Du vélo au Sénégal, deux expositions présentées au Musée Dauphinois à l'occasion de sa réouverture

Du vélo au Sénégal, deux expo­si­tions pré­sen­tées au Musée dau­phi­nois à l’oc­ca­sion de sa réouverture

Du vélo au Sénégal, deux expo­si­tions pré­sen­tées au Musée dau­phi­nois à l’oc­ca­sion de sa réouverture

FOCUS – Le Musée dau­phi­nois pro­pose deux expo­si­tions aux visi­teurs depuis sa réou­ver­ture, le 19 mai 2021. L’une consa­crée au vélo sous toutes ses cou­tures, dans ses impli­ca­tions tech­niques comme spor­tives, fami­liales ou socié­tales. L’autre dédiée à deux regards croi­sés sur un ter­ri­toire du Sénégal, Kédougou, par­te­naire de longue date du Département de l’Isère.

Ce n’est pas une, mais deux expo­si­tions tem­po­raires que le Musée dau­phi­nois pro­pose depuis sa réou­ver­ture le 19 mai. Des témoins du tra­vail mené par son équipe durant la période de fer­me­ture des lieux cultu­rels, mais aussi de l’es­pace pri­vi­lé­gié dont béné­fi­cie le site. Tandis que l’in­té­rieur du musée s’ouvre au vélo sous toutes ses cou­tures, la cour et les allées de l’an­cien couvent expose ainsi un regard pho­to­gra­phique croisé sur la région de Kédougou, au Sénégal.

Stéphanie Nelson - Personne n'éclaire la nuit © Stéphanie Nelson

Stéphanie Nelson – Personne n’é­claire la nuit © Stéphanie Nelson

Exposition évé­ne­ment par son ampleur, Un amour de vélo est à décou­vrir au Musée dau­phi­nois jus­qu’au mois de juillet 2022. De quoi lais­ser le temps (sauf nou­velle fer­me­ture) aux Grenoblois de visi­ter une expo­si­tion en réso­nance directe avec leur ter­ri­toire. Où la pra­tique du vélo est mon­naie cou­rante, sou­vent mili­tante, par­fois polé­mique. Et qui res­tera dans l’his­toire, faut-il le rap­pe­ler, comme le pre­mier ter­ri­toire où fut décerné un maillot jaune sur le Tour de France.

Le vélo sous toutes ses cou­tures au Musée dauphinois

Tout au long d’un long par­cours com­posé de salles spa­cieuses mais bien rem­plies, l’ex­po­si­tion tente d’a­bor­der le vélo sous tous ses aspects. Techniques tout d’a­bord, avec ce mur expo­sant cha­cune des nom­breuses pièces qui com­posent un vélo, quitte à prendre des allures de table d’au­top­sie. Quelques spé­ci­mens étranges sont éga­le­ment pro­po­sés : vélos impro­bables (et impra­ti­cables) ou cycles revi­si­tés par des créa­teurs inspirés.

Un vélo démantibulé pour l'exposition Un amour de vélo © Florent Mathieu - Place Gre'net

Un vélo déman­ti­bulé pour l’ex­po­si­tion Un amour de vélo © Florent Mathieu – Place Gre’net

Mais le vélo inter­roge aussi la société. Et a notam­ment posé la ques­tion du genre, quand celui-ci était consi­déré néfaste pour les organes géni­taux des femmes. Ou quand une loi leur inter­di­sait le port du pan­ta­lon, à l’ex­cep­tion de celles tenant un vélo à la main. Au final, le vélo appa­raît comme un outil d’é­man­ci­pa­tion pour les femmes, sou­ligne le par­cours. Qui n’ou­blie pas que bicy­clette rime avec suffragette.

Le vélo, c’est aussi une pra­tique fami­liale illus­trée par des pho­to­gra­phies obte­nues auprès de par­ti­cu­liers. Il raconte alors une his­toire intime, sou­vent heu­reuse et sou­riante. Face à cette réa­lité, celle du vélo spor­tif et de son mythe entre­tenu du sur­homme appa­raît bien loin­taine. Elle aussi pose nombre de ques­tions, sur le sens de la com­pé­ti­tion, le dépas­se­ment de soi… et la triche orga­ni­sée au tra­vers du dopage.

