CHRONIQUE – Place Gre’net s’associe à la radio RCF Isère chaque lundi midi dans la chronique L’Écho des médias. Notre objectif ? Revenir sur une actualité, décrypter une information… ou révéler les coulisses du traitement d’une nouvelle. Pour cette chronique sur RCF épisode 97 du lundi 18 novembre 2024, retour sur le Cairn, monnaie locale grenobloise.
« Aujourd’hui nous allons parler du Cairn. Soir le nom de cette monnaie locale lancée sur la région grenobloise en 2017. On l’a un peu oubliée, mais elle a refait parler d’elle lors du dernier conseil municipal de Grenoble.
Une monnaie locale, comme son nom l’indique, est une monnaie acceptée sur un territoire donné par les commerçants ou les services qui le souhaitent. Le dispositif est légal, et vise à favoriser les échanges en circuit court. Le Cairn n’est pas une exception : il existe des monnaies locales sur de nombreux territoires dans le monde. En France, on trouve notamment la Luciole en Ardèche, la gonette à Lyon, ou encore l’eusko au Pays Basque, de loin celle qui fonctionne le mieux.
Une monnaie locale en perte de vitesse
Le Cairn a lui-même connu de bons débuts. Entre 2017 et 2019, la monnaie a vraiment pris de l’ampleur, et l’association qui la porte se fixait pour objectif d’étendre son périmètre. En 2019, la Tag a même annoncé accepter ce mode de paiement, toutefois uniquement à l’agence Alsace-Lorraine de Grenoble. Et la Ville de Grenoble a signé une convention permettant aux agents et aux élus de percevoir une partie de leurs rémunérations en cairns.
Mais il y a eu 2020 et il y a eu le Covid. On peut imaginer l’impact de la crise sanitaire sur une monnaie qui a vocation à circuler, quand tout le monde était invité à rester chez soi. Le Cairn a perdu, à ce moment-là, beaucoup d’utilisateurs et de bénévoles. Et par la suite, les choses ne se sont pas arrangées, car l’intérêt général pour cette monnaie est clairement retombé.
Alors, où en est le Cairn ? On aimerait pouvoir vous dire qu’il est sous perfusion, mais même pas. En 2022, la Métropole de Grenoble lui a retiré sa subvention, après cinq années de soutien. Et le Cairn n’avait pas réussi entre-temps à trouver d’autres financeurs.
Lors du conseil municipal de Grenoble, la Ville lui a renouvelé son soutien, mais il n’est pas financier. Il consiste uniquement à permettre à certaines régies municipales, par exemple le Musée de Grenoble, de continuer à accepter du Cairn. Ça n’a pas empêché l’opposition d’exprimer ses réserves et de mettre en avant quelques chiffres.
Il n’y aurait plus aujourd’hui que 60 000 cairns en circulation, contre 105 000 en 2019. Et seulement une centaine de commerçants qui l’acceptent, contre 250 cinq ans plus tôt. Plus symbolique encore : seul un élu de Grenoble demande désormais une part de ses indemnités en cairn. Et le maire en personne, Éric Piolle, a reconnu que ce n’était pas lui.
Le Cairn veut encore y croire
Mais le Cairn veut encore y croire. Car l’association nous explique travailler sur une solution de Cairn numérique. Ce qui permettrait notamment à des entités comme GEG ou Eaux de Grenoble de rejoindre le dispositif et de lui donner un nouveau coup de fouet. Sauf que ce e‑Cairn, il est promis depuis des années, sans jamais voir le jour.
En vérité, le Cairn semble suivre le chemin du Sol alpin, une autre monnaie locale grenobloise qui avait été lancée en 2007 pour disparaître en 2012. Nous verrons ce que l’avenir lui réserve, mais en tout cas, on souhaite au Cairn de ne pas se transformer en crypto-monnaie ! »
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