Écoles, services publics, économie… Comment l’Isère va gérer la crise du coronavirus

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FOCUS – Si l’Isère ne fait pas partie des départements les plus touchés par l’épidémie de coronavirus, les services de la préfecture s’activent pour limiter au maximum l’impact de cette crise sanitaire. État des lieux des mesures d’ores et déjà en place à l’échelle du département.

 

 

Pour Lionel Beffre, le préfet de l'Isère, le dispositif de police de sécurité du quotidien ne sera pas déployé à Grenoble avant 2020. « Grenoble n'est pas Chicago !» © Patricia Cerinsek

Lionel Beffre, pré­fet de l’Isère. © Patricia Cerinsek

« Nos objec­tifs sont clairs : frei­ner l’é­pi­dé­mie de coro­na­vi­rus pour que le sys­tème de santé puisse faire face, pro­té­ger les per­sonnes les plus fra­giles, et pré­ser­ver les entre­prises en dif­fi­culté. »

 

Lionel Beffre, pré­fet de l’Isère, a donné le ton, lors d’une confé­rence de presse excep­tion­nelle, ce samedi 14 mars au matin, au sein de la pré­fec­ture.

 

L’occasion de faire un point sur la situa­tion sani­taire en Isère, avec, selon les der­niers chiffres, 23 cas de coro­na­vi­rus détec­tés dans le dépar­te­ment. Parmi eux, aucun décès à déplo­rer mais qua­torze pris en charge à domi­cile et neuf hos­pi­ta­li­sés en ser­vice de viro­lo­gie, dont un en réani­ma­tion.

 

« Pour la grande majo­rité de ces 23 cas, deux ori­gines de conta­mi­na­tion ont été iden­ti­fiées. Il s’a­git en effet de per­sonnes de retour de la fameuse réunion évan­gé­lique de Mulhouse, et de Lombardie du Nord », a pré­cisé le pré­fet. Qui n’en a tou­te­fois pas dit plus sur les malades en ques­tion, pour des rai­sons de secret médi­cal.

 

 

« On peut s’attendre à une augmentation assez forte dans les jours qui viennent »

 

L’Isère ne s’en sort ainsi pas trop mal par rap­port à d’autres dépar­te­ments beau­coup plus tou­chés par le coro­na­vi­rus, même si « on peut s’attendre à une aug­men­ta­tion assez forte dans les jours qui viennent », estime Lionel Beffre.

 

« J’ai ainsi demandé la mise en place d’un plan d’adaptation aux absences pour pou­voir affec­ter des agents tra­vaillant dans des ser­vices moins néces­saires à des ser­vices indis­pen­sables à la conti­nuité du ser­vice public. » Sachant que les col­lec­ti­vi­tés locales ont aussi pris des mesures en la matière.

 

Le pré­fet affirme tou­te­fois ne pas dis­po­ser « d’information à ce stade sur la mise en place d’un éven­tuel stade trois [La France est passé en stade trois ce samedi 14 mars dans la soi­rée] ».

 

Quelle situation à la préfecture en cas de stade trois ?

 

« Au-delà de 10 à 15 % d’absence sup­plé­men­taires, nous pas­se­rions en plan de conti­nuité d’activité des ser­vices publics pour lais­ser tom­ber pro­vi­soi­re­ment toutes les mis­sions non indis­pen­sables », a pré­cisé Lionel Beffre. Et le pré­fet de citer quelques acti­vi­tés prio­ri­taires au niveau pré­fec­to­ral : la sécu­rité et le renou­vel­le­ment des titres de séjour, étant entendu que « les natu­ra­li­sa­tions pour­raient être repous­sées. »

 

 

« Je salue le civisme de bon nombre d’organisateurs »

 

Pour l’heure, la pré­fec­ture de l’Isère entend bien évi­dem­ment conti­nuer d’ap­pli­quer scru­pu­leu­se­ment les mesures annon­cées ces der­niers jours par l’exé­cu­tif. Notamment, l’in­ter­dic­tion des regrou­pe­ments de plus de cent per­sonnes en inté­rieur ou en exté­rieur et l’in­ter­dic­tion des contacts avec les popu­la­tions les plus fra­giles, qu’elles soient en Ehpad ou non.

 

coronavirus : Les annulations d'événements culturels notamment, se sont multipliées ces derniers jours. DR

Les annu­la­tions d’é­vé­ne­ments cultu­rels notam­ment se sont mul­ti­pliées ces der­niers jours. DR

« Je salue le civisme de bon nombre d’organisateurs qui ont pris des déci­sions res­pon­sables bien que coû­teuses sur tous les plans », a tenu à sou­li­gner Lionel Beffre. Tout en conseillant de repous­ser ou d’an­nu­ler les ras­sem­ble­ments de moins de cent per­sonnes accueillant des publics poten­tiel­le­ment à risque.

 

« Je pour­rais d’ailleurs être amené à les annu­ler moi-même par arrêté si j’a­vais connais­sance de telles situa­tions. »

 

 

Soutien actif aux entreprises et aux salariés en difficulté à cause du coronavirus

 

Plusieurs mesures de sou­tien à l’é­co­no­mie ont, par ailleurs, été prises pour pro­té­ger les salaires et les entre­prises mis à mal par la crise sani­taire du coro­na­vi­rus. Comme les arrêts de tra­vail pos­sibles sans jour de carence pour les parents gar­dant les enfants, le report des coti­sa­tions pour les entre­prises et une plus grande sou­plesse pour la mise en œuvre de chô­mage par­tiel.

