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1er mai 2021 à Grenoble. © Tim Buisson – Place Gre’net

Près de 3 000 per­sonnes dans la rue pour un 1er mai fes­tif et reven­di­ca­tif à Grenoble

Près de 3 000 per­sonnes dans la rue pour un 1er mai fes­tif et reven­di­ca­tif à Grenoble

REPORTAGE – Près de 3 000 per­sonnes ont défilé dans les rues de Grenoble ce samedi 1er mai, lors d’une marche uni­taire regrou­pant syn­di­cats et par­tis poli­tiques de gauche. Un ras­sem­ble­ment pour défendre les droits des sala­riés et dénon­cer l’ac­crois­se­ment des inéga­li­tés. Mais aussi pour mar­quer leur oppo­si­tion aux der­nières lois votées par le gou­ver­ne­ment, à un an de la présidentielle.

La pluie froide du mois de mai n’aura pas dou­ché leur enthou­siasme. Près de 3 000 mani­fes­tants ont défilé dans les rues de Grenoble au sein d’un cor­tège de ban­de­roles et de para­pluies pour célé­brer la fête du tra­vail. « C’est cen­tral de mon­trer que le mou­ve­ment syn­di­cal est pré­sent », insiste François Marchive, co-secré­taire de l’u­nion syn­di­cale Solidaires.

Le cortège sur le cours Jean-Jaurès. © Tim Buisson – Place Gre’net

Le cor­tège sur le cours Jean-Jaurès. © Tim Buisson – Place Gre’net

Outre les syn­di­cats, plu­sieurs par­tis poli­tiques mais aussi des membres du col­lec­tif Culture essen­tielles en lutte, des tra­vailleuses et tra­vailleurs du sexe, des étu­diants, gilets jaunes et des citoyens ont battu le pavé.

Les mani­fes­tants s’é­taient donné ren­dez-vous devant la gare à 10 heures. Le cor­tège a ensuite emprunté le cours Jean-Jaurès, tourné à gauche sur le bou­le­vard Maréchal-Foch, avant de rejoindre l’an­neau de vitesse parc Paul-Mistral.

Des ras­sem­ble­ments ont éga­le­ment eu lieu par­tout en France avec, par exemple, 3 000 per­sonnes à Lyon, 3 500 à Marseille ou encore 3 700 à Nantes.

Le 1er mai 2020 éclipsé par la Covid-19

Sous les masques, on devi­nait les sou­rires, révé­la­teurs du plai­sir des mani­fes­tants à se retrou­ver. D’autant plus qu’ils en avaient été empê­chés l’an der­nier à cause du pre­mier confi­ne­ment, plus strict que le troi­sième en cours qui va prendre fin ce lundi 3 mai. « On sait que les mili­tants atten­daient ce 1er mai, même si le côté vrai­ment fes­tif, on ne pourra pas l’a­voir », rap­porte Nicolas Benoît, secré­taire géné­ral de la CGT Isère.

Salima Bouchalta du syndicat force ouvrière (à droite). © Tim Buisson – Place Gre’net

Salima Bouchalta du syn­di­cat force ouvrière (à droite). © Tim Buisson – Place Gre’net

Sous son para­pluie noir et blanc Salima Bouchalta acquiesce. « On est à fond dans le télé­tra­vail, j’es­père qu’on inven­tera jamais le télé-syn­di­ca­lisme », plai­sante la syn­di­ca­liste Force ouvrière, par ailleurs per­son­nel de l’Éducation natio­nale au rec­to­rat. Elle dénonce le gel, depuis des années, du point d’in­dice  

qui pèse sur son pou­voir d’a­chat, ainsi que les sup­pres­sions de postes qui altèrent la qua­lité du travail.

Non loin d’elle, la musique dans les hauts-par­leurs, les batu­ca­das et les fan­fares échauffent les mani­fes­tants, pour cer­tains situés au cœur de la fumée rouge de fumigènes.

