FOCUS - Quels changements le confinement a-t-il impulsés chez les Grenoblois, notamment en matière de mobilité ? Entre dynamiques de repli individuel et envies d’évasion, l’étude de Grenoble École de management sortie le 22 septembre 2020 montre que l’expérience de l’épidémie a particulièrement fait méditer les habitants de la capitale des Alpes.
Grenoble Ecole de management (Gem) © Thomas Imbert - place Gre'net
Télétravail, téléconsultation, baisse de la mobilité, envie de déménager… Qu'est-ce que le confinement a changé dans la métropole grenobloise ? À l’occasion de la semaine de la mobilité qui se tenait courant septembre, les chercheurs de Grenoble École de management Corinne Faure et Frédéric Bally ont tenté d’appréhender les mutations des pratiques de mobilité des habitants de la métropole en sondant plus de 1 000 personnes.
Le télétravail séduit mais reste loin de faire l'unanimité
Premier axe de leur étude : le télétravail, quasiment généralisé pendant le confinement du printemps dernier. « La part des actifs en télétravail dans la Métropole grenobloise est passée de 20 à près de 40 % pendant le confinement, mais seulement 20 % des actifs souhaitent travailler en télétravail dans le futur », analysent-ils.
© Fotomelia - DR
Si l’expérience qui consiste à travailler chez soi ne fait pas consensus chez les salariés interrogés, Corinne Faure souligne que « 25% [d'entre eux, ndlr] pensent que leur employeur leur demandera de faire du télétravail, et 30% pensent que d’autres employés vont demander à passer en télétravail. » Un rejet loin d’être unanime donc.
Plusieurs arguments plaident en outre en faveur des pratiques de travail à distance. Entre autres des visio-conférences : un quart des sondés prédisent qu’elles se substitueront à une partie de leurs déplacements professionnels. Autre enseignement : "le confinement a entraîné un décalage des horaires habituels de travail", notamment pour gérer la garde des enfants. Deux-tiers des actifs se disent désormais prêts à envisager des horaires de travail décalés et 42% à travailler le week-end. Une disposition qui ne serait pas sans concessions puisque « pour 15% [d’entre eux, ndlr], travailler le week-end se monnaye et ils attendraient une prime en échange ».
Au final, l’étude entrevoit une potentielle mutation des modalités de travail dans un futur proche, notamment avec la généralisation des « télé-pratiques ». Mais l’engouement pour le télétravail semble être freiné par l’entremêlement confus des espaces personnels et professionnels, la résorption des interactions sociales physiques et la fracture numérique dans un monde en voie de dématérialisation.
Déplacements : tant pis pour l'écologie ?
Côté transports, les risques sanitaires liés à la présence du virus sur le territoire – qui progresse – bouleversent profondément les pratiques de mobilité des Grenoblois, avec leur rejet assez massif des transports en commun. Les personnes interrogées déclaraient, avant le confinement, les utiliser autant que les modes de transports doux et leur véhicule personnel pour leurs déplacements quotidiens. Après confinement, si quatre personnes sur dix font preuve d’éco-responsabilité en se déplaçant à pied, à vélo ou à trottinette, « environ 60% des répondants choisissent la voiture individuelle et seulement 1% les transports en commun. »
Voitures, skates et vélos roulent à Grenoble. © Muriel Beaudoing - Place Gre'net
Des chiffres qui semblent révéler une tendance de repli sur soi dans la capitale des Alpes. S’agit-il d’un recul temporaire des valeurs écologiques grenobloises ou bien de la manifestation du syndrome de la cabane ? En tout cas, Corinne Faure insiste sur la nécessité de prendre ces chiffres avec des pincettes puisqu’ils ont été récoltés « à chaud » pendant la dernière semaine de confinement.
Un autre constat de l’étude, concernant la téléconsultation médicale, relativise en outre cette tendance à l’isolement : « plus de deux-tiers [des personnes sondées, ndlr] ne souhaitent pas renouveler l’expérience et préfèrent une consultation en face-à-face ».
Enfin, l'étude met en évidence l’envie accrue chez les citadins de déménager pour s’éloigner de l’hyper-centre urbain, « 40% d’entre eux pensant déménager dans les trois ans. » Parmi ceux-ci, 40% ont pris cette décision pendant le confinement. Un phénomène d’exode urbain serait-il en train de se profiler ?
Simon Marseille
2 réflexions sur « Mobilité post-confinement : les Grenoblois ont-ils changé leurs habitudes ? »
bien sur que si ! COVID19 a marqué la fin des transports en commun. Le seul moyen vraiment saif pour le déplacement c’est la voiture individuelle
bien sur que si ! COVID19 a marqué la fin des transports en commun. Le seul moyen vraiment saif pour le déplacement c’est la voiture individuelle