FOCUS – Le maire de Barraux (Isère) Christophe Engrand comparaissait ce mardi 9 mai 2023 devant le tribunal correctionnel de Grenoble pour « prise illégale d’intérêts ». Il est accusé par deux anciens élus d’opposition d’avoir voté, en 2017, une délibération – retirée ensuite selon lui – autorisant la commune à vendre deux appartements à une société civile immobilière (SCI) dont il était actionnaire. Le ministère public a requis 3 000 euros d’amende avec sursis et le jugement a été mis en délibéré au 7 juin 2023.
« C’était une sacrée épreuve à passer. » Le maire de Barraux Christophe Engrand (LR) ne cachait pas son soulagement en sortant du palais de justice, ce mardi 9 mai 2023 au soir, « rassuré » par les réquisitions plutôt clémentes du procureur. L’édile, réélu en 2021 pour un troisième mandat – après la démission de la maire sortante, un an après son élection1voir encadré – venait alors de comparaître devant le tribunal correctionnel de Grenoble pour « prise illégale d’intérêts ».

Le maire de Barraux Christophe Engrand a comparu devant le tribunal correctionnel de Grenoble, mardi 9 mai 2023, pour « prise illégale d’intérêts ». © Manuel Pavard – Place Gre’net
Les faits reprochés remontent au 27 septembre 2017. Ce jour-là, le maire de Barraux avait voté, en conseil municipal, une délibération autorisant la vente de deux appartements appartenant à la commune à une société civile immobilière (SCI). Laquelle était détenue par Christophe Engrand et son épouse, dont les noms n’étaient pas mentionnés dans la délibération.
Le maire de Barraux plaide la « bonne foi » et réfute tout profit personnel
Au cours de cette séance, deux élus d’opposition s’étaient interrogés publiquement, questionnant le maire sur l’identité des actionnaires de la SCI. Mais ce dernier les avait rabroués en plein conseil, les invitant à « aller chercher sur Internet ». Les conseillers municipaux2qui ne le sont plus aujourd’hui avaient donc alerté la préfecture peu après, avant de déposer plainte en février 2018… Sauf qu’entre-temps, « la délibération avait été retirée », assure Christophe Engrand.
Le maire de la petite commune du Grésivaudan plaide ainsi une « erreur de bonne foi ». « Je m’en suis aperçu quelques jours après. J’ai appelé la préfecture qui m’a dit de reprendre une délibération d’annulation au conseil municipal suivant, ce qu’on a fait », raconte-t-il. Et d’ajouter : « En plus, je ne me suis même pas positionné sur le rachat des appartements, qu’on a vendus six mois après, moins cher que ce que j’en avais proposé » – à savoir environ 170 000 euros.
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