FOCUS – La direction de Soitec devrait prochainement mettre un certain nombre de ses salariés au chômage partiel, principalement sur le site de production de Bernin. Si l’entreprise spécialisée dans les matériaux semi-conducteurs a affiché des résultats en berne et annoncé le départ de son directeur pour « raisons personnelles », le syndicat CGT explique que cette mesure est moins liée au contexte économique qu’à une mauvaise gestion des stocks. Et indique négocier au mieux, conjointement avec la CFE-CGC, les modalités de la réduction d’activité.
Du chômage partiel pour des salariés du site Soitec de Bernin? C’est ce qui se profile manifestement d’après les organisations syndicales CGT et CFE-CGC. Ces dernières ont en effet appris la mauvaise nouvelle par la direction du concepteur de semi-conducteurs isérois.
L’activité de production devrait être revue à la baisse à compter du 17 novembre 2025 pour une période de six mois. Ce avec une probable reconduction de la mesure au second semestre, dans le cadre du récent dispositif d’activité partielle de longue durée rebond (APLD-R) mis en place par l’État.

Quand Soitec posait la première pierre de son usine Bernin 4 en 2022, aujourd’hui considérée comme un échec par la CGT. © Manuel Pavard – Place Gre’net
Soitec a, il est vrai, connu une année difficile. Après des résultats 2024-2025 en recul de 9 %, l’entreprise avait suspendu ses prévisions à moyen terme en mai, entraînant une chute de son cours en bourse.
De quoi mettre son directeur général Pierre Barnabé sur la sellette, avec en prime une polémique autour de sa rémunération en juin 2025. Nommé en 2022, le directeur général a finalement annoncé début octobre qu’il quitterait ses fonctions en 2026, invoquant auprès de La Tribune des « raisons personnelles ».
Du chômage partiel pour réduire les stocks
Pourtant, explique-t-on du côté de la CGT, ce ne sont pas tant les perspectives économiques difficiles qui viennent expliquer ce recours au chômage partiel… que les problèmes de gestion des stocks de Soitec.
« La crise du Covid a créé une rupture dans la chaîne d’approvisionnement et modifié les comportements des entreprises. De peur d’avoir une nouvelle pénurie, énormément de stocks ont été créés. Et, depuis, on aurait dû retrouver une situation d’équilibre, ce qui n’a pas été fait », confie à Place Gre’net un représentant syndical.
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