FOCUS – À dix jours du premier tour des élections législatives anticipées, une campagne peu ordinaire se déroule sur la troisième circonscription de l’Isère. Le territoire détient le record du plus grand nombre de candidats, dont certains particulièrement discrets, avec une multiplication des candidatures à gauche comme à droite. Le tout sur fond d’accusations de concussion contre la députée sortante et de candidature dissidente côté PS… alors que la candidate du camp macroniste revendique des soutiens à gauche.
Avec douze candidatures au compteur, la troisième circonscription de l’Isère détient le record du département en matière de nombre de candidats pour les élections législatives des 30 juin et 7 juillet 2024. Mieux encore, alors que d’autres circonscriptions ont vu leur nombre de candidats radicalement baisser entre 2022 et 2024, passant par exemple de 11 à 6 pour la deuxième, ou de 13 à 5 pour la dixième, la troisième “circo” enregistre pour sa part… deux candidats de plus.

Candidat enregistré sous drapeau UDI, M’Hamed Benharouga semble ne faire mention nulle part de sa candidature. © Florent Mathieu – Place Gre’net
Situation d’autant plus surprenante que, pour l’heure, certaines des candidatures déclarées n’ont donné lieu à aucune prise de parole publique. C’est notamment le cas de celle de M’Hamed Benharouga: l’adjoint de Sassenage en charge de la Santé et de l’Animation ne fait nulle part mention en ligne de sa candidature, pourtant dûment enregistrée par les services de l’État sous bannière UDI. Pas plus de visibilité du côté de son suppléant Lionel Filippi, ancien président de l’UDI Isère.
La gauche de la gauche très représentée
C’est aussi le cas du candidat Khemisti Boubeker, classé « divers gauche ». Une candidature empreinte de religiosité? Khemisti Boubeker était président (en 2019) de l’Association des musulmans unis, engagée pour la construction d’un centre culturel et cultuel musulman à Grenoble. Il a également présidé la mosquée de Teisseire. Pour autant, le candidat et ses soutiens l’affirment: la question spirituelle n’est pas (du tout) au coeur de cette candidature d’émanation populaire.
Son but? Porter la voix d’une « émergence des classes populaires »… et contester l’investiture d’Élisa Martin, jugée « éthiquement inacceptable ». En tant qu’ancienne présidente du bailleur social Actis, l’élue insoumise n’a, en effet, pas laissé que des bons souvenirs à certains locataires. La profession de foi du candidat évoque ainsi une « gestion catastrophique et inhumaine », aujourd’hui motif d’un « profond rejet ».. [paragraphes modifiés le 28 juin 2024 après prise de contact de soutiens du candidat].
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Une réflexion sur « Troisième circonscription de l’Isère : une “circo” aux candidatures multiples… et parfois très discrètes »
Si j’ai voté Glucksmann, est ce que je peux me vendre à la gauche moisie qu’est LFI ? Non, impossible.