EN BREF – Une première européenne a été réalisée au CHU Grenoble Alpes, le 22 avril 2026 : une radiothérapie interne ciblée contre le cancer du pancréas, dans le cadre de l’étude Acapella. Des micro-bâtonnets de titane ont été implantés au cœur de la tumeur en passant par les voies digestives supérieures. Une avancée majeure pour les patients atteints de tumeurs non opérables, alors que cette pathologie en forte progression pourrait devenir la deuxième cause de décès par cancer d’ici 2040.
Le CHU Grenoble Alpes (Chuga) vient de réaliser une première en Europe : l’implantation d’une technologie innovante de radiothérapie interne ciblée (DaRT) chez un patient atteint d’un cancer du pancréas. Une intervention réalisée en une seule séance, « en passant par les voies digestives supérieures et en positionnant les sources radioactives à travers l’estomac de manière mini-invasive par contrôle échoendoscopique », précise le Chuga.
Cette première, réalisée dans le cadre de l’étude Acapella, est destinée à évaluer cette technologie innovante chez des patients atteints de cancer du pancréas non opérable. Cette avancée majeure ouvre donc de nouvelles perspectives pour ceux jusqu’ici en impasse thérapeutique.
Une technologie de rupture
L’étude Acapella, portée par le Pr Gaël Roth (oncologie digestive) et ses équipes, utilise un nouveau dispositif : des micro-bâtonnets de titane recouverts de radium 224, capables de délivrer une irradiation localisée directement au cœur de la tumeur. Ceux-ci visent à neutraliser localement la maladie, afin de stopper sa progression chez des patients atteints de tumeurs localement avancées, non opérables.

Le CHU Grenoble-Alpes réalise en Europe la première implantation de bâtonnets au radium 224 pour traiter un cancer du pancréas inopérable. © CHU Grenoble-Alpes
Le 22 avril 2026, le CHU a réalisé la première implantation de ce dispositif en Europe chez un patient. Une nouvelle étape clé, alors que des essais similaires sont déjà menés au Canada, aux États-Unis et en Israël. « Le cancer du pancréas est extrêmement difficile à traiter, et la situation non opérable mais restant localisée au pancréas touche 30 à 40 % des patients, explique le Pr Gaël Roth […] Cette nouvelle technique mini-invasive ouvre un nouvel espoir de permettre aux patients d’accéder à une pause thérapeutique afin d’améliorer leur qualité de vie, voire de leur permettre d’être opérés pour certains. »
Un panel de 40 patients concernés par l’étude en France
L’étude Acapella inclura 40 patients répondant à des critères stricts : avoir un cancer du pancréas non métastatique mais non résécable (localisé mais non opérable), ayant reçu un traitement par chimiothérapie avec une maladie stable ou en réponse, et en bon état général. L’objectif ? Améliorer le contrôle local de la maladie et prolonger la survie, alors que près de 50 % des patients décèdent dans les 12 à 15 mois suivant leur prise en charge avec les traitements actuels.

L’étude Capella va permettre à 40 patients français de bénéficier de cette implantation. © CHU Grenoble-Alpes
Le cancer du pancréas représente aujourd’hui un défi majeur en oncologie. En France, pays le quatrième plus touché au monde, près de 16 000 nouveaux cas ont été diagnostiqués en 2024 (contre 4 000 en 1990), avec une progression annuelle de + 4 % depuis trente ans. Le pronostic reste sombre : la survie à cinq ans est d’à peine 10 % et cette pathologie pourrait devenir la deuxième cause de décès par cancer dans le monde occidental d’ici 2040.
Parmi les facteurs de risque identifiés, figurent le tabagisme, l’obésité, la sédentarité, le diabète de type 2, mais aussi des polluants comme les PFAS1composés per- et polyfluoroalkylés notamment contenus dans les vêtements imperméables, les ustensiles de cuisine anti-adhésifs et les produits cosmétiques, ou encore une alimentation ultra-transformée.










Une réflexion sur « Le CHU Grenoble Alpes pionnier en Europe dans la lutte contre le cancer du pancréas »
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