FOCUS – Depuis le 1ᵉʳ avril 2026, les avocats du barreau de Grenoble se mobilisent massivement contre le projet de loi « Justice criminelle et respect des victimes », issu de la réforme Sure (Sanction utile, rapide et effective). Porté par le garde des Sceaux Gérald Darmanin, ce texte introduit une procédure de jugement des crimes reconnus, inspirée du « plaider-coupable », qui menace, selon les avocats, les fondements mêmes de la justice pénale. Après le début de l’examen de la loi par le Sénat, lundi 13 avril, le barreau de Grenoble a décidé, suite à son assemblée générale de mardi 14 avril, de poursuivre sa grève et ses actions de mobilisation. [Article publié le 14 avril 2026 et modifié le 15 avril 2026]
Les avocats de Grenoble poursuivent leur grève. Depuis le 1ᵉʳ avril 2026, le barreau de Grenoble proteste contre le projet de loi « Justice criminelle et respect des victimes », plus connu sous le nom de réforme Sure (Sanction utile, rapide et effective). Porté par le garde des Sceaux Gérald Darmanin, ce texte prévoit notamment l’instauration d’une procédure de jugement des crimes reconnus, une mesure qui étend le principe du « plaider-coupable » aux crimes les plus graves tels que les homicides, les viols et les violences aggravées.
Lors d’une conférence de presse organisée le 13 avril 2026 à la Maison de l’avocat, les représentants du barreau de Grenoble ont expliqué les raisons de leur mobilisation. « Cette réforme menace les fondements mêmes de la justice pénale en supprimant le procès public, en affaiblissant les droits de la défense et en marginalisant les victimes », ont-ils affirmé.
Une justice expéditive et déshumanisée pour les avocats grenoblois
Les avocats grenoblois dénoncent une réforme qui, selon eux, transforme la justice en une simple procédure administrative. La procédure de jugement des crimes reconnus permettrait en effet de juger des crimes graves sans procès public, sans jury populaire et sans débat contradictoire.
« Sans procès, il n’y a plus de vérité judiciaire construite collectivement », déclare Me David Roguet, vice-bâtonnier de Grenoble. « La cour d’assises est le dernier bastion où le peuple rend la justice en France. Avec cette réforme, on remplace cela par une négociation dans un bureau, validée en quelques heures par trois magistrats. »
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