EN BREF – À la suite d’un diagnostic archéologique réalisé en 2022 par l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), des fouilles sont menées à l’Esplanade de Grenoble depuis le 14 septembre 2024. Elles doivent mettre au jour l’ancienne chapelle et la sépulture découvertes en 2022 avant que les travaux de création d’un parc urbain ne commencent.
« L’Esplanade est apparue à partir du XVIe siècle », explique Nicolas Minvielle, responsable scientifique des fouilles à l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap). La population développe des axes de communication vers Lyon à cette période, justifiant l’aménagement d’un terre-plein. C’est ce que l’institut a découvert en 2022, lors d’un diagnostic archéologique. Ce dernier avait même permis de détecter une ancienne chapelle ainsi qu’un ensemble funéraire.
Alors que la Ville de Grenoble souhaite créer un parc urbain de trois hectares en lieu et place de l’ancien champ de Mars, elle organise des fouilles depuis le 14 septembre 2024 pour un coût de 583 000 euros. Il s’agit cette fois de mener des recherches approfondies sur les ensembles découverts en 2022.

Nicolas Minvielle est le responsable scientifique des fouilles archéologiques de l’Esplanade, à Grenoble. © Morgane Poulet – Place Gre’net
Pour Karim Gernigon, conservateur régional de l’archéologie d’Auvergne-Rhône-Alpes, « il fallait que nous nous occupions de ce site avant que les travaux d’aménagement ne démarrent, car ils se dérouleront sur la parcelle de 1 240 m2 fouillée ».
En apprendre plus sur le passé de la ville
Cette fouille donne l’occasion d’en apprendre plus sur le passé de Grenoble, tant sur les flux commerciaux que sur la manière dont l’Isère et le Drac ont été domptés au fil des ans. L’Inrap laisse le reste du site intact « pour les futures générations d’archéologues ».
Il fouille pour sa part l’édifice religieux sur environ 20 m2. Après avoir examiné les archives, l’institut a découvert qu’il pourrait s’agir de l’ermitage de Saint-Jérôme. Sa construction se situerait entre la fin du XVe siècle et le début du XVIe siècle. Son abandon, quant à lui, remonterait au XVIIe siècle.

Le site de l’ancienne chapelle lors des fouilles de l’Esplanade, à Grenoble, à l’automne 2024. © Morgane Poulet – Place Gre’net
« Ce bâtiment nous en apprend beaucoup sur l’histoire grenobloise, précise Nicolas Minvielle. L’ermitage a été bâti à l’extérieur de la ville, mais le long d’un axe de communication. Ainsi, on ne rompt pas avec la tradition qui veut qu’un ermite vive de l’aumône. [A cet endroit], les personnes de passage pouvaient le nourrir, par exemple. »
Dévoilement d’une sépulture encore assez mystérieuse
Les fouilles ont également permis de découvrir les restes de quatre personnes inhumées dans l’édifice. Un sujet est de taille adulte mais son âge difficilement identifiable. Deux autres adultes auraient plus de 20 ans pour l’un, moins de 25 ans pour l’autre. Enfin, les derniers restes sont ceux d’un adolescent de 15 ou 16 ans.
Les individus, allongés sur le dos, ont les membres inférieurs dépliés. L’orientation des restes atteste qu’il n’y a pas de normalisation dans la manière d’enterrer les morts. Elle répondrait plutôt à une logique spatiale. Pour autant, les archéologues ne sont pas encore en mesure de savoir si les défunts avaient des emplacements dédiés. Par ailleurs, ils ont découvert un contenant en bois, mais il n’accompagne qu’un corps.
La commune organisera des visites publiques les 16 et 23 octobre, avant une fin de chantier prévue fin novembre 2024. Pour réserver, il faut se rendre sur le site dédié.
Le projet de réaménagement de l’Esplanade en chiffres
Le montant des travaux d’aménagement s’élève à 9,4 millions d’euros. L’objectif est de créer un parc urbain de trois hectares, dont 1,56 désimperméabilisé. Par ailleurs, 220 arbres devraient être préservés.
La Ville de Grenoble organisera une enquête publique en février 2025. Elle débutera les travaux après la foire des Rameaux, qui aura lieu au mois d’avril. La livraison du projet est prévue pour 2027.










Une réflexion sur « Esplanade de Grenoble : des fouilles archéologiques approfondies avant les travaux d’aménagement »
Avant la suppression du parking relais de l’esplanade de 800 places de stationnement, et l’abattage de 110 majestueux platanes centenaires de la petite esplanade qui seront abbatus pour des immeubles! 👎🏼