Franck Philippeaux, commissaire de l’exposition Un amour de vélo © Florent Mathieu - Place Gre'net

Franck Philippeaux, com­mis­saire de l’exposition Un amour de vélo © Florent Mathieu – Place Gre’net

Vélo tou­ris­tique, vélo élec­trique, vélo ludique, vélo pra­tique… Si l’ex­po­si­tion Un amour de vélo ne pré­tend pas à l’ex­haus­ti­vité, elle tente d’embrasser le plus de dimen­sions pos­sibles du deux-roues. Jusqu’aux esca­pades au bout et autour du monde, par des aven­tu­riers plus ou moins fous qui repous­se­ront leurs limites autant que celles de leurs mon­tures. Et l’ex­po­si­tion de se conclure logi­que­ment en invi­tant le visi­teur à décrire, de lui-même, son « amour de vélo ».

Un amour de vélo

Exposition réa­li­sée sous la conduite de Franck Philippeaux et Olivier Cogne

Au Musée dau­phi­nois jus­qu’au 4 juillet 2022

Regards pho­to­gra­phiques croi­sés sur Kédougou

Changement radi­cal de ton et d’am­biance avec les deux expo­si­tions croi­sées de pho­to­gra­phies, signées Stéphanie Nelson et Ina Thiam. Avec, res­pec­ti­ve­ment, Personne n’é­claire la nuit et La Mémoire en miroir, les deux artistes livrent leurs regards sur la région de Kédougou au Sénégal. Un ter­ri­toire engagé dans un par­te­na­riat de longue date avec le Département de l’Isère, notam­ment autour de conven­tions sur la santé et les droits des femmes.

Stéphanie Nelson présente son travail sur les murs du Musée dauphinois © Florent Mathieu - Place Gre'net

Stéphanie Nelson pré­sente son tra­vail sur les murs du Musée dau­phi­nois © Florent Mathieu – Place Gre’net

Les deux expo­si­tions auraient pu ne pas voir le jour : l’ob­jec­tif ini­tial était de livrer le regard d’une Iséroise en rési­dence à Kédougou, et d’une Sénégalaise en rési­dence en Isère. Si Stéphanie Nelson a bien pu par­tir à la ren­contre du ter­ri­toire séné­ga­lais, Ina Thiam a dû, pour sa part, dras­ti­que­ment écour­ter son séjour pour cause de pan­dé­mie, en mars 2020. Et chan­ger son fusil d’é­paule, en consa­crant son tra­vail aux femmes de Kédougou.

« Mon tra­vail c’est l’hu­main. Je n’y allais pas pour les pay­sages ! », explique Stéphanie Nelson en décri­vant son séjour à Kédougou. Son parti-pris ? Rencontrer et pho­to­gra­phier les jeunes, et à tra­vers eux leur vie quo­ti­dienne, leurs ambi­tions et leurs espoirs. Le tout autour d’un trai­te­ment gra­phique en gris-de-plomb, pour « rendre moins lisibles les images telles qu’on les atten­drait ». Et ques­tion­ner la manière dont on aborde une pho­to­gra­phie de l’ailleurs.

Ina Thiam - La Mémoire en miroir © Ina Thiam

Ina Thiam – La Mémoire en miroir © Ina Thiam

Ina Thiam, pour sa part, a invité onze jeunes femmes à se rap­pe­ler une aînée « au par­cours remar­quable » et à les incar­ner le temps d’une pho­to­gra­phie via vête­ments et maquillage, « créant un palimp­seste, sym­bole de la menace de l’oubli ou pro­messe du sou­ve­nir ». Effet de miroir entre géné­ra­tions, les images figurent les évo­lu­tions natu­relles, les pro­grès tech­no­lo­giques ou socié­taux… et les com­bats qui perdurent.

Personne n’é­claire la nuit, Stéphanie Nelson / La mémoire en miroir, Ina Thiam

Résidences pho­to­gra­phiques Kédougou, Sénégal
Jusqu’au 4 octobre 2021 au Musée dau­phi­nois, puis en 2022 à Kédougou

Florent Mathieu

Florent Mathieu

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