FLASH INFO – Près d’un an après l’éboulement majeur survenu à La Rivière, le service juridique de France Nature Environnement (FNE) Isère a annoncé, vendredi 28 novembre 2025, avoir déposé plainte contre la société Carrière de la Rivière pour non-respect des obligations de surveillance des vibrations liées aux tirs de mines. L’association dénonce des manquements répétés, pointés de longue date par l’État, qui pourraient être liés à la catastrophe.
Le service juridique de l’association France nature environnement de l’Isère a annoncé, vendredi 28 novembre 2025, avoir porté plainte contre Carrière de l’Isère (groupe Eiffage), la société exploitant une carrière située sur le flanc de montagne proche des communes de Saint-Gervais et de La Rivière où avait eu lieu un éboulement majeur, le 25 juillet 2024. Dans un communiqué, FNE Isère a confirmé avoir saisi la justice le 21 novembre 2025, estimant que l’exploitant ne respectait pas les prescriptions réglementaires qui lui avaient été imposées.
Selon l’association de défense de la nature, le carrier ne s’était pas conformé, « au moment des faits », aux obligations de contrôle des vibrations liées aux tirs de mines. Des obligations inscrites dans un arrêté préfectoral de 2019, rappelées à l’exploitant par une mise en demeure de l’État en 2023.
FNE Isère a également affirmé que ces manquements duraient « depuis plusieurs années », en dépit des rappels formels de l’administration. Et précisé que l’exploitant « n’a jamais mis en œuvre de dispositif conforme permettant de mesurer les vibrations » provoquées par les charges explosives.
Cette action en justice intervient également alors que des élus locaux avaient alerté, dès l’été 2025, sur le manque d’informations transmises par les services de l’État concernant l’éboulement. Ces derniers avaient en effet dénoncé le « silence radio » de la préfecture et réclamaient l’accès à plusieurs rapports administratifs concernant la catastrophe.
L’État n’a pas reconnu l’état de catastrophe naturelle
À ce jour, aucun lien de lien de causalité entre l’effondrement de la montagne et les conditions d’exploitation de la carrière n’a pu se voir formellement établi. « Toutefois, à ce stade, cela ne peut être totalement exclu », souligne FNE qui indique par ailleurs que l’arrêté ministériel du 16 décembre 2024 (NOR : INTE2433751A) n’a pas reconnu l’état de catastrophe naturelle à la commune de Saint-Gervais. Ce au motif que « des facteurs d’origine anthropique sont prédominants dans le déclenchement du mouvement de terrain : terrassements liés à l’exploitation d’une carrière », a justifié l’administration.
Cette action devant la justice, n’est pas la première concernant l’éboulement. Le collectif de riverains La montagne gronde avait déjà déposé plainte, le 25 juillet 2024, pour « mise en danger d’autrui ». Le 9 septembre dernier c’était au tour du Département de l’Isère de porter plainte contre X pour « destruction, dégradation, détérioration d’un bien appartenant à autrui ».
Une chose est sûre, ces recours ne font que mettre en exergue un conflit grandissant entre les exploitants de carrières, l’État, les élus locaux, les associations de défense de l’environnement et les habitants, comme l’a illustré la récente polémique sur l’extension de la carrière de Saint-Jean-d’Hérans.




Une réflexion sur « Éboulement de La Rivière : FNE porte plainte contre l’exploitant d’une carrière qui serait à l’origine de la catastrophe »
Je conseille à tout le monde de regarder l’historique des photos de la carrière dans Google maps : cette carrière m’a toujours fait penser à un gigantesque crumble : rien à voir avec les carrières de voreppe ou de noyarey où on ne voit pas un gravier dépasser.