Un 1er mai sous le signe de la lutte contre les inégalités

Dans les enceintes, des slo­gans reven­di­ca­tifs et clas­siques dans ce type de mani­fes­ta­tion : « Non à l’aus­té­rité, unité de tous les sala­riés ! », « Ils servent à rien et nous coûtent cher, licen­cions les action­naires ! », ou encore « Ils ont des mil­lions, mais nous, on est des mil­lions ».

Nicolas Benoit, secrétaire départemental de la CGT. © Tim Buisson – Place Gre’net

Nicolas Benoit, secré­taire dépar­te­men­tal de la CGT. © Tim Buisson – Place Gre’net

Une jour­née de mobi­li­sa­tion éga­le­ment pla­cée sous le signe de la lutte contre les inéga­li­tés. « Les ultra-riches ont pro­fité d’une crise sociale, éco­no­mique et envi­ron­ne­men­tale pour accroître leur patri­moine. Tandis que d’autres se sont lar­ge­ment appau­vris », s’in­surge Nicolas Benoît.

Entre mars et décembre 2020, la for­tune des mil­liar­daires fran­çais aurait en effet aug­menté de 170 mil­liards d’eu­ros selon Oxfam. Soit une hausse moyenne de 40 %.

« Ne lais­sons pas le “quoi qu’il en coûte” se trans­for­mer en “quoi qu’il en coûte aux tra­vailleurs”, insiste Philippe Beaufort, secré­taire adjoint de FO Isère. Ce n’est pas aux tra­vailleurs, au ser­vice public et à la pro­tec­tion sociale de sup­por­ter le coût de la crise sani­taire et économique. »

Le cortège du 1er mai 2021 à Grenoble. © Tim Buisson – Place Gre’net

Le cor­tège du 1er mai 2021 à Grenoble. © Tim Buisson – Place Gre’net

Et la théo­rie du ruis­sel­le­ment ne convainc pas du tout les mani­fes­tants, pour qui les plus pré­caires n’ont pas perçu plus d’argent. Aux États-Unis, Joe Biden, pré­sident nou­vel­le­ment élu, sou­haite d’ailleurs ins­tau­rer un impôt pour les plus riches. De quoi mettre un peu plus à mal, selon eux, une théo­rie qui « n’a jamais fonc­tionné ».

Lettre à Emmanuel Macron

Pour ten­ter d’in­ter­pel­ler Emmanuel Macron, le chef de l’État, et peut-être l’en­joindre d’a­gir comme son homo­logue amé­ri­cain, les mani­fes­tants ont décidé de lui envoyer une lettre.

Une des lettres envoyée au Président de la République. © Tim Buisson – Place Gre’net

Une des lettres envoyées au pré­sident de la République. © Tim Buisson – Place Gre’net

Le cor­tège a ainsi mar­qué une pause à l’angle du cours Jean-Jaurès et du bou­le­vard Maréchal-Foch, au niveau d’un bureau de poste. Avant que ne soit dis­tri­bué aux mani­fes­tants des enve­loppes et un texte, lu par l’un des orga­ni­sa­teurs depuis la voi­ture en tête de cor­tège. « Il est into­lé­rable que cer­tains conti­nuent d’aug­men­ter leurs richesses quand les soi­gnants se trouvent dému­nis face à la mort. Et lorsque, dans le même temps, les licen­cie­ments et la perte d’ac­ti­vité détruisent des vies. »

Parmi les autres sujets évo­qués dans la mis­sive, l’accroissement des inéga­li­tés, la réforme de l’Assurance-chômage à abro­ger selon les mani­fes­tants, ou encore la pro­lon­ga­tion de l’an­née blanche. « Sur quelle base vous octroyez-vous le droit de défi­nir ce qui, pour l’être humain, est essen­tiel et ce qui ne l’est pas ? », inter­roge par ailleurs le texte.

