.

 

 

La mairie entendrait malgré tout conserver la promotion des évènements culturels…

 

Justement, l’i­dée de Decaux a été de consa­crer une face de ses pan­neaux à la publi­cité grand public et de réser­ver l’autre face à la publi­cité cultu­relle ou d’in­for­ma­tion de la ville. Il y a un équi­libre actuel­le­ment. Je ne vois pas pour­quoi main­te­nant seule la culture aurait droit à la publi­cité et pour­quoi en seraient pri­vés les pro­duits de grande consom­ma­tion qui font l’é­co­no­mie d’un pays, qui font le petit com­merce. La consom­ma­tion main­tient le pou­voir d’a­chat. Si vous abais­sez l’en­vie d’a­che­ter, vous cou­rez direc­te­ment vers la défla­tion et in fine vers la fin du sys­tème.

 

 

Y a‑t-il des alternatives au capitalisme qui nécessite d’accroître toujours plus la consommation ?

 

Je pense que le capi­ta­lisme en a pour 30 ans tel qu’on le connaît aujourd’­hui. Pour moi, il est en phase d’ex­tinc­tion pour être rem­placé par un nou­veau capi­ta­lisme de par­tage, col­la­bo­ra­tif, qui va trou­ver d’autres moyens de com­mu­ni­quer. Mais pour­quoi le pri­ver de l’af­fi­chage ? Ce n’est pas parce que les banques ont fait sau­ter le sys­tème qu’il faut s’en prendre à l’af­fi­chage. C’est le moyen pour tous les petits com­mer­çants d’en appe­ler au cha­land.

 

 

La publicité capte tout de même du temps de cerveau disponible…

 

Fin de la publicité à Grenoble. Jacques Séguéla réagit sur la décision de la ville de Grenoble de bannir l'affichage publicitaire dans l'espace urbain.

© Jacques Séguéla

Mais non ! Elle crée l’en­vie d’a­voir envie. La vie est déjà tel­le­ment triste, tel­le­ment sinistre… Les poli­tiques et les médias nous la rendent tel­le­ment néga­tive. On ne nous annonce que des scan­dales, des drames… Le monde est fou !

 

Au moins, la publi­cité est mar­chande de bon­heur, avec par­fois la mal­adresse de ne pas savoir bien le faire mais elle est là pour essayer d’en­tre­te­nir le goût, l’en­vie de vivre et de consom­mer.

 

Ce qui ne veut pas dire qu’il faut sur­con­som­mer. Le der­nier moteur de l’é­co­no­mie fran­çaise, c’est la consom­ma­tion. Si l’on s’en prend à la consom­ma­tion, tout l’é­di­fice va s’é­crou­ler. Tous les autres se sont déjà effon­drés…

 

 

La publi­cité ne peut-elle pas s’ap­pa­ren­ter à une méthode de per­sua­sion des masses, à l’o­ri­gine pro­pa­gan­diste ?

 

C’est un dis­cours sovié­tique. Allons ! Comment au XXIe siècle pour­rait-on encore tenir des pro­pos pareils ? La frange extrême des Verts à la rigueur. Moi je suis écolo. On n’est pas obligé d’être écolo et con à la fois. Qui peut pré­tendre que la publi­cité per­ver­tit le monde ? Les seuls pays qui ne font pas de publi­cité, ce sont les dic­ta­tures. C’est la preuve par neuf que la publi­cité fait par­tie de la vie.

 

Il ne faut pas qu’elle outre­passe ses droits, c’est vrai. D’abord, elle est tenue de ne jamais men­tir. Le men­songe dans la publi­cité est puni par la loi, ce qui n’est pas le cas du men­songe média­tique ou poli­tique. La publi­cité a ses rai­sons gar­dées. Et puis, tous les pays qui ont essayé de sup­pri­mer la publi­cité y sont reve­nus dans les trois ou six mois.

 

 

Ceci étant, dans la ville de São Paulo, la loi d’interdiction s’applique depuis huit ans et les conséquences économiques ne sont pas clairement catastrophiques…

 

L’économie bré­si­lienne va quand même mal glo­ba­le­ment… Non, vrai­ment, ce n’est pas le moment d’es­sayer d’en­le­ver le moyen de revi­ta­li­ser l’é­co­no­mie et de tou­cher le consom­ma­teur.

 

 

A votre avis, cette décision va-t-elle faire des émules ou rester un acte isolé ?

 

Cela va, en tout cas, lan­cer le débat et il faut sur­tout qu’il y ait débat. Et je pense qu’il va y avoir tout de suite une mobi­li­sa­tion des petits com­mer­çants qui vont voir leur chiffre d’af­faire bais­ser dans les trois mois qui sui­vront. Si l’on veut finir de les asphyxier, après toutes les sur­charges de ces deux der­nières années et l’ef­fon­dre­ment de la consom­ma­tion, allons‑y ! Ce sera le coup de grâce !

