EN BREF – Dans le cadre de la mobilisation nationale contre la stratégie de la crise de la dermatose nodulaire, la Confédération paysanne a organisé un barrage filtrant mercredi 17 décembre sur un rond-point de Voreppe. Le message? Appeler à mettre fin aux abattages systématiques des troupeaux et à étendre la vaccination à l’ensemble du territoire. Mais la question de l’accord entre l’UE et le Mercosur s’est également invité dans les sujets de mécontentement.
Alors que les agriculteurs se mobilisent partout en France pour dénoncer la gestion de la crise de la dermatose nodulaire, le département de l’Isère ne fait pas exception. Mercredi 17 décembre 2025, à l’appel de la Confédération paysanne, un barrage filtrant a ainsi été mis en place à Voreppe, sur le rond-point reliant la route de Lyon, la route de Voiron et l’avenue de Juin 1940. Objectif? « Montrer qu’on est là et expliquer pourquoi« , déclare Maud Charat, élue à la Chambre d’agriculture de l’Isère.

Prise de parole de la Confédération paysanne sur le rond-point de Voreppe à l’occasion du barrage filtrant pour dénoncer la stratégie contre la dermatose nodulaire. © Confédération paysanne
Depuis plusieurs jours, le syndicat Confédération paysanne, mais aussi la Coordination rurale, dénoncent la stratégie d’abattage systématique des troupeaux touchés par la dermatose nodulaire. Et réclament, en lieu et place, un élargissement de la vaccination à l’ensemble du territoire. Un combat que ne partage pas le (puissant) syndicat FNSEA, lequel indique pour sa part s’en remettre aux préconisations scientifiques. Ce qui n’a pas empêché une vingtaine d’agriculteurs d’être présents sur leurs tracteurs sur le rond-point de Voreppe.
L’accord avec le Mercosur également dans le viseur
« Pour cette maladie non transmissible à l’homme, l’État décide d’abattre totalement nos troupeaux, même si seulement certaines bêtes sont malades ou qu’elles sont vaccinées« , dénonce la Confédération paysanne par voie de communiqué. Elle-même éleveuse à Saint-Aupre, Maud Charat appelle ainsi auprès de Place Gre’net à « arrêter cet abattage total qui est une violence inouïe et qui n’est pas supportable quand on est éleveur« .

D’autres actions pourraient survenir selon l’évolution de la situation, indique le syndicat. © Confédération paysanne
Mais le traitement de la dermatose nodulaire n’est pas le seul sujet de colère des exploitants agricoles. Le projet d’accord entre l’Union européenne et les pays sud-américains du Mercosur, qui faciliterait notamment l’importation de viande bovine étrangère (probablement) à bas prix, compte également parmi les sujets de fortes crispations de la part des éleveurs. Ces derniers se montrent en effet peu sensibles aux facilités prévues par l’accord pour l’exportation des vins et spiritueux.
Quel est l’accueil des automobilistes? « On filtre pour ne pas trop embêter et on entend plein de Klaxons sympas« , relate la syndicaliste Confédération paysanne, qui décrit une action se déroulant dans le calme et sans heurts avec les forces de l’ordre. Si le barrage filtrant se déroule toute la journée, il ne doit pas être reconduit le lendemain. « On attend de voir ce qui va se passer au niveau du ministère et on avisera si on refait une opération« , conclut Maud Charat.









