DÉCRYPTAGE – La construction du nouveau téléphérique Jandri 3S a débuté en mai 2023 aux Deux Alpes, en vue d’une ouverture prévue en décembre 2024. Un chantier hors norme pour la future vitrine de la station iséroise. Mais aussi un dossier entouré de nombreux points d’interrogation. L’installation constituait en effet l’élément phare du contrat de délégation de service public (DSP) des remontées mécaniques, attribué en 2020 à la Société d’aménagement touristique de l’Alpe d’Huez (Sata), dans des conditions très contestées. Or, entre-temps, le coût du projet, estimé initialement à 63 millions d’euros, s’est envolé jusqu’à 135 millions d’euros. Une hausse qui inquiète l’opposition, tout comme la récente convention de crédit-bail contraignant les communes1des Deux Alpes et Saint-Christophe-en-Oisans à se porter garantes vis-à-vis des banques.
Sur le domaine skiable des Deux Alpes, entre 1 600 et 3 200 mètres d’altitude, les ouvriers travaillent d’arrache-pied pour aménager les futures gares, sans troubler le ballet des skieurs sur les pistes avoisinantes. Débutés en mai 2023, les travaux de construction du Jandri 3S, le nouveau téléphérique Poma de la station iséroise, se poursuivront encore sans discontinuer durant plusieurs mois, avant l’ouverture prévue le 1er décembre 2024.

Le chantier du nouveau téléphérique Jandri 3S (ici, la future gare de départ, à 1600 m d’altitude) a débuté en mai 2023, en vue d’une mise en service en décembre 2024. © Les 2 Alpes Inside / YouTube (capture d’écran)
Un chantier pharaonique, hors norme, à la hauteur de l’investissement comme de la réalisation. Cela fait en effet des années que la station de l’Oisans attendait une telle installation. Voué à remplacer l’historique DMC Jandri express, construit en 1985, le Jandri 3S deviendra la nouvelle colonne vertébrale des Deux Alpes. Aux manettes, Sata Group, l’exploitant du domaine skiable, vante ainsi un projet ambitieux, « le plus conséquent de l’arc alpin« .
Un débit doublé et un temps de parcours fortement réduit
Doté de la technologie 3S de Poma, qui permet de limiter le nombre de pylônes (sept, au lieu de dix-sept actuellement), le téléphérique se distinguera surtout par ses performances techniques. Ainsi, le débit sera-t-il doublé, les 55 cabines de 32 places pouvant transporter jusqu’à 3 000 personnes par heure2contre 1 700 actuellement, tandis que les 7 km du tracé (1 600 m de dénivelé au total) seront parcourus en moins de 17 minutes – contre 40 avec le DMC.

Maquette de la gare de départ (à 1600 m), imaginée comme un open space avec toutes les installations vouées à accueillir le public. © Ateam Architectes – Les 2 Alpes Inside – YouTube (capture d’écran)
Le Jandri 3S comprendra par ailleurs trois bâtiments. Tout d’abord, une gare de départ de 2 000 m² implantée à 1 600 m et pensée comme un open space, avec hall d’accueil, deux entrées clients (côté piste et côté place), escalators, magasin d’articles de sport, locaux techniques, toilettes… Ensuite, une gare intermédiaire à 2 600 m, offrant un accès direct aux pistes de ski et équipée d’une salle pour l’accueil des skieurs (avec boissons chaudes et snacking).

A 3200 m, la gare d’arrivée sera reliée au restaurant des Glaciers via son toit terrasse. © Ateam Architectes – Les 2 Alpes Inside – YouTube (capture d’écran)
Enfin, à 3 200 m, la gare d’arrivée abritera sur son toit la terrasse du restaurant des Glaciers et donnera directement sur les téléskis menant au sommet du glacier. Là où, justement, les fédérations et clubs de ski pourront venir s’entraîner en profitant de locaux – avec salles de coaching et consignes pour le matériel données dans le bâtiment.
Le contrat de Deux Alpes Loisirs résilié trois ans avant son terme
L’objectif est avant tout de redynamiser un domaine qui, selon l’exploitant, souffrait d’un manque d’investissement ces dernières années, perdant en attractivité et en compétitivité. Ce qui passait notamment par un meilleur débit du téléphérique, les files d’attente devant le DMC étant régulièrement pointées du doigt. Plus globalement, le projet constituait l’atout maître dans la manche de la Sata, lors de l’attribution du nouveau contrat de délégation de service public (DSP).
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