 

 

Propos recueillis par Véronique Magnin

 

 

 

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Commentaires 39
  1. Ping : Pub, pas besoin de corrompre… – Phloèm Sèv

  2. Mr Ségala qu’elle est votre part de res­pon­sa­bi­lité dans la dif­fu­sion de défer­lantes cyclo­niques média­tiques de pubs s’é­grai­nant les unes aux autres, après le séisme de  » Maléfique » ? Quel époque déjà  » Maléfique » ?

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  3. Ping : Foireux liens(6) : « pour quoi faire ? » ou « Est-ce un bien ? » | PEP'S CAFE !

  4. Ping : Moins de pub, moins de voitures!

  5. sep article
  6. Ping : J. Séguéla : "Méfions-nous des castrateurs d'imaginaire!", dans Place Gre'net le 23/11 - Michel DESTOT

  7. Ce [pro­pos insul­tant sup­primé] à la Rolex, chantre du para­digme capi­ta­liste et de l’ac­cul­tu­ra­tion ose encore la rame­ner ???
    Il est l’un des prin­ci­paux res­pon­sables du grand vide intel­lec­tuel et idéo­lo­gique de notre époque.
    Honte à lui et à ces paires !!!

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  8. Quelle bêtise. C’est le gars qui avait dit « a 50 ans, si on a pas une Rolex,
    c’est qu’on a pas réussi sa vie. » Comment ce qu’on lui laisse encore faire une inter­view et prendre son avis au sérieux. Les publi­cistes sont les créa­tifs et la cou­leur de la ville, c’est absurde !

    sep article
  9. Ping : Grenoble, première ville française sans publicité | Résistance Inventerre

  10. Ping : First in Europe: Grenoble Goes Green as Mayor Pulls Plug on ‘Unsightly’ Urban Billboards | FrenchNewsOnline

  11. Le mar­ke­ting et la publi­cité ont comme fonc­tion de faus­ser le juge­ment pour impo­ser ses vues.
    Et ainsi de prendre la main sur les esprits.
    Le mar­ke­ting, ce sont les études préa­lables à la publi­cité, qui en est la force de frappe.
    La publi­cité per­met aussi de finan­cer les médias et ainsi de prendre la main sur l’information. Note 1
    Le spon­so­ring est le moyen de prendre la main sur la culture et les savoirs.
    Le lob­bying de prendre la main sur les lois, sur la démo­cra­tie.

    Le tout per­met de pré­le­ver une énorme masse moné­taire qui si elle était redis­tri­buée per­met­trait aux gens de sor­tir de la misère. Note 2

    Remarque.
    Les coûts de cet ensemble : mar­ke­ting, publi­cité, spon­so­ring et lob­bying sont com­pris dans le prix des mar­chan­dises. Cela veut dire qu’à chaque achat vous payez pour vous faire asser­vir.

    http://pierrebray.wordpress.com/2013/09/03/marketing-publicite-sponsoring-et-lobbying-armes-de-destructions-massives-au-service-du-capitalisme/

    sep article
  12. sep article
    • merci pour le lien : Réquisitoire de Desproges contre Jacques Séguéla (25 octobre 1982).
      et merci à tous de vos com­men­taires… ces argu­ments sont pitoyable…

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    • Merci, heu­reu­se­ment il reste l’hu­mour face à ces pro­pos affli­geants.

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  13. « Et je pense qu’il va y avoir tout de suite une mobi­li­sa­tion des petits com­mer­çants qui vont voir leur chiffre d’affaire bais­ser dans les trois mois qui sui­vront.”
    Je ne savais pas que c’é­taient les petits com­mer­çants qui défi­gu­raient nos villes… A la retraite le père Séguéla !

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  14. Ping : Grenoble libère la ville de la pub | Grenoble, une ville pour tous

  15. Ping : Espace public : Grenoble, première ville française sans publicité | KRAO

  16. Les seuls « cas­tra­teurs d’i­ma­gi­naire » que je connaisse sont pré­ci­sé­ment les publi­ci­taires, à com­men­cer par le fameux Jacques Séguéla. Tout ce qui peut nous déli­vrer de l’emprise de ces gens-là nous fera gagner énor­mé­ment de « temps de cer­veau dis­po­nible ».

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  17. Interviewer Séguela sur la dimi­nu­tion des pan­neaux publi­ci­taires en ville c’est comme ques­tion­ner mon bou­cher char­cu­tier sur ma copine végé­ta­rienne …

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  18. Pour Info : depuis cette année la ville de Sao Paulo a réin­tro­duit la publi­cité de façon régle­men­tée, et le pre­mier affi­cheur à s’im­plan­ter est : JCDecaux.

