FOCUS – Les enseignants du collège Jean-Vilar, à Échirolles, étaient tous en grève, ce mercredi 10 mai 2023, pour protester contre la suppression du poste de titulaire de la professeure d’allemand. Une décision qui obligerait certainement cette dernière à être mutée hors d’Isère alors que les heures d’enseignement existent pourtant, selon les professeurs. Soutenus par les parents d’élèves, ceux-ci se sont rassemblés devant l’établissement, avant de se rendre devant le rectorat.
« Je suis dans l’incertitude totale. » Élisa Forest, professeure d’allemand au collège Jean-Vilar, à Échirolles, affiche son désarroi, à moins de quatre mois de la prochaine rentrée scolaire. C’est pour protester contre la suppression de son poste de titulaire que la quarantaine d’enseignants de ce collège du quartier des Granges, soutenus par les parents d’élèves, étaient en grève ce mercredi 10 mai 2023. Une opération « collège mort » débutée devant les grilles de l’établissement, puis poursuivie par un rassemblement sur le parvis du rectorat.

En grève mercredi 10 mai 2023, les enseignants du collège Jean-Vilar se sont réunis devant l’établissement pour protester contre la suppression du poste de la professeure d’allemand. © Manuel Pavard – Place Gre’net
Les enseignants dénoncent ainsi une « décision bureaucratique« , symbole de « la gestion des ressources humaines de l’Éducation nationale« , selon Marc Vialaneix, professeur d’anglais syndiqué au Snes. Le poste d’Élisa Forest est en effet supprimé « alors qu’il y a des heures d’allemand à donner, l’année prochaine, pour les élèves« , explique-t-il. « Il y a effectivement un sous-service mais de deux heures seulement1sur 18. Des arrangements auraient pu être possibles. »
« Une énorme nuisance » pour les élèves du collège Jean-Vilar
À la place de l’actuelle titulaire, ce serait donc un professeur remplaçant qui viendrait dispenser « quelques heures ici et quelques heures à Louis-Lumière« , le poste d’allemand étant réparti sur les deux collèges échirollois. Une suppression aux conséquences doublement catastrophiques, estiment les enseignants. D’une part pour la professeure concernée, qui « risquerait d’être mutée hors du département, l’allemand étant un poste rare« , indique Marc Vialaneix.

Enseignants et parents ont pris la parole pour dénoncer les conséquences de la suppression du poste, pour les élèves comme pour la professeure d’allemand qui devrait alors être mutée hors d’Isère. © Manuel Pavard – Place Gre’net
D’autre part, poursuit le militant syndical, « on ne prend pas en compte l’importance de souder et pérenniser les équipes« . D’où « une énorme nuisance pour les élèves« . En effet, « dans un établissement classé Rep+2Réseau d’éducation prioritaire renforcé, comme Jean-Vilar, le suivi des élèves prend beaucoup de temps« , souligne Marc Vialaneix. « On doit être très disponibles pour les suivre, les accompagner, pour les projets… Donc on travaille en équipe et, pour ça, il faut des gens qui soient là. »
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