EN BREF – Mountain Wilderness et France nature environnement Isère ont officiellement déposé plainte, le lundi 22 décembre 2025, contre le festival Tomorrowland Winter pour nuisances sonores répétées et illégales. Les associations appellent également les résidents à l’année à porter plainte pour augmenter l’impact de leur action et des effets qui s’ensuivent.
À quelques mois de sa sixième édition prévue du 21 au 28 mars 2026, le festival Tomorrowland Winter se retrouve une nouvelle fois au cœur d’une polémique. Mountain Wilderness et France nature environnement Isère ont en effet déposé plainte contre l’événement pour nuisances sonores illégales.
D’après les plaignants, “de jour comme de nuit, dans les appartements riverains comme dans la rue, les mesures ont confirmé l’existence de nuisances sonores dépassant les limites réglementaires”, d’après un rapport de l’Agence régionale de santé de 2023 ainsi qu’une étude acoustique qu’ils ont lancée avec Stop Tomorrowland Alpe d’Huez et Actionnaires pour le Climat.
L’association poursuit : “Lors des audiences devant le tribunal administratif de Grenoble, le juge a reconnu la réalité de ces dépassements, sans pour autant ordonner de mesures correctives immédiates.” Les associations ajoutent en outre que certains habitants sont contraints de quitter leur logement pendant la durée du festival, en raison de ces nuisances.
Un festival aux impacts environnementaux majeurs
Au-delà du bruit, Tomorrowland Winter est un événement qui fait parler de lui pour son impact environnemental. Pour l’année 2025, le transport des 22 000 festivaliers, dont près de la moitié viennent de l’étranger, représente 77 % de son bilan carbone, estime ainsi Mountain Wilderness. “Les organisateurs promeuvent même des « Flight Packages » depuis Amsterdam ou Barcelone, avec tout ce que cela a d’indécent alors que les habitant·es de l’Oisans commémoraient cet été les trois ans de la disparition du glacier de Sarenne”, s’indigne l’association.
Les aménagements réalisés pour accueillir le festival posent également question. Mountain Wilderness met en avant qu’en 2024, la commune a agrandi de 1 500 m² le terrain de football pour y installer la scène principale, pour un coût de 600 000 euros d’argent public – et sans permis visible, toujours selon l’association.
Un modèle économique contesté
Les associations accusent par ailleurs le festival, présenté comme un levier pour dynamiser la « queue de saison », de privilégier le profit au détriment de l’environnement et des riverains, mais aussi de la station. “La cour des comptes estimait à près de 600 000 euros le manque à gagner pour les remontées mécaniques dû au festival. Alors pourquoi subventionner un évènement largement rentable, alors même que ses retombées sur le territoire ne sont pas avérées ? ”, interrogent-elles.
Pour les associations, cette plainte est un moyen de rappeler que même un événement médiatisé doit respecter le droit et la santé publique, surtout en territoire de montagne, où la préservation de l’environnement et la qualité de vie des habitants sont en jeu. Elles appellent d’ailleurs les résidents permanents à se joindre à la plainte pour renforcer son impact. L’objectif ? Obtenir une sanction exemplaire et contraindre les organisateurs à se conformer à la réglementation.




