EN BREF – Une personne a lancé une grenade dans un bar associatif de Grenoble, mercredi 12 février dans la soirée. Au moins douze personnes ont été blessées par l’explosion, dont une dizaine prise en charge par les pompiers. Au moins deux seraient en urgence absolue, dont une grièvement atteinte au thorax.
Mercredi 12 février peu après 20 heures, une déflagration a fait voler en éclat les vitres du bar associatif nommé le Aksehir, situé place Claude-Kogan au Village olympique, un quartier sensible du sud de Grenoble. « Une personne a lancé une grenade », a indiqué à la presse François Touret-de-Coucy, procureur de la République de Grenoble par intérim qui s’est rapidement rendu sur place. L’assaillant était par ailleurs en possession d’un fusil d’assaut « de type kalachnikov » mais n’en aurait pas fait usage, selon Christophe Barret, le procureur général.
Outre les dégâts matériels importants, et selon les dernières données disponibles (après des informations contradictoires diffusées dans la soirée), le bilan humain serait de douze personnes blessées, dont six en urgence relative, quatre en urgence absolue et deux dont le pronostic vital serait engagé. Des chiffres diffusées par la police nationale, qui précise que ce bilan est susceptible d’évoluer, des blessés ayant quitté les lieux avant l’arrivée des secours. [Paragraphe modifié le 13 février 2025 à 9 h 45].
L’attentat terroriste a priori écarté
Quatre-vingts pompiers se sont rendus sur les lieux et les équipes ont mis en place une cellule de crise. Quant à l’hôpital Grenoble Alpes, il a déclenché son plan blanc pour soigner les blessés. « Quelques professionnels médicaux ont été rappelés pour assurer le plan de mobilisation interne et une cellule de crise est en place au CHU« , selon Ici.
La Division de la criminalité organisée spécialisée (DCOS) de l’Isère a, de son côté, été saisie de l’enquête par le parquet de Grenoble. La police scientifique sur place effectue en outre des constatations et relevés.
« Pour l’instant, il n’y a aucune hypothèse qui est privilégiée, à part l’attentat terroriste qui est a priori écartée », a déclaré le procureur par intérim. Si l’hypothèse d’un règlement de comptes lié aux trafic de drogue n’est pas écartée, la clientèle du lieu était peut-être visée.
Portant le nom d’une petite ville de la province de Konya, en Turquie centrale, l’établissement est en effet tenu par des Algériens et fréquenté par une clientèle très majoritairement masculine, selon plusieurs riverains. « Ce n’était pas un bar qui était censé soulever d’inquiétudes particulières« , a, pour sa part, déclaré François Touret de Coucy.
Eric Piolle condamne l’explosion, Stéphane Gemmani condamne Piolle
Le maire de Grenoble Eric Piolle s’est exprimé sur l’explosion. « Je condamne avec la plus grande fermeté l’acte criminel d’une violence inouïe qui s’est produit dans un commerce du quartier du Village Olympique qui a causé plus de 10 blessés dont plusieurs graves », a-t-il ainsi commenté sur X peu avant 23 heures, avant de se rendre sur place vers 23 h 30.
Stéphane Gemmani, fondateur du Samu social de Grenoble, toujours prompt à réagir, a quant à lui été le seul à publier un communiqué dans la soirée, ciblant clairement Eric Piolle. « Encore une nuit marquée par la violence. […] Les secours s’organisent, la police enquête, et pendant ce temps, une ville entière retient son souffle. Face à cette insécurité grandissante, notre édile, lui, continue de jongler avec les coups médiatiques ».
Et de préciser sa pensée : « Un référendum dont il peine à appliquer les résultats chez lui, des tests [pour détecter les stupéfiants, ndlr] imposés à l’Assemblée nationale mais pas dans son propre conseil municipal… autant d’opérations de communication qui masquent une réalité bien plus amère : l’absence totale de travail de fond sur la sécurité locale. »
Enfin, Stéphane Gemmani ne rate pas l’occasion de rappeler qu’il défend depuis plus de sept ans l’idée d’états généraux pour la sécurité « pour rassembler citoyens, forces de l’ordre, éducateurs et élus autour d’un véritable projet de terrain« .
La réaction d’Alain Carignon
Autre réaction sur le réseau social X, celle du conseiller municipal d’opposition et ancien maire de Grenoble Alain Carignon, qui n’a pas manqué de reprendre les propos d’Éric Piolle sur la nécessité de « trouver un modus vivendi avec les dealers« . « Éric Piolle proposera-t-il un « modus vivendi » avec ceux qui ont jeté une grenade dans un café du Village Olympique ? Où s’arrêtera l’escalade infernale à Grenoble?« , interroge l’opposant.
[Encadré ajouté le 13 février 2025 à 9 h 20]









6 réflexions sur « Grenoble : au moins douze personnes blessées par l’explosion d’une grenade dans un bar associatif du Village olympique »
« la piste de l’attentat terroriste a priori écartée »
Ah bon ?
Suivant la définition du Larousse, le terrorisme est un « Ensemble d’actes de violence (attentats, prises d’otages, etc.) commis par une organisation ou un individu pour créer un climat d’insécurité, pour exercer un chantage sur un gouvernement, pour satisfaire une haine à l’égard d’une communauté, d’un pays, d’un système. »
Quand on lance une grenade dans un café, ça n’est pas pour créer un climat d’insécurité, pour exercer un chantage, pour satisfaire une haine ?
Il me semble que là il y a une confusion qui voudrait que soit dénommé terrorisme que le terrorisme islamique.
Profondément choquée par cet article.
Si je paie un abonnement à un journal local, c’est pour avoir des faits et non une attaque de Stéphane Gemmani contre le maire de Grenoble.
Dans la presse nationale, on nous dit que le bar associatif est actuellement fréquenté par la communauté algérienne et plus par la communauté turque comme à ses débuts.
Je pensais qu’un journal de l’agglomération aurait pu me renseigner sur ces faits plutôt que de relayer des querelles politiques.
Bonjour,
Pour le moment, aucun journal n’a plus d’information car la communication officielle est bloquée. François Touret de Coucy, le procureur de la République par interim, a indiqué ce jeudi matin à 10 h 12 : « L’enquête est en cours et nécessite une totale confidentialité de ma part ». Il ne répond à aucune question. Si nous avons relayé la réaction de Stéphane Gemmani, c’est que c’est le seul qui a réagi dans la soirée du 12 février.
Dès que nous en saurons plus, nous relaierons les informations en notre connaissance. Pour l’heure, deux journalistes de Place Gre’net travaillent sur le sujet, dont un est au CHU, qui a déclenché le Plan blanc et où a communiqué Yannick Neuder, ministre chargé de la Santé et de l’Accès aux soins.
Par ailleurs, sachez qu’en de pareils cas, règne la confusion. Les journalistes reçoivent souvent des informations contradictoires, notamment concernant les victimes, y compris de la part des autorités. La préfecture parlait ainsi de six blessés en urgences absolue, le procureur de deux. Il en est de même concernant le café. Cet article a été écrit dans la foulée de l’attaque. Le lendemain, les choses se précisent. C’est pourquoi nous faisons en permanence des mises à jour.
Tout espoir de poursuivre la descente encore plus bas n’est pas perdu puisqu’on a Laurence Ruffin et ses deux pom pom girls pour prolonger la politique LFIcolo de leur mentor Eric Piolle.
Le fameux « modus vivendi »? 🤔
Accueil inconditionnel et vivre ensemble ?
C’est un de tes copains qui a balancé la grenade.