FLASH INFO – Le maire de Corps (Isère) Fabien Mulyk comparaîtra devant le tribunal correctionnel de Grenoble, le 9 janvier 2024, pour des soupçons de fraude électorale. L’ancien vice-président du Département est en effet suspecté de « bourrage d’urnes » en ayant voté deux fois à chaque scrutin, lors des élections départementales et régionales de juin 2021. Des faits que l’élu UDI a reconnus.
Il est soupçonné de fraude électorale. Fabien Mulyk, maire UDI de Corps (Isère), est renvoyé devant le tribunal correctionnel de Grenoble, le 9 janvier 2024, pour « substitution ou imitation de signature sur une liste d’émargement à l’occasion des élections du 20 juin 2021 », a indiqué le procureur de la République de Grenoble Éric Vaillant, ce vendredi 27 octobre 2023, confirmant une information du Dauphiné libéré.

Renvoyé devant le tribunal pour fraude électorale, le maire de Corps Fabien Mulyk (ici aux côtés du président du Département Jean-Pierre Barbier) s’est retiré de ses délégations de vice-président du conseil départemental, fin septembre 2023. DR
L’élu de 50 ans, qui s’est récemment retiré de ses délégations de vice-président du Département de l’Isère, est en effet suspecté de « bourrage d’urnes ». Il aurait ainsi voté deux fois à chaque scrutin, ce jour-là, dans un bureau de vote de sa commune : d’une part, pour les élections départementales, et d’autre part, pour les régionales.
Fabien Mulyk aurait expliqué avoir été « stressé » ce jour-là
Autrement dit, Fabien Mulyk serait entré à quatre reprises dans l’isoloir, au cours de la même journée, glissant son bulletin dans l’urne et émargeant sur les listes quatre fois également. Selon le quotidien régional, le manège du maire de Corps n’avait cependant pas échappé à une personne présente, le 20 juin 2021, dans ce bureau. Cette dernière l’a alors dénoncé, entraînant l’ouverture d’une enquête.

Fabien Mulyk aurait voté à quatre reprises au total, dans le même bureau de vote de Corps, deux fois pour les élections départementales et deux fois pour le scrutin régional. © Google Maps
L’édile a reconnu les faits lors de son audition, expliquant simplement qu’il était « stressé« . Des aveux qui ont poussé le parquet à lui proposer une Comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC). « Mais les propositions de peine faites par le parquet ont été refusées par le mis en cause, ce qui a conduit à son renvoi devant le tribunal correctionnel« , a confié le procureur au Dauphiné libéré.
Il encourt jusqu’à deux ans de prison et cinq ans d’inéligibilité
Des zones d’ombre subsistent néanmoins dans cette affaire. Dans une commune de moins de 500 habitants, où le maire est donc nécessairement connu et reconnu de la quasi-totalité des assesseurs, comment imaginer qu’une seule personne l’ait vu voter à quatre reprises ? Dès lors, difficile de comprendre pourquoi aucun de ces derniers n’a tenté de s’opposer au subterfuge.
D’après l’article L-92 du Code électoral, Fabien Mulyk encourt une peine d’emprisonnement de six mois à deux ans, ainsi que 15 000 euros d’amende. Mais également jusqu’à cinq ans d’inéligibilité et la privation du droit de vote.










