FOCUS – Selon une enquête de la Fédération des associations générales étudiantes (Fage) relayée mercredi 10 janvier 2024 par France Info, un étudiant sur cinq (19 %) ne mange pas à sa faim. Un constat corroboré par les témoignages d’étudiants à l’Université Grenoble Alpes (UGA), nombreux à sauter régulièrement des repas. Comme d’autres syndicats, l’Union étudiante de Grenoble (UEG) réclame donc notamment le retour du repas à un euro pour tous – expérimenté pendant la crise du Covid-19 – dans les restaurants universitaires.
« Je saute des repas régulièrement : souvent, je ne mange pas le midi. » Le cas de Lucas1le prénom a été modifié, étudiant en licence de droit à l’Université Grenoble Alpes (UGA), est loin d’être isolé. Selon une enquête de la Fédération des associations générales étudiantes (Fage), dont les résultats ont été dévoilés mercredi 10 janvier 2024 par France Info, près d’un étudiant sur cinq (19 % des personnes sondées) ne mangerait ainsi pas à sa faim.

Selon une enquête de la Fage, 19 % des étudiants ne mangent pas à leur faim aujorud’hui. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net
C’est l’un des principaux enseignements de cette vaste étude intitulée « Bouge ton Crous », menée par le premier syndicat étudiant du 23 septembre au 10 décembre 2023, auprès de 7 531 étudiants. La Fage a également interrogé ces derniers, via un questionnaire en ligne, sur différents aspects de la précarité étudiante : les tarifs des restaurants universitaires, le mal-logement, le salariat à côté des études ou encore les aides financières du Crous.
« Les légumes, la viande, on oublie, comme les loisirs »
Les conclusions ne constituent « pas du tout une surprise« , estime Robinson Rossi, secrétaire de l’Union étudiante de Grenoble (UEG). À la rentrée de septembre 2023, une précédente enquête de l’association Cop1 révélait en effet que « près d’un étudiant sur deux sautait des repas pour raisons financières« , rappelle-t-il, pointant « des chiffres de la précarité alimentaire [qui] évoluent de plus en plus vers le rouge« .
« Je fais attention tous les jours« , souligne ainsi Lucas. « Je n’achète pas de légumes, pas de viande… Ce sont des choses qu’on oublie, comme les loisirs. » L’étudiant en L1 de droit, âgé de 18 ans, ne mange en général « qu’une fois par jour« , se nourrissant essentiellement de féculents, parfois seulement « de pain et d’une pomme« .
« Mes parents ne savent pas que je saute des repas »
Lucas fait en effet partie de ces nombreux étudiants au statut « intermédiaire » et se trouvant donc dans une « zone grise » : non éligible aux bourses en raison des « revenus corrects » de ses parents mais ne disposant pas de ressources suffisantes pour vivre correctement. Certes, ses parents paient son loyer, environ 400 euros par mois (hors charges) pour un appartement en colocation avec deux autres étudiants. Mais ils ne lui donnent rien à côté.

De plus en plus d’étudiants ont recours aux distributions alimentaires organisées régulièrement sur le campus de l’UGA par Génération Précarité et l’UEG. © Martin de Kerimel – Place Gre’net
« Pour tout le reste, je dois me débrouiller« , explique le jeune homme, qui « touche 100 euros de la Caf chaque mois« , sa seule ressource régulière. Le rythme intensif des études de droit ne lui permettant pas de se salarier pendant l’année universitaire, Lucas « travaille pendant les vacances pour [se] payer la nourriture. J’ai travaillé trois mois l’été dernier et pendant toutes les vacances de Noël« , raconte-t-il.
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