FOCUS – Une vaste opération policière menée mardi 18 novembre 2025 a permis de démanteler un réseau de trafic de stupéfiants solidement implanté à Pontcharra (Isère), a annoncé le parquet de Grenoble vendredi 21 novembre 2025. Neuf personnes, dont un mineur de 14 ans, ont été interpellées.
Ce mardi 18 novembre 2025, neuf personnes ont été interpellées dans le cadre d’une enquête judiciaire initiée au printemps 2025 et approfondie depuis l’été sous la direction du parquet de Grenoble. Les saisies opérées – 13,5 kg de résine de cannabis, 1,4 kg de cocaïne, 147 000 euros en numéraire, une arme de poing et des véhicules de luxe – révèlent l’ampleur et la structuration d’un trafic qui persistait malgré un premier coup de filet en 2024.
Un trafic résilient et organisé
En 2024, une première opération avait en effet déjà permis la saisie de 230 000 euros, 8 kg de résine de cannabis et 1,4 kg de cocaïne, ainsi que la mise en examen de dix individus. Pourtant, comme l’a souligné le procureur Étienne Manteaux lors d’un point presse tenu vendredi 21 novembre, « le trafic perdurait sur Pontcharra ». Cette persistance a motivé une enquête préliminaire, puis une commission rogatoire, pour identifier l’intégralité de la chaîne hiérarchique, des « petites mains aux décideurs ».

Plus de 200 000 euros en espèces ont été découverts lors du démantèlement du point de deal des tours Bayard à Pontcharra. © Gendarmerie nationale
Les investigations ont mis en lumière un « modèle économique » bien rôdé, comme l’a détaillé le colonel Serge Procédès, commandant la section de recherches de Grenoble. « Le réseau, générant entre 6 000 et 8 000 euros de chiffre d’affaires quotidien, combinait vente au détail et semi-gros, avec des connexions étendues jusqu’à l’agglomération grenobloise. Les organisateurs projetaient même de s’implanter sur d’autres territoires, risquant d’alimenter des tensions entre groupes criminels. »
Des interpellations ciblées et des saisies révélatrices
Mardi 18 novembre, 160 gendarmes ont mené une vague d’interpellations simultanées à Pontcharra, Albertville, Allevard, Grenoble et Saint-Marcellin. Le colonel Procédès a souligné l’efficacité des moyens déployés : surveillances, techniques cynophiles, et une approche patrimoniale inédite, permettant la saisie immédiate de biens et de comptes bancaires.
« On ne le faisait pas il y a encore quatre-cinq ans », a‑t-il précisé, insistant sur l’adaptation des méthodes policières face à l’évolution des trafics, désormais « invisibilisés » via les réseaux sociaux.

Les gendarmes avaient déjà saisi des fusils de chasse et des armes de poing avec leurs munitions à Pontcharra en 2024. © Gendarmerie nationale
Parmi les neuf personnes arrêtées, un individu de 31 ans, considéré comme le « gérant » du point de deal, a été interpellé à Saint-Marcellin. À son domicile, les enquêteurs ont découvert 134 000 euros en liquide, des cartouches de 9 mm et des biens de luxe, malgré l’absence de ressources légales déclarées. Son passé judiciaire – condamné en 2012 pour vols à main armée et en 2016 pour extorsion avec arme – a renforcé les soupçons à son encontre.
Un autre suspect, déjà mis en examen dans le dossier de 2024 et incarcéré, aurait continué à orchestrer le trafic depuis sa cellule, via un téléphone portable. Son rôle dans l’association de malfaiteurs a été confirmé par les échanges interceptés. Enfin, le « bras droit » du gérant, un homme de 30 ans, a été arrêté en possession d’un revolver calibre 38, de 5 000 euros en liquide et de vêtements de luxe.
Les perquisitions ont également ciblé des « nourrices », chargées de stocker les stupéfiants. À Allevard et Frontenex, 13,3 kg de résine de cannabis, 1,3 kg de cocaïne et 15 g d’héroïne ont été saisis, ainsi que 7 500 euros sur des comptes bancaires.
Un bilan judiciaire et social préoccupant
Sur les neuf interpellés, six ont déjà été déférés. Trois ont été placés en détention provisoire, deux sous contrôle judiciaire, et un mineur de 14 ans – un détail qui a marqué les autorités, rappelant le drame récent d’un adolescent blessé par balle dans un trafic à Grenoble. Ce mineur, impliqué malgré son jeune âge, a été placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de séjour en Isère.
Le procureur a insisté sur la rapidité avec laquelle le dossier serait jugé : « Les délais sont courts pour clôturer le dossier et l’audiencer. » Le procès est prévu pour février 2026.
Les enquêteurs attendent désormais la fin des présentations devant le magistrat instructeur pour dresser un bilan définitif. Mais une chose est certaine : « L’organisation est claire, le rôle de chacun est bien étayé », a conclu le colonel Procédès. Le démantèlement de ce réseau, bien que localisé, envoie un signal fort contre la criminalité organisée en Isère.
Photo de une : © DDSP 38



Une réflexion sur « Pontcharra : neuf interpellations dans le démantèlement d’un trafic de stupéfiants organisé »
Faut-il s’en prendre au trafiquants de drogue ? La question se pose si l’on en croit le type que LFI a parachuté à Grenoble. Il ne veut pas faire la chasse aux dealers. Est-ce pour qu’ils votent pour lui ?
https://actu.fr/auvergne-rhone-alpes/grenoble_38185/municipales-a-grenoble-allan-brunon-candidat-lfi-on-ne-fera-pas-la-chasse-aux-dealers_63459101.html
A moins que ce soit, comme l’a dit la mairie LFIcolo dans le premier mandat du mentor en PIollitique de Laurence Ruffin, parce que « Ces gens qui travaillent dans les quartiers n’ont pas de contrat de travail, ils ne cotisent pas à la retraite, ils ne cotisent pas à l’Urssaf, ils n’ont pas les 35 heures, ils n’ont pas de congés payés… Ce sont quasiment des esclaves ! »
https://www.placegrenet.fr/2019/10/26/etude-jeunes-drogue-agglo/531423