Les précaires en première ligne face au covid-19 ? Droit au logement demande la réquisition des logements vides

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FOCUS – La question des publics précaires et fragiles continue d’inquiéter sur fond de confinement pour cause d’épidémie de coronavirus. Après Médecins du monde et Solident, c’est au tour du Dal 38 de dénoncer l’absence de prise en charge des personnes les plus en difficultés, en attaquant tour à tour la préfecture de l’Isère et la Ville de Grenoble. Cette dernière répond en détaillant les actions mises en place.

 

 

Après l’ap­pel lancé par Solident et Médecins du monde, c’est au tour du Dal 38 (Droit au loge­ment) d’a­ler­ter sur les condi­tions de « confi­ne­ment » des plus pré­caires. « Le pré­fet de l’Isère Lionel Beffre n’a rien fait, comme attendu, pour les per­sonnes sans abris et les mallogéEs, pre­mières vic­times de l’épidémie », dénoncent ainsi les mili­tants dans un com­mu­ni­qué en date du 17 mars. Non sans appe­ler à l’a­dop­tion urgente de mesures sociales.

 

Droit au logement demande la réquisition des logements vides face au coronavirus.Manifestation du Dal devant l'Hôtel de Ville de Grenoble en 2019 © Joël Kermabon - Place Gre'net

Manifestation du Dal devant l’Hôtel de Ville de Grenoble en 2019. © Joël Kermabon – Place Gre’net

 

Les publics concer­nés ? Les SDF en pre­mier lieu. « Les sans-abris vont […] conti­nuer à dor­mir sous les fenêtres de loge­ments vacants et se faire dres­ser des PV de 38 euros toutes les heures », redoute le col­lec­tif. Autres per­sonnes en situa­tion pré­caire : les loca­taires redou­tant une pro­cé­dure d’ex­pul­sion de leurs loge­ments ou une cou­pure d’élec­tri­cité. « Et que dire de celles et ceux qui vont vivre le confi­ne­ment comme une tor­ture, dans des loge­ments insa­lubres ou exi­guës ? », ajoute encore le Dal.

 

 

Un appel à réquisitionner les logements vides

 

Face à la « guerre » contre le coro­na­vi­rus, Droit au loge­ment pose trois reven­di­ca­tions. Tout d’a­bord, « un mora­toire sur la part du loyer supé­rieure à 20 % du revenu de chaque loca­taire ». Ensuite, « le réta­blis­se­ment inté­gral des APL et leur ren­for­ce­ment, cou­plé à une vraie baisse des loyers ». Et enfin, « un mora­toire sur les fac­tures impayées d’énergie, d’eau, de télé­phone et d’internet pour cause de reve­nus ».

 

Les jeunes majeurs étrangers et leurs soutiens “investissaient” l'Hôtel de Ville de Grenoble lundi 16 mars pour demander des solutions de logement. © Grenoble en lutte - Facebook

Les jeunes majeurs étran­gers et leurs sou­tiens “inves­tis­saient” l’Hôtel de Ville de Grenoble lundi 16 mars pour deman­der des solu­tions de loge­ment. © Grenoble en lutte – Facebook

 

Si le pré­fet est mis en accu­sa­tion, les maires le sont tout autant. « Ils ont la pos­si­bi­lité d’agir, en qua­lité d’officier de police judi­ciaire en charge de l’ordre public, et le pou­voir de réqui­si­tion­ner », estime le Dal. Qui rap­pelle que des jeunes majeurs étran­gers se sont mani­fes­tés lundi 16 mars à l’Hôtel de Ville de Grenoble dans l’es­poir d’ob­te­nir des solu­tions de loge­ment. « Le maire de Grenoble Éric Piolle n’a rien fait, tout comme la pré­si­dente de l’établissement public fon­cier local, Christine Garnier », juge le col­lec­tif.

 

« Les réponses don­nées n’ont pas du tout été à la hau­teur de la crise sani­taire, cha­cun se défaus­sant de ses res­pon­sa­bi­li­tés comme d’habitude, et pour­tant le maire se pavane dans les médias natio­naux, assu­rant qu’il “pense aux SDF et aux per­sonnes qui vivent dans les squats” », lance sans ména­ge­ment le Dal. En appe­lant, une fois encore, à la réqui­si­tion des loge­ments vides pour « contri­buer à enrayer la pro­pa­ga­tion de la pan­dé­mie ».

