FOCUS – L’attaque à la grenade qui a eu lieu mercredi 12 février 2025 dans la soirée au Village olympique, à Grenoble, choque profondément les habitants du secteur et, plus largement, ceux de l’agglomération grenobloise. Mais pour l’Union de quartier Village olympique-Vigny-Musset, de nombreux signes avant-coureurs, qu’elle mettait en avant depuis plusieurs années, auraient dû alerter davantage la Ville.
« Nous regrettons un maire pas assez présent, surtout depuis deux ans. Il ne vient presque plus dans le quartier, délègue des adjoints… Nous aurions aimé qu’il nous soutienne plus, qu’il vienne davantage sur place« , déplore un membre1Celui-ci a préféré rester anonyme de l’Union de quartier Village olympique-Vigny-Musset, au lendemain de l’attaque à la grenade. Celle-ci a fait quinze blessés dont six graves dans le bar associatif L’Aksehir, au cœur du Village olympique, à Grenoble, le 12 février 2025.

Le passage de l’attaque était encore visible le 13 février 2025. © Morgane Poulet – Place Gre’net
L’Union de quartier estime pourtant avoir alerté de nombreuses fois la Ville de Grenoble et n’avoir pas été suffisamment écoutée. Réponse de la municipalité ? Celle-ci assure au contraire, par la voix de Chloé Pantel, adjointe au secteur 62Villeneuve et Village olympique., avoir « toujours pris au sérieux les alertes » et les avoir placées « souvent au cœur de longues discussions« . Ce avant de tout de même reconnaître qu’elle « aurait peut-être dû agir plus vite et différemment« .
« L’insécurité va crescendo »
Interrogée sur la question de la montée de la violence et de l’insécurité au Village olympique, la Ville de Grenoble admet que le quartier est « un secteur où il y a du deal« . Il a en outre été le théâtre du meurtre de trafiquant de drogue Lamri Hanachi en août 2023. Les menaces entre les quartiers du Village olympique et de l’Arlequin sont aussi régulières, d’après la municipalité. Néanmoins, la situation est « suivie par la police nationale et la Ville de Grenoble, notamment avec des réunions toutes les six semaines« , assure Chloé Pantel.
« Il y un Village olympique de jour, et un autre du soir. Car à partir de 16 ou 17 heures, il n’y a plus de police. »
De son côté, l’union de quartier « félicite la commune » pour « la mise en place d’une police de quartier3Police mise en place depuis juin 2024 pour recréer du lien, expliciter les missions de la police municipale, travailler sur le respect du stationnement et des zones piétonnes et fournir une présence humaine. [qui] est une très bonne chose« . En effet, quatre policiers municipaux « prennent leurs marques » et tournent dans le quartier. « Mais ça conduit aussi à avoir un Village olympique de jour, et un autre du soir. Car à partir de 16 ou 17 heures, il n’y a plus de police. À ce moment-là, ça devient la débandade : il y a des vols de voitures, des nuisances…, déplore l’union de quartier. L’insécurité va crescendo. »
« Nous ne sommes pas des sous-habitants »
Cette triste réalité serait propre au secteur. Dans la zone 38000, la police municipale ferait des rondes jusque vers 23 heures, alors que dans la zone 38100, où se trouve le Village olympique, elle n’interviendrait pas pour raisons de sécurité…
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Une réflexion sur « La Ville de Grenoble n’a pas pris la mesure de la « montée en puissance de la violence » juge l’Union de quartier Village olympique-Vigny-Musset »
Pas pris la mesure, c’est un euphémisme ! La municipalité d’Eric Piolle, le mentor de Laurence Ruffin, a carrément dit que « les questions de sécurité relèvent plus du fantasme que de la réalité »
https://www.ledauphine.com/politique/2021/05/22/isere-metropole-de-grenoble-conseil-metropolitain-securite-le-mot-qui-a-fait-tilt