 

Des demandes de chô­mage par­tiel qui seront, du reste, trai­tées très vite et, sans devoir attendre les qua­torze jours nor­ma­le­ment néces­saires pour avoir un accord tacite. « Pour les indé­pen­dants qui ne peuvent pas béné­fi­cier du chô­mage par­tiel, les orga­nismes sociaux tra­vaillent en ce moment acti­ve­ment pour pro­po­ser des alter­na­tives à très court terme », a pré­cisé Lionel Beffre.

 

Le pré­fet réunira par ailleurs, ce mer­credi 18 mars, le comité d’examen des pro­blèmes de finan­ce­ment des entre­prises (Codefi) afin de faire le point sur ce sujet. Plusieurs sec­teurs en dif­fi­culté ont cepen­dant d’ores et déjà été iden­ti­fiés : les trans­ports, l’é­vé­ne­men­tiel, les voyages, et l’hô­tel­le­rie (cafés-res­tau­rants).

 

 

Pas plus de dix enfants réunis en classe

 

Autre mesure, qui a beau­coup fait par­ler d’elle : les fer­me­tures de tous les lieux d’en­sei­gne­ment. Avec une excep­tion cepen­dant pour les écoles. Celles-ci pour­ront en effet conti­nuer d’ac­cueillir les élèves de parents exer­çant des pro­fes­sions prio­ri­taires, à hau­teur de dix maxi­mum par classe.

 

Quatre caté­go­ries de per­son­nel sont ainsi concer­nées, à savoir ceux tra­vaillant :
• en éta­blis­se­ment de santé ;
• dans des éta­blis­se­ments médico-sociaux (à des­ti­na­tion des per­sonnes âgées dépen­dantes ou han­di­ca­pées) ;
• dans des struc­tures en charge de la ges­tion de la santé publique (type Agence régio­nale de santé) ;

• enfin, les pro­fes­sion­nels de santé libé­raux.

 

 

Des outils en ligne pour assurer les cours à domicile

 

« La conti­nuité péda­go­gique est l’objectif que nous allons tenir tout au long de cette séquence inédite », a assuré Viviane Henry, direc­trice aca­dé­mique des ser­vices de l’Éducation natio­nale (Dasen). « Il s’agit de pré­pa­rer la suite, ras­su­rer orga­ni­ser, bien que tout ne soit pas ter­miné. »

 

Objectif : savoir si chaque famille dis­pose d’une connexion numé­rique pour tra­vailler depuis la mai­son, via des outils dédiés :

 

Pour autant, les familles sans Internet ne sont pas oubliées : « Il y aura un sys­tème de per­ma­nence dans les écoles avec des ren­dus écrits », affirme Viviane Henry. Qui rap­pelle l’exis­tence d’un numéro point écoute crise Covid-19 au 04 76 74 70 01.

 

 

Coronavirus : « Les concitoyens ne doivent pas craindre d’aller voter ! »

 

Parcours adapté, dis­tance d’un mètre à res­pec­ter, mise à dis­po­si­tion de savon et de gel hydro-alcoo­lique, mais aussi pas­sage accé­léré pour les per­sonnes de plus de 70 ans, par défi­ni­tion plus fra­giles. Voilà quelques-unes des mesures à prendre lors des élec­tions muni­ci­pales et qui figurent dans plu­sieurs cir­cu­laires adres­sées à l’en­semble des maires.

 

« Les conci­toyens ne doivent pas craindre d’aller voter ! Tout a été fait pour sécu­ri­ser les bureaux de vote », affirme Lionel Beffre. Qui leur conseille par ailleurs de se munir de leurs propres sty­los et bul­le­tins de vote pour limi­ter au maxi­mum les risques de trans­mis­sion du coro­na­vi­rus.

 

Après avoir rap­pelé les “gestes bar­rière” à appli­quer – se laver très régu­liè­re­ment les mains avec du savon, se tenir à dis­tance, ne pas se ser­rer les mains ou s’embrasser –, le pré­fet a, du reste, sou­li­gné qu’il n’y avait pas lieu de fer­mer les com­merces, à ce stade, et qu’au­cune res­tric­tion ali­men­taire ne s’ap­pli­quait.

 

« Nos conci­toyens doivent faire preuve de civisme et de sang-froid. Je leur demande de ne pas céder à d’éventuels mou­ve­ments de panique et de ne pas se pré­ci­pi­ter dans les com­merces, pour régu­ler la consom­ma­tion ali­men­taire. »

 

Paul Turenne

 

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Commentaires 1
  1. Pourquoi aucun média ne parle t‑il pas de l’ab­sence totale de cam­pagne de dépis­tage depuis 2 mois ?
    Là on est confronté à une épi­dé­mie virale pour laquelle on a ni vac­cin ni cure, donc même situa­tion que par ex. la Guinée ou la RDC avec Ebola ! Low-tech : dépis­tage, pro­phy­laxie, confi­ne­ment ciblé, suivi épi­dé­mio­lo­gique fin (niveau malade indi­vi­duel)… Et ce n’est PAS FAIT !
    La presse va t‑elle se réveiller ?
    https://groupedanalysemetropolitain.com/2020/03/14/macronistan-ue-coronavirus-le-jour-ou-on-fera-le-post-mortem-de-la-gestion-de-cette-crise-sanitaire-certains-risquent-fort-detre-autopsies-vivants/

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