EN BREF – Les élections pour renouveler le conseil d’administration de l’Université-Grenoble-Alpes (UGA) se sont tenues du 28 au 30 novembre 2023. Des élections d’importance, puisque le conseil d’administration doit désigner le président de l’UGA en janvier 2024. Or le président sortant, Yassine Lakhnech, fait face à un challenger, Michel Rocca, ce qui n’était pas le cas deux ans plus tôt.
La reconduction de Yassine Lakhnech au poste de président de l’UGA est-elle menacée? La liste de soutien à sa réélection, « UGA Université d’avenir« , décroche sept sièges au sein du conseil d’administration. Largement en tête dans le collège des professeurs d’université (avec 4 sièges sur 8), il obtient des résultats plus modestes au sein du collège des enseignants-chercheurs (2 sièges sur 8) ou des personnels ingénieurs (un siège sur 6).
Face à cette liste, les syndicats, qui ont eu pour certains des mots assez durs vis-à-vis du bilan du président sortant, pèsent pour 16 sièges au CA. Soit 5 sièges pour la CGT (en incluant le collège des doctorants), 4 pour la CFDT et 7 pour la FSU, particulièrement bien placée au sein du collège des enseignants-chercheurs avec 4 représentants. À noter : le SNPTES, dont une seule liste était candidate pour le collège des personnels ingénieurs, obtient aussi un siège.

Yassine Lakhnech sera-t-il reconduit à la présidence de l’UGA après les résultats des élections du conseil d’administration de novembre 2023? © Benjamin Houry – Place Gre’net
Outre les collèges du corps enseignant et des personnels, ainsi que celui des doctorants, le collège des étudiants figure également au conseil d’administration de l’UGA. Sur les six sièges qui composent ce collège, la liste portée par l’Unef et Solidaires étudiants remporte trois sièges, celle d’Interasso deux sièges, et celle du syndicat étudiant de droite Uni (voir encadré) un siège. Soit, collège des doctorants inclus, une composition exactement similaire à celle résultant des élections de 2021.
Mais les élus ne sont pas seuls à figurer au sein du conseil d’administration. Celui-ci compte encore un représentant de la Métropole de Grenoble, un de Valence-Romans Agglo, un de la Région Aura et un du Crous. Et enfin « quatre personnalités nommées par le CEA, le CNRS, l’Inria et l’Inserm« , et « quatre représentants du monde culturel et socio-économique« , détaille l’UGA. Autant dire que le rapport de force n’est pas si évident à anticiper.
L’Uni revendique une « progression fulgurante »
Par voie de communiqué, l’Uni vante une « progression fulgurante » au sein des instances représentatives de l’UGA. Si le syndicat de droite garde une place au sein du conseil d’administration, il annonce en effet doubler sa représentation dans les conseils de l’Université. Soit quatre membres au lieu de deux, dont trois au sein de la Commission de la formation et de la vie universitaire.
« Parmi les trois listes à se présenter, l’Uni était la seule à ne pas être de gauche ou d’extrême gauche« , déclare le syndicat. Ce non sans accuser « les tentatives des militants d’extrême gauche de [l’]empêcher de faire campagne, dans le silence complice de l’UGA« . L’Uni fait par ailleurs connaître sa volonté de « lutter contre les blocages à l’université » et prône la revalorisation du campus de Valence et des IUT.
L’UEG s’inquiète d’une « prise de pouvoir de l’extrême-droite »
Pour sa part, l’Union étudiante de Grenoble, représentée dans la liste « Pour une fac écolo et solidaire » salue une participation multipliée par deux par rapport au précédent scrutin, avec 11 200 voix exprimées sur 59 000 étudiants inscrits à l’UGA. Et note une forte progression du nombre de voix en sa faveur (environ 3000 de plus), qui lui permet de décrocher trois sièges au conseil d’administration, et sept dans la CFVU.
L’organisation s’inquiète en revanche de la progression de l’Uni, désignée comme « d’extrême-droite« . « Le système de vote lui a profité car les listes minoritaires récupèrent plus facilement le dernier siège. Nous sommes de plus en plus menacé·es par une prise de pouvoir de l’extrême droite« , écrit-t-elle, quand bien même le risque semble mince en réalité. « Nous devons nous mobiliser encore plus pour abolir les idées discriminantes, élitistes et réactionnaires« , conclut-elle.
[encadré modifié le 7 décembre 2023 avec ajout de la réaction de l’UEG]










