REPORTAGE VIDEO – Une trentaine d’agriculteurs, mobilisés par la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs de l’Isère, ont manifesté, vendredi 26 septembre 2025, devant la préfecture de l’Isère pour dénoncer l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur et alerter sur la dermatose nodulaire bovine. De son côté, la section iséroise de la Confédération paysanne accuse la FNSEA et ses relais départementaux d’instrumentaliser le mécontentement paysan au service d’un modèle libéral qu’elle rejette.
Vendredi 26 septembre sur les coups de 11 heures, les abords de la préfecture de l’Isère ont résonné de coups de canons effaroucheurs. Une trentaine d’agriculteurs, venus avec sept tracteurs, répondaient ainsi à l’appel national lancé par la FNSEA et relayé par la FDSEA de l’Isère et les Jeunes Agriculteurs de l’Isère (JAI). Objectif : rappeler leur colère et leurs inquiétudes face aux orientations de la politique agricole européenne.
Au cœur des revendications : le projet d’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay), jugé destructeur pour l’agriculture française. « Trop, c’est trop ! », ont lancé les responsables syndicaux, relayant ainsi un sentiment partagé par leur base.

Les agriculteurs ont dénoncé l’accord de libre-échange Mercosur. © Joël Kermabon – Place Gre’net
Le rassemblement était beaucoup moins spectaculaire que celui de janvier 2024 mais la FDSEA en a assumé son format modeste. « L’objectif, c’était d’amener deux ou trois tracteurs », affirme Jérôme Crozat, en soulignant que de nombreux exploitants étaient encore pris par les récoltes et les semis. Il promet toutefois que l’élan pourrait grossir si les inquiétudes s’amplifiaient. « Ce n’est pas l’engouement des manifestations de janvier mais ça peut le devenir », avance-t-il.
L’atmosphère sur place mêlait exaspération et solidarité. Des retraités agricoles, comme André Mollard, tenaient à témoigner : « J’ai nourri les Français durant 45 ans et je touche 827 euros de retraite ! On est pris pour des imbéciles », a-t-il lâché non sans amertume. Cette colère individuelle renvoie en effet à une problématique plus large : le revenu des agriculteurs, considéré comme insuffisant au regard de la charge de travail et des responsabilités.
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