FOCUS – La commune d’Huez fait l’objet d’une plainte depuis le 27 mars 2026 pour son contrat avec l’organisateur du festival Tomorrowland Winter. Les plaignants, associations et résidents, accusent la mairie d’avoir contourné les règles de la commande publique, ignoré les obligations environnementales et agi dans l’opacité. Pour eux, le rapport de la Chambre régionale des comptes, cité dans leur communiqué, confirmerait l’absence de justification légale pour une telle attribution directe.
16 millions d’euros sans mise en concurrence ? Telle est la raison de la plainte contre « X » déposée le 27 mars 2026 auprès du procureur de la République de Grenoble par l’Observatoire Finance-Climat-Biodiversité, le collectif « Stop Tomorrowland Alpe d’Huez » et plusieurs résidents de la station.
En cause, plus précisément : le contrat de 16 millions d’euros liant la commune d’Huez à la société néerlandaise TL Winter pour l’organisation du festival Tomorrowland Winter. Les plaignants accusent la mairie de ne pas avoir respecté les règles de la commande publique, d’avoir ignoré les obligations environnementales, et d’avoir agi dans une opacité contestable.
Un contrat attribué sans mise en concurrence
Le cœur de la plainte repose sur l’absence de mise en concurrence pour un contrat d’une telle envergure. Selon le communiqué, le festival Tomorrowland Winter, qui « consiste en l’organisation artistique et technique d’une quarantaine de concerts de DJs, différents d’une année sur l’autre, […] ne peut s’apparenter à une prestation artistique unique ».
Pourtant, la commune d’Huez aurait attribué le contrat à TL Winter sans passer par un marché public, « malgré un montant total cumulé de 16 M€ qui dépasse très largement les seuils de la commande publique (60 k€) », insiste le communiqué.

Une opération de traçage avait été menée le dimanche 11 janvier 2026 dans les boîtes aux lettres de 1500 résidants de la commune d’Huez afin de les inciter à porter plainte contre le festival. Seuls deux d’entre eux ont décidé de porter l’action en justice. © Stop Tomorrowland Alpe d’Huez
Le rapport de la Chambre régionale des comptes, cité dans le communiqué, explique que « la commune aurait dû faire l’analyse préalable de la nature des besoins et de la forme juridique adéquate en s’interrogeant pour déterminer si le financement d’un festival de musique électronique l’engageait dans une procédure de marché public ».
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