« Derrière la montagne, la face cachée du tableau », une exposition originale du Fonds Glénat

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FOCUS – Pour le cinquantième anniversaire de la célèbre maison d’édition, le Fonds Glénat propose une exposition originale, « Derrière la montagne, la face cachée du tableau ». L’occasion de mêler deux univers chers à la maison Glénat : la montagne et la bande dessinée. 

 

 

Derrière la montagne, la face cachée du tableau au Couvent Sainte-Cécile ©Jean-Marc Blache pour le Fonds Glénat

Derrière la montagne, la face cachée du tableau au Couvent Sainte-Cécile. © Jean-Marc Blache pour le Fonds Glénat

Pour ce 50anniversaire de la maison d’édition grenobloise, le Fonds Glénat a donné carte blanche à vingt-sept dessinateurs. Avec une seule consigne : « interpréter » des tableaux de montagne du XIXsiècle – début XXe siècle, propriétés du fonds ou empruntés au Musée dauphinois, au musée de Chambéry, au Musée alpin ou encore à des collectionneurs privés.

 

Quelle est la face cachée de la montagne représentée par le peintre ? Voilà la question sur laquelle les dessinateurs se sont penchés, offrant un nouveau visage aux peintures des paysages de montagne. Bien sûr, à question vaste, réponses variées. Selon les références, les préoccupations et les fantaisies des dessinateurs, les binômes d’œuvres racontent des histoires amusantes, tendres, tragiques ou engagées. Aperçu.

 

 

Des histoires cocasses

 

L’exposition est née de l’idée saugrenue de sauver une vache promise à une mort certaine. Celle représentée au bord d’un précipice dans La Vache égarée de Gustave Doré, tableau appartenant au Fonds Glénat. Éric Buche a choisi d’héliporter l’animal sur la face cachée de la montagne.

 

Buche-Gustave Doré ©Jean-Marc Blache pour le Fonds Glénat

A droite, La Vache égarée (1852) de Buche-Gustave Doré, et sa face cachée, à gauche, réalisée par Eric Buche. © Jean-Marc Blache pour le Fonds Glénat

 

Autre exemple d’histoire amusante : l’interprétation déroutante de François Boucq du Coucher de soleil sur le mont Blanc de Gabriel Loppé. Se calquant sur les lignes de crêtes de ce tableau, il a imaginé… un encéphalogramme sur bande de papier millimétré. Œuvre qu’il nomme malicieusement « Encéphalogramme d’une plaine apprenant qu’elle allait passer une semaine à la montagne ».

 

Une blague de François Boucq qui n’est pas anodine. Elle rappelle Alphonse Allais et ses amis des « Arts incohérents » qui souhaitaient faire rire les Français grâce à des œuvres absurdes. Exemple ? Un dessin de quelqu’un ne sachant pas dessiner. Les « Arts incohérents » initièrent ainsi à la fin du XIXe siècle le mouvement du Dada.

 

 

La montagne maudite

 

Derrière la montagne, la face cachée du tableau-Kyhn-Miss Prickly ©Jean-Marc Blache pour le Fonds Glénat

Derrière la montagne, la face cachée du tableau-Kyhn-Miss Prickly. © Jean-Marc Blache pour le Fonds Glénat

Mais les histoires en montagne sont souvent tragiques. Comme celle de Miss Prickly qui réinterprète le tableau Le massif du Granier de Vilhelm Kyhn.

 

Ainsi, la dessinatrice s’est-elle souvenue de la nuit du 24 au 25 novembre 1248 durant laquelle la montagne s’était effondrée, provoquant la mort de 5 000 personnes.

 

Elle rompt la vision paisible de Vilhelm Kyhn : une bête abominable, le Diable sans doute, guète la montagne et les hommes osant s’y confronter. Brrrr!

 

« La montagne est magnifique autant qu’elle est cruelle, a expliqué Miss Prickly, présente lors de l’ouverture de l’exposition le 5 décembre dernier. Ayant perdu mon père dans un accident de montagne, cela me tient à cœur de communiquer également sur le côté obscur de la montagne ».

 

 

Yéti, es-tu là ?

 

Keramidas revisite l'oeuvre d’Ernest Hareux pour l'exposition "Derrière la montagne, la face cachée du tableau" organisée par le Fonds Glénat.

Keramidas revisite l’oeuvre d’Ernest Hareux pour l’exposition « Derrière la montagne, la face cachée du tableau » organisée par le Fonds Glénat.

Dans la même veine, Keramidas transforme la saynète d’Ernest Hareux dans laquelle trois alpinistes grimpent une pente raide recouverte de neige épaisse.

 

Absorbés par leur tâche, les trois hommes ne prennent pas le temps de relever la tête. Ils devraient !

 

Car selon Keramidas, de l’autre côté de la pente, un abominable homme des neiges les attend. Le yéti en personne, les yeux rouges semblant scruter les prochaines proies !

 

 

Ainsi rêvait Tarquin

 

Enfin, l’exposition présente des œuvres engagées. Comme celle de Tarquin répondant aux Montagnes autrichiennes de Köhnholz. Dans ce tableau, il voyait la souche d’un arbre et en a fait un rêve : un arbre foudroyé qui explose sous l’effet d’un orage.

 

À l’heure où de gigantesques incendies dévastent une partie de l’Australie, après avoir ravagé la forêt amazonienne, Tarquin semble nous rappeler que la montagne est un Arbre-Monde. Les hommes seront-ils assez fous pour tuer cette arbre qui leur procure la vie ?

 

Aurore Braconnier

 

 

Exposition « Derrière la montagne, la face cachée du tableau »

 

Jusqu’au 14 mars 2020

Du mardi au samedi, de 10 heures à 12 h 30 et de 14 heures à 17 h 30

Au couvent Sainte-Cécile – 37, rue Servan à Grenoble

 

Tarifs :

Entrée : 7 euros

Étudiants : 5 euros

– 13 ans : gratuit

 

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