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  19. cas­tra­teur d’i­ma­gi­naire ? C’est faire grand cas de la publi­cité, qui soyons hon­nête n’est qu’un VRP sur­gon­flé à l’argent et au men­songe pour ten­ter de vendre plus de tam­pon à madame Michu.

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  20. Il est temps de remettre votre Rolex a l’heure M. Seguela : vos argu­ments pour­raient être démon­tés par des enfants de 8 ans…

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  21. Merveilleuse démons­tra­tion par l’ab­surde que ce choix était le bon !
    Les petits com­mer­çants locaux vont au contraire se retrou­ver ren­for­cés car ils pro­fi­te­ront d’un envi­ron­ne­ment urbain bien plus agréable. De toutes façons, ce ne sont pas eux qui com­mu­niquent sur ces sup­ports.
    Quand au mythe de la relance éco­no­mique par l’hy­per­con­som­ma­tion (elle meme engen­drée par l’in­ci­ta­tion au sur­en­det­te­ment mor­ti­fère), c’est une nou­velle preuve du déni de la fini­tude des res­sources.
    Quant aux pho­tos (copy­right J.Seguela), elles sont la nou­velle d’une hyper mega­lo­ma­nie galo­pante.

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  22. un espace publi­ci­taire « empi­rique » ?

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  23. Quel argu­men­taire pauvre et conster­nant de J. Séguéla ! La mise en pers­pec­tive poli­tique du jour­na­liste est insuf­fi­sante, il serait temps qu’il apprenne à faire son bou­lot ! La publi­cité n’est pas faite pour être « belle », elle est faite pour vendre… un leit­mo­tiv dans un sys­tème néo-libé­ral qui ne pense qu’à l’argent. Sauf qu’une majo­rité de per­sonne ne sou­haite plus de cette pol­lu­tion qui les mani­pule et les abru­tit (je pense par exemple aux pré­ju­gés sexistes) ! Revenons à la publi­cité par le bouche à oreille qui émane de la véri­table qua­lité du pro­duit (de non plus de l’i­mage publi­ci­sée qui est une image fan­tas­mée), mais tenons compte aussi de son impact envi­ron­ne­men­tal (trans­ports, pro­duc­tion, etc.), de son impact éthique (condi­tions de tra­vail, de pro­duc­tion, de vente) et bio­lo­gique (pes­ti­cides, OGM, risques sani­taires inhé­rents au type de pro­duit uti­lisé aux dif­fé­rents stades de la pro­duc­tion et de l’u­ti­li­sa­tion de l’ob­jet, etc.) … cela per­met­tra à la société de véri­ta­ble­ment sor­tir d’un cer­tain sys­tème où l’argent ne serait plus cen­tral et ne jus­ti­fiera plus la des­truc­tion de notre envi­ron­ne­ment et de l’être humain.
    Bravo au maire de Grenoble, j’es­père que ces mesures seront géné­ra­li­sées au niveau natio­nal !

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    • Visiblement, l’in­ter­view de M. Séguéla vous pro­voque des aigreurs… Heureusement, vous allez pou­voir pro­fi­ter d’ici très peu de temps d’une mise en pers­pec­tive poli­tique avec le pro­chain article à paraître sur Place Gre’net. 😉

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  24. Le débat sur l’ef­fi­ca­cité eco­no­mique ou pas de la pub n’est pas le débat essen­tiel ici …
    Mais le prin­cipe même d’in­ter­dire ou de sup­pri­mer par pure idéo­lo­gie une forme d’af­fi­chage pose en revanche la ques­tion essen­tielle de la liberté d’ex­pres­sion ..
    Que l’ex­pres­sion s’é­crive avec un grand ou petit E ..
    Consternant …

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    • Je ne vois pas ce que vient faire ici la liberté d’ex­pres­sion. Puisqu’ici il faut payer des mil­liers d’eu­ros pour avoir droit de s’af­fi­cher.
      La réelle liberté d’ex­pres­sion, elle va s’of­frir sur les futures pan­neaux muni­ci­paux d’af­fi­chages réel­le­ment libre où une place sera lais­sée aux asso­cia­tions.

