EN BREF – Le bar associatif L’Aksehir, situé dans le quartier du Village olympique de Grenoble, a été la cible d’une attaque à la grenade, le 12 février 2025, peu après 20 heures. L’attaque a fait une quinzaine de blessés, dont six en état d’urgence absolue. Pour les habitants, même si cet événement est terrible, il n’est malheureusement pas tellement surprenant.
« J’ai entendu le bruit de chez moi. Les fenêtres ont tremblé, alors que je vis haut dans les étages. Je n’ai pas compris ce qui arrivait mais j’ai fini par voir des gyrophares et j’ai compris que quelque chose de grave s’était passé », explique un voisin de L’Aksehir. Ce bar associatif installé au 16 rue Claude-Kogan, au cœur du Village olympique de Grenoble, a en effet été la cible d’une attaque à la grenade, le 12 février 2025.
Aux alentours de 20 heures, un homme est entré dans l’établissement, « armé d’une kalachnikov », selon François Touret de Courcy, procureur de la République par interim. Et, sans une parole, il aurait lancé une grenade dans le bar avant d’en ressortir en courant. Une explosion qui a causé une quinzaine de blessés, dont au moins six dans un état grave, a indiqué Yannick Neuder, ministre délégué à la Santé et à l’Accès aux soins, lors d’une visite au CHU de Grenoble le 13 février.

L’Aksehir se trouve au rez-de-chaussée d’un immeuble d’habitations. © Morgane Poulet – Place Gre’net
Une scène qui choque les habitants du quartier, eu égard à sa violence. Mais aussi en raison de sa localisation, le local se situant au rez-de-chaussée d’un immeuble d’habitations. Néanmoins, las de la délinquance installée depuis longtemps dans le secteur, ils disent n’être pas tellement surpris.
Des habitants confrontés quotidiennement à la violence
Certains résidents ou habitués du bar se sont rendus devant l’établissement dès le lendemain pour constater les dégâts. Devant les morceaux des vitres soufflées par l’explosion, la réaction était la même pour tous : l’hébétude. « C’est choquant, vraiment triste, a ainsi témoigné un habitué du café. Je n’habite pas ici, mais je venais y prendre un café régulièrement. »

Les traces de l’explosion subsistaient le lendemain des faits. © Morgane Poulet – Place Gre’net
Si le bar n’était, selon le procureur de la République par interim, pas connu comme étant un point de deal, pour certains habitants des immeubles alentours, le trafic de drogue pourrait être une cause de l’attaque. « J’habite ici et je n’ose même pas sortir sur mon balcon, confie ainsi une septuagénaire. Tout ça à cause du bruit, du trafic de drogue. Nous sommes beaucoup à être inquiets quotidiennement, et nous avons l’impression que c’est de pire en pire. Nous ne nous sentons pas en sécurité. »
Consciente du choc pour les habitants du quartier, la Ville de Grenoble a mis en place une cellule d’écoute au Village olympique.
L’enquête confiée à la JIRS du parquet de Lyon
L’enquête a été confiée à la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) du parquet de Lyon. Mises en place en 2004, les JIRS sont compétentes pour juger deux types d’infractions quand elles sont d’une grande complexité :
– le crime organisé : trafic de stupéfiants, traite des êtres humains, proxénétisme aggravé, crime aggravé d’extorsion, trafic d’armes, crime de fausse monnaie et toutes les infractions en bande organisée ;
– la délinquance financière : abus de biens sociaux, travail illégal, utilisation frauduleuse de données de cartes bancaires, abus de confiance, escroquerie à la TVA, blanchiment, contrefaçon, corruption, prise illégale d’intérêt, trafic d’influence, infractions douanières.
Pour la criminalité organisée, la juridiction interrégionale spécialisée est compétente s’il existe notamment :
une pluralité d’auteurs et de complices ;
un caractère organisé et planifié des faits commis par des bandes structurées et hiérarchisées ;
une dimension nationale ou transnationale des faits ou de l’organisation criminelle ;
la puissance financière et la surface patrimoniale de l’organisation criminelle ;
un nombre important de victimes ;
des préjudices importants.La JIRS s’occupe entièrement de l’affaire, c’est-à-dire de l’enquête, de l’instruction, des poursuites et du jugement.









