EN BREF – Quatre ans de combat judiciaire, des milliers d’euros de préjudice et une identité volée : tel est le calvaire vécu par un jeune Lyonnais, victime d’un fraudeur utilisant ses coordonnées pour échapper aux amendes de la SNCF. Cette affaire d’usurpation d’identité est enfin résolue. Le suspect a été interpellé le 9 juin 2026 grâce à la coopération de la Sûreté ferroviaire SNCF et du commissariat de police de Vienne.
Depuis 2022, un jeune Lyonnais subissait les conséquences d’une usurpation d’identité par un fraudeur utilisant ses coordonnées pour voyager sans billet et échapper à des amendes. Cette affaire, désormais résolue, met en lumière un phénomène en hausse : la fraude aux transports, qui coûte chaque année plusieurs millions d’euros à la SNCF.
Une victime visée par plus de 5 000 euros d’amendes injustifiées
L’étudiant en région lyonnaise a découvert, il y a quatre ans, que son identité était utilisée frauduleusement pour commettre des infractions dans les trains. Malgré ses multiples recours, les amendes continuaient de s’accumuler, atteignant un préjudice financier de plus de 5 000 euros, majorations incluses.

La fraude et l’usurpation d’identité représentent un manque à gagner annuel de plus de 200 millions d’euros pour la SNCF. © Chloé Ponset – Place Gre’net
En novembre 2025, la SNCF lui avait pourtant assuré que « tous les avis d’infraction comportant [son] identité seraient automatiquement repris en usurpation d’identité avérée par [leur] système informatique ». Pourtant, mi-mai 2026, un nouveau courrier du Trésor public lui réclamait encore 540 euros pour des amendes non réglées.
Le suspect de l’usurpation d’identité interpellé en gare de Vienne
Alertée fin mai 2026, la Sûreté ferroviaire SNCF a mobilisé ses ressources pour identifier l’auteur de ces usurpations. « Le dossier de Monsieur C. était particulièrement suivi par SNCF Voyageurs, des procédures internes ayant été engagées depuis plus d’un an pour permettre le classement sans suite des PV. »
Le 9 juin 2026, un contrôle des titres de transport en gare de Vienne a permis d’interpeller un individu refusant de justifier de son identité. Présenté au commissariat, il a été rapidement identifié comme le suspect recherché, grâce à un « rapprochement entre l’individu contrôlé et le suspect de l’usurpation d’identité identifié sur les enregistrements de vidéoprotection », explique la SNCF.
Sous la supervision du parquet de Vienne, les enquêteurs ont confirmé que le mis en cause avait « recours à différentes identités d’emprunt », dont celle de monsieur C. Une autre victime, originaire de Dijon, a également été identifiée dans cette affaire.
Une procédure judiciaire engagée
À l’issue de la garde à vue, le parquet a décidé de poursuivre l’usurpateur selon la procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC). Il devra répondre, le 5 novembre 2026, devant le tribunal de Vienne d’une trentaine de faits d’usurpation d’identité.
La fraude et l’usurpation d’identité représentent un manque à gagner annuel de plus de 200 millions d’euros pour la SNCF, qui insiste sur sa volonté de « protéger ses clients, accompagner les victimes et lutter, aux côtés de l’État, contre toutes les formes de fraude et de délinquance dans les trains ».
Pour les victimes, la SNCF recommande de « prendre contact le plus rapidement possible avec [ses] services en déposant une réclamation sur le site, dans les 3 mois suivant la date d’infraction ».









