DROIT DE SUITE – Alors que des colistières de la PS Laëtitia Rabih sont pointées du doigt par l’équipe de la maire sortante communiste Amandine Demore pour des positions jugées trop à droite, la candidate socialiste réplique sur le même ton. Et dénonce notamment le fait que l’opposante LREM (et investie LR aux législatives de 2022) Fabienne Sarrat a assumé prendre fait et cause pour Amandine Demore. Le tout dans le cadre d’une campagne à l’ambiance délétère.
Au palmarès des ambiances les plus dégradées pour les municipales 2026 en Isère, Échirolles a probablement des raisons de briguer la première place. La guerre est en effet ouverte entre la maire communiste sortante Amandine Demore et la socialiste Laëtitia Rabih. Cette dernière a rompu l’alliance historique entre PCF et PS pour présenter sa propre candidature, dans le but affiché de mettre fin à 80 ans de domination communiste sur la commune échirolloise.
Un crime de lèse-majorité? L’équipe d’Amandine Demore n’a de cesse, depuis, de dénoncer les candidats jugés problématiques sur la liste de Laëtitia Rabih. Qu’il s’agisse d’une ancienne colistière du candidat Rassemblement national Alexis Jolly, d’une personne ayant par le passé partagé des posts Facebook de comptes anti-Piolle comme Saccage Grenoble, ou encore d’une colistière manifestant publiquement sa sympathie à l’égard de Marine Le Pen ou d’élus RN.
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Une réflexion sur « Échirolles : attaquée sur la composition de sa liste par le camp d’Amandine Demore, la PS Laëtitia Rabih contre-attaque »
Il est tout de même piquant de lire la candidate crier aujourd’hui à la « campagne de caniveau » quand on se penche sur la chronologie locale. Faut-il rappeler que c’est bien Laëtitia Rabih qui a dégainé la première le 19 janvier dans les colonnes du Dauphiné Libéré ? À l’époque, c’était elle qui affirmait que « tous les coups sont permis » et s’offusquait publiquement de prétendues « méthodes manœuvrières ».
Elle n’avait alors eu aucun scrupule à dresser l’inventaire politique de l’un de ses opposants pour le discréditer, lui prêtant des étiquettes allant de l’UMP (en réalité le Parti Radical de J-L Borloo) à LFI (faux), en passant par En Marche (faux), le PS et Place Publique, l’accusant d’opportunisme et de « tromper les électeurs ». Elle oubliait au passage un détail majeur, ce citoyen n’a jamais exercé le moindre mandat d’élu ! Un autre de ses ex-camarades avait été balayé d’un revers de main, sobrement qualifié « d’homme du passé ».
Mais la leçon de morale sur les étiquettes prête sérieusement à sourire quand on regarde le propre parcours de la candidate. De ce que l’on sait, elle a elle-même un passé politique sinueux, naviguant de l’UDF au PRG, pour atterrir au PS, allant même jusqu’à jouer sur une double étiquette avec Place Publique pour finalement choisir de rester qu’au PS par obligation du parti et parce que cela l’arrangeait. Un tel sens du positionnement politique s’est avéré particulièrement rentable, puisqu’il lui a permis de siéger et de se maintenir comme élue pendant au moins 25 ans !
En janvier, pour elle, « il se passe des choses graves » quand de simples citoyens changent de bord. Mais aujourd’hui en mars, lorsqu’on découvre publiquement qu’une de ses propres colistières figurait sur la liste d’Alexis Jolly (RN), il n’y a soudainement plus aucun problème et elle se pose en victime.
D’autres qui tiennent des propos extrémistes il y a seulement quelques semaines, pas de problème non plus.
Ce volte-face radical en dit long. L’indignation à géométrie variable est une stratégie bien périlleuse.
Quand on a fait carrière pendant un quart de siècle en jouant habilement avec les étiquettes, la moindre des choses est d’éviter de s’ériger en censeur de la pureté politique des autres.