FOCUS – Dans le village de Saint-Jean-d’Hérans, une carrière de matériaux alluvionnaires cristallise un conflit grandissant entre l’État, les élus locaux et les habitants. Alors que la préfecture de l’Isère s’apprête à autoriser son extension, le sénateur Guillaume Gontard, la députée Marie-Noëlle Battistel et le maire Jean-Marie Garat ont alerté la préfète sur les graves conséquences pour la biodiversité. Mais Catherine Séguin maintient sa position, invoquant des besoins en matériaux et minimisant les risques écologiques.
Depuis une dizaine d’années en Isère, les projets d’extensions de carrières opposent régulièrement élus locaux et habitants aux entreprises exploitantes et aux services de l’État. Dans la petite commune de Saint-Jean-d’Hérans, un nouvel épisode est en train de se nouer.
« Pourquoi une extension de la carrière ? Quelle en est la nécessité ? », s’est exclamé Guillaume Gontard, sénateur de l’Isère, en ouverture d’une conférence de presse qui s’est tenue le 2 septembre 2025 dans sa permanence. À ses côtés, Jean-Marie Garat, maire de la commune de Saint-Jean-d’Hérans, partageait une même volonté : prolonger l’exploitation actuelle de la carrière du Croc-du-Loup mais pas son agrandissement, jugé disproportionné.
À Saint-Jean-d’Hérans, la mobilisation politique et citoyenne ne faiblit pas
L’entreprise TPCB qui exploite la carrière n’a en effet plus le droit d’extraire de gravats depuis deux ans et souhaite relancer son activité sur une zone plus grande, à proximité du village. Un projet d’extension qui a débouché sur une forte mobilisation politique et citoyenne dès 2024.
Dans ce cadre, le sénateur Guillaume Gontard, la députée Marie-Noëlle Battistel et le maire Jean-Marie Garat ont adressé, en avril 2025, une lettre commune à Catherine Séguin pour exprimer leur ferme opposition à ce projet. « [Il] impacterait de manière significative la biodiversité de ce territoire unique », préviennent-ils, redoutant l’assèchement des zones humides et la destruction d’habitats d’espèces protégées.
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