EN BREF – Plusieurs associations et citoyens annoncent saisir le Conseil d’État pour faire reconnaître des insuffisances de l’État dans l’adaptation face au changement climatique, et obtenir des « engagements concrets« . Deux Isérois font partie des requérants: Jean-Raoul Plaussu-Monteil (Villard-Bonnot) et Jean-Jacques Bartholome (Grenoble).
« Mettre l’État face à ses obligations » en matière d’adaptation au changement climatique. Tel est le but de la saisie du Conseil d’État annoncée lundi 7 avril 2024 par trois organisations: Notre affaire à tous, Greenpeace France et Oxfam France, dans le cadre de la démarche L’Affaire du siècle.
L’action « inédite » est portée par plusieurs associations1Mayotte A Soif, Locataires ensemble, Miramap, Association urgences maisons fissurées, Ghett’Up, Association nationale des Gens du voyage citoyens, Oxfam France, Notre affaire à tous, Greenpeace France. , mais aussi par des citoyens à titre individuel. Deux Isérois figurent parmi eux: Jean-Raoul Plaussu-Monteil (Villard-Bonnot) et Jean-Jacques Bartholome (Grenoble).

Jean-Jacques Bartholome, Grenoblois, fait partie des requérants qui saisissent le Conseil d’État pour faire reconnaître des insuffisances de l’État dans l’adaptation face au réchauffement climatique. © L’Affaire du siècle
« Alors que les assurances se désengagent progressivement des zones les plus exposées et que les collectivités territoriales peinent à obtenir des financements suffisants pour faire face aux catastrophes climatiques, l’État tarde à mettre en œuvre des solutions de protection efficaces« , dénoncent les plaignants par voie de communiqué.
Or, ajoutent-ils, « la Charte de l’environnement, la Convention européenne des droits de l’Homme et la loi européenne sur le climat lui imposent d’adopter des mesures concrètes et adaptées pour protéger la population« .
Deux Isérois requérants, l’un en fauteuil roulant, l’autre épileptique
La saisie du Conseil d’État vise donc à « faire reconnaître la responsabilité de l’État dans l’insuffisance des politiques actuelles d’adaptation et obtenir des engagements concrets pour renforcer la protection des populations face aux risques climatiques« .
Les associations assurent s’appuyer sur des « arguments juridiques solides« . Et rappellent des précédents favorables, comme la décision du Conseil d’État sur un recours déposé par la commune de Grande-Synthe, pointant l’insuffisance des mesures de réduction des gaz à effet de serre.

Jean-Raoul Plaussu-Monteil porte la parole des personnes épileptiques, affectées par les fortes chaleurs. © L’Affaire du siècle
L’action s’accompagne de présentations des plaignants. Jean-Jacques Bartholome, âgé de 68 ans et en fauteuil roulant, explique comment son logement social « mal isolé et inadapté à son handicap moteur » peut dépasser les 32 °C en été. Le Grenoblois n’est pas un novice en matière d’engagement: membre du collectif HandiCitoyens et d’un syndicat de locataires, il a participé à des occupations de locaux de bailleurs sociaux. Actions qui auraient permis la réalisation de travaux dans son logement.
Quant à Jean-Raoul Plaussu-Monteil, c’est sur le champ de l’épilepsie que se porte son combat. Cet ingénieur de 45 ans est effectivement atteint de cette maladie, alors que « les canicules, du fait de l’altération du sommeil, de la déshydratation, de l’angoisse, et de l’hyponatrémie qu’elles génèrent, augmentent considérablement le risque de crise« . L’occasion de porter la voix des 600 000 épileptiques de France, pour qui « les vagues de chaleur représentent des moments de grande souffrance« , et peuvent les contraindre à l’isolement ou affecter leur vie professionnelle.











Une réflexion sur « Deux Isérois participent à une action juridique pour dénoncer des insuffisances de l’État dans l’adaptation au changement climatique »
Époque de lamentations et de réclamations où l’État nounou est censé veiller à tous les aspects de la vie du citoyen du berceau au tombeau, et à qui on reproche même que sa danse de la pluie est inefficace.
Tristes temps…