Plusieurs centaines de lettres ont été envoyées à Emmanuel Macron. © Tim Buisson – Place Gre’net

Plusieurs cen­taines de lettres ont été envoyées à Emmanuel Macron. © Tim Buisson – Place Gre’net

Des enve­loppes dis­tri­buées dans un joyeux brou­haha et com­plé­tées à la main en dépit des gouttes de pluie fai­sant par­fois cou­ler l’encre. « Inutile d’af­fran­chir », rap­pelle l’un des membres du col­lec­tif Culture essen­tielles en lutte.

Un ras­sem­ble­ment contre les lois « anti-sociales » et « anti-démocratiques »

Les mani­fes­tants ont éga­le­ment affi­ché leur oppo­si­tion aux récentes lois votées par la majo­rité. « Le gou­ver­ne­ment a fait pas­ser deux lois catas­tro­phiques », fus­tige François Marchive.

Pancarte dans le cortège du 1er mai 2021. © Tim Buisson – Place Gre’net

Pancarte dans le cor­tège du 1er mai 2021. © Tim Buisson – Place Gre’net

Dans son viseur, la loi sécu­rité glo­bale et celle confor­tant les prin­cipes de la République. Deux textes, « anti-social » et « anti-démo­cra­tiques » selon François Marchive, qui cris­tal­lisent les ten­sions depuis plu­sieurs semaines. « Cette année, ils ont contraint les liber­tés col­lec­tives et indi­vi­duelles, et, dans le même temps, ils ont conti­nué à détruire des droits », abonde Nicolas Benoît. 

Quelques élus étaient éga­le­ment pré­sents dans la foule. « Les reven­di­ca­tions sont com­munes en ce moment », glisse Guillaume Allègre, mili­tant à Europe éco­lo­gie – Les Verts (EELV).

Plusieurs élus de Grenoble étaient présents, ici Chloé Pantel et Maud Tavel. © Tim Buisson – Place Gre’net

Plusieurs élus de Grenoble étaient pré­sents, ici Chloé Pantel et Maud Tavel. © Tim Buisson – Place Gre’net

Visibles dans le cor­tège, Elisa Martin, pre­mière adjointe à Grenoble, mais aussi les élus Nicolas Kada, Chloé Pantel, Anabelle Bretton ou encore Maud Tavel. Ainsi que Yann Mongaburu, conseiller muni­ci­pal à Grenoble et métro­po­li­tain, en fin de cortège.

Autres élus d’Échirolles aper­çus : Renzo Sulli, le maire, accom­pa­gné de sa pre­mière adjointe Amandine Demore et de Daniel Bessiron, adjoint à l’en­vi­ron­ne­ment durable.

Harder, bet­ter, fas­ter, stronger ?

Si l’in­con­tour­nable Internationale a résonné dans le cor­tège, poings levés, on a aussi pu entendre des mor­ceaux plus récents. Comme « Harder, bet­ter, fas­ter, stron­ger » (Plus dur, meilleur, plus vite, plus fort) des Daft Punk sur un vélo-sono amé­nagé, der­rière lequel une dizaine de per­sonnes dansaient.

Une musique de cir­cons­tance, puisque les syn­di­cats entendent bien accé­lé­rer et inten­si­fier le mou­ve­ment social. « On espère que la mobi­li­sa­tion d’au­jourd’­hui sera une étape pour une mobi­li­sa­tion plus longue, plus large et plus puis­sante », insiste François Marchive. Et ce alors que l’é­chéance de la pré­si­den­tielle approche.

Arrivée du cortège à l'anneau de vitesse au parc Paul Mistral. © Tim Buisson – Place Gre’net

Arrivée du cor­tège du 1er mai à l’an­neau de vitesse au parc Paul-Mistral. © Tim Buisson – Place Gre’net

« L’idée c’est d’en­tre­te­nir le rap­port de forces pour frei­ner la folie réfor­ma­trice de ce gou­ver­ne­ment qui est en train de tout lami­ner », ana­lyse Salima Bouchalta. Suffisant pour his­ser un can­di­dat de gauche au second tour de l’é­lec­tion présidentielle ?

Tim Buisson

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