 

 

La Ville de Grenoble conteste toute inaction

 

Inactive, la Ville de Grenoble ? Celle-ci répond à Place Gre’net avoir « inter­pellé la pré­fec­ture et la DDCS [Direction Départementale de la Cohésion Sociale, ndlr] » sur la situa­tion des plus pré­caires. « La Ville de Grenoble est en attente des consignes, elle est prête à sou­te­nir l’État dans l’indispensable prise en charge de ces per­sonnes », indique-t-elle. Avant de détailler des actions d’ores et déjà mises en place, « sou­vent avec les asso­cia­tions d’aide aux plus fra­giles ».

 

Droit au logement demande la réquisition des logements vides face au coronavirus. Le maire de Grenoble Éric Piolle a interpellé les services de l'État sur la question des plus fragiles en situation de confinement © Raphaëlle Denis - Place Gre'net

Le maire de Grenoble Éric Piolle a inter­pellé les ser­vices de l’État sur la ques­tion des plus fra­giles en situa­tion de confi­ne­ment. © Raphaëlle Denis – Place Gre’net

 

Au pro­gramme ? Les agents libé­rés de leur fonc­tion habi­tuelle seront déployés en ren­fort « pour venir en aide aux Grenobloises et aux Grenoblois qui en ont le plus besoin ». Par exemple ? Dans les Ehpad, explique la Ville. Ou encore depuis leur domi­cile, en appe­lant les habi­tants figu­rant dans le fichier des per­sonnes âgées et fra­giles de la muni­ci­pa­lité, éga­le­ment actif durant les périodes de cani­cule.

 

Malgré la fer­me­ture des écoles, la Ville main­tient par ailleurs l’ac­ti­vité de la cui­sine cen­trale « pour cui­si­ner et livrer les repas pour les plus fra­giles ». L’accès aux douches muni­ci­pales est éga­le­ment ren­forcé et gra­tuit, tan­dis que des équipes du CCAS sont en charge de dis­tri­buer des pro­duits d’hy­giène. Enfin, tou­jours dans le registre des publics fra­gi­li­sés, la Ville annonce dans les pro­chains jours « des actions avec les acteurs du ter­ri­toire contre les vio­lences conju­gales ».

 

Florent Mathieu

 

 

LES HÉBERGEMENTS EN HÔTEL DÉNONCÉS PAR LES ASSOCIATIONS

 

La Cisem, le Dal 38 et La Dourbiee font état du « trans­fert immi­nent de 14 familles héber­gées dans le cadre du plan hiver­nal à Pont-de-Claix vers des hôtels ». Un trans­fert que les asso­cia­tions de défense des mal-logés ne s’ex­pliquent pas : EDF, société pro­prié­taire du site d’hé­ber­ge­ment, aurait donné son accord pour une ouver­ture du centre jus­qu’au 31 mai.

 

Le préfet de l'Isère lors d'une visite du centre d'hébergement de Comboire © Florent Mathieu - Place Gre'net

Le pré­fet de l’Isère lors d’une visite du centre d’hé­ber­ge­ment de Comboire. © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

Souvent décrié, le loge­ment dans les hôtels l’est encore plus en période de confi­ne­ment. « Les per­sonnes se retrou­ve­ront confi­nées dans des espaces plus petits, donc avec plus de pro­mis­cuité, sans cui­sine, sans espace exté­rieur, sans accom­pa­gne­ment social ou médi­cal adapté », dénoncent les mili­tants. Et de citer l’exemple de l’Hôtel Voreppe, où « 140 per­sonnes se par­tagent une cui­sine de 20 m2 et une salle à man­ger de 40 m2 depuis des mois ».

 

Aides aux commerçants
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Commentaires 4
  1. Ping : Quand attaquer l’État devient « viral » – Un Œil sur la Cité

  2. Réquisition des appar­te­ments lais­sés vacants les bour­geois confi­nés à la cam­pagne!!

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  3. « Les jeunes majeurs étran­gers » ça c’est fort comme euphé­misme. Juridiquement on a des illé­gaux mineurs et illé­gaux majeurs. Je ne connais pas le sta­tut des mineurs, mais en ce qui concerne les majeurs la loi est simple : sans papiers ? deten­tion et expul­sion.

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    • Les jeunes majeurs sont des mineurs arri­vés à leur majo­rité alors qu’ils trouvent sur le ter­ri­toire. Contrairement à vos allé­ga­tions cette situa­tion n’en­traine pas auto­ma­ti­que­ment une obli­ga­tion à quit­ter le ter­ri­toire. Chacun aura com­pris que vous n’êtes ni un juriste ni un ami de l’hu­ma­nité « amigo ».

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