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    • Au contraire, les espaces d’ex­pres­sion libre seront DOUBLÉS, avec une répar­ti­tion claire entre les infor­ma­tions entre le cultu­rel com­mer­cial, l’ex­pres­sion asso­cia­tive y com­pris cultu­relle, et l’ex­pres­sion d’o­pi­nion.

      sep article
      • « Les espaces d’ex­pres­sions libres » mais mort de rire, ce sont des espaces squat­tés par les par­ties poli­tiques, les gros pro­duc­teurs de concert bref c’est pire car, c’est l’a­nar­chie ce genre d’es­pace.. ou le plus gros gagne tou­jours puis­qu’il a une armée d’af­fi­cheur à sa dis­po­si­tion. Un simple citoyen qui veut com­mu­ni­quer sur un évé­ne­ment ne tient pas 1h ! Sans par­ler des tonnes de colles et de papier qui vont être gas­pillé pour de l’in­for­ma­tion « flash » et ben sure le cout pour la ville pour l’en­tre­tient.. Bref du flan !

        sep article
  25. Seguela m’a défi­ni­ti­ve­ment convaincu que la mai­rie avait fait le bon choix ! quel enchai­ne­ment d’ar­gu­ments absurdes et sim­plistes. La publi­cité qui booste l’in­tel­li­gence et la créa­ti­vité des gens ? Leur seul refuge ? mais dans quel monde vit cet homme ???
    Il suf­fit d’al­lu­mer la télé 5 minutes pour obser­ver la par­faite démons­tra­tion du contraire

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  26. « Si vous abais­sez l’envie d’acheter, vous cou­rez direc­te­ment vers la défla­tion et in fine vers la fin du sys­tème. »
    => La fin du sys­tème, OUI ! La fin de la lobo­to­mi­sa­tion par la publi­cité. C’est sûr que pour Mr Séguéla, c’est le début du chô­mage, donc aucun inté­rêt pour lui.
    Quant à dire : « Au moins, la publi­cité est mar­chande de bon­heur(…) », non, la publi­cité crée des frus­tra­tions, nor­ma­tise les désirs, trans­forme des envies en besoins. Quel bon­heur !

    sep article
  27. « Justement, l’idée de Decaux a été de consa­crer une face de ses pan­neaux à la publi­cité grand public et de réser­ver l’autre face à la publi­cité cultu­relle ou d’information de la ville » : face VISIBLE pour la pol­lu­tion urbaine vis-à-vis des auto­mo­bi­listes, face arrière pour les pié­tons sur un sup­port trop grand. Réduire la sur­face, c’est adap­ter l’in­for­ma­tion aux habi­tants qui auront le temps de la lire. Pas une démarche déma­go­gique où « l’i­ma­gi­na­tion » cache la consom­ma­tion.

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  28. « Supprimer l’affichage, c’est vou­loir assas­si­ner le petit com­merce en ville »… Sur : com­bien de ven­deurs de Rolex à Grenoble…?!!

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  29. « En ce qui nous concerne, qu’il s’agisse d’un indi­vidu, d’un parti, d’une armée ou d’une école, j’estime que l’absence d’attaques de l’ennemi contre nous est une mau­vaise chose, car elle signi­fie néces­sai­re­ment que nous fai­sons cause com­mune avec l’ennemi.
    Si nous sommes atta­qués par l’ennemi, c’est une bonne chose, car cela prouve que nous avons tracé une ligne de démar­ca­tion bien nette entre l’ennemi et nous. Et si celui-ci nous attaque avec vio­lence, nous pei­gnant sous les cou­leurs les plus sombres et déni­grant tout ce que nous fai­sons, c’est encore mieux, car cela prouve non seule­ment que nous avons éta­bli une ligne de démar­ca­tion nette entre l’ennemi et nous, mais encore que nous avons rem­porté des suc­cès remar­quables dans notre tra­vail. »
    « Etre atta­qué par l’ennemi est une bonne et non une mau­vaise chose », Mao Zedong, 26 mai 1939.

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  30. Ne pleu­rez pas, mon­sieur Séguéla, il y aura encore de la pub sur les abris de bus et trams puis­qu’ils dépendent de la Métro !
    « Elle [la pub] crée l’envie d’avoir envie. » … et quand elle crée l’en­vie irré­pres­sible de pos­sé­der et qu’on n’a pas d’argent pour ache­ter ? la pub peut-elle excu­ser le vol ?
    Celles et ceux qui ont voté pour l’é­quipe Piolle ne peuvent qu’être d’ac­cord puisque la sup­pres­sion de la pub figu­rait en 15e posi­tion dans les enga­ge­ments et j’es­père que la très grande majo­rité des 40 % d’é­lec­teurs qui ont voté pour cette équipe ne va pas se déju­ger.
    Pour une fois que nous avons des élus qui font ce qu’ils ont pro­mis !

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    • Moi aussi Seguela m’a convaincu par son argu­men­taire : La pub c’est la liberte. La consom­ma­tion c’est le bon­heur ! Je rea­lise main­te­nant que je suis triste, con et dic­ta­teur dans l’ame, merci ! 🙂

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