Jacques Glénat : « Pas question que je prenne ma retraite ! Je reste tant que je m’amuse »

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ENTRETIEN – La maison Glénat, de dimension nationale mais ancrée dans le paysage grenoblois, fête cette année ses 50 ans. L‘occasion pour son fondateur, Jacques Glénat, de revenir sur sa vocation et les heureux hasards qui ont bâti son succès. Cet éditeur passionné livrer sans langue de bois sa vision de l’avenir du secteur de la bande dessinée. Mais aussi celui de “sa maison”, avec le rôle respectif que vont être amenées à jouer ses deux filles.

 

 

Place Gre’net : Vous avez commencé en éditant des fanzines qui se vendaient à quelques dizaines d’exemplaires. L’adolescent que vous étiez en 1969 aurait-il pu imaginer ce à quoi allait ressembler la maison Glénat en 2019 ?

 

Jacques Glénat devant une vitrine de figurines de bande dessinée.

Jacques Glénat devant une vitrine de figurines de bande dessinée. © Diane Hentsch – placegrenet.fr

Jacques Glénat : Bien sûr que je n’imaginais pas ce que ça deviendrait. Comme vous dîtes, j’étais ado, donc pas très… futé [rires]. Moi j’ai fait les choses comme ça, au fur et à mesure, en avançant, comme ça me plaisait et au fil de mes envies. Je ne me suis pas dit « Tiens, on va faire comme ci, comme ça, et avec cette stratégie géniale je vais devenir premier éditeur de France ».

 

Non, ça ne se passe pas comme ça. C’est facile de faire de la stratégie après coup, de dire « oui, j’étais vraiment un grand capitaine d’industrie visionnaire, j’ai fait un truc d’enfer ». Mais ce n’est pas comme ça que ça s’est passé.

 

Concrètement, c’est un métier fait de rencontres : des rencontres avec des auteurs, avec des tas de gens. Et c’est ça qui a créé les envies et les idées. Aussi j’avais en moi, quand même, un petit peu de passion pour la BD, pour la montagne, pour la mer… J’ai estimé que c’étaient les secteurs dans lesquels il fallait qu’on se développe parce qu’ils m’intéressaient plus particulièrement. On n’a jamais fait, chez Glénat, du théâtre ou du scolaire – c’est pas notre truc – parce que ça ne m’intéressait pas.

 

 

La maison n’a donc pas vocation à investir de nouveaux domaines ?

 

Jacques Glénat : On n’est pas un éditeur généraliste. Je dirais qu’on est un éditeur multi-spécialiste. On reste dans nos bases : d’abord la bande dessinée sous toutes ses formes (BD européenne, manga, comics). Puis le monde de la montagne et de la mer, auquel on a ajouté le patrimoine parce qu’on est très sollicités pour faire des tas de livres dans la région. Ainsi que le vin et la gastronomie parce que ça fait aussi partie des choses que j’aime bien. Si on me dit que demain on va se lancer, par exemple, dans le théâtre, je suis totalement incompétent pour faire ça !

 

Jacques Glénat tenant Clos de Bourgogne, une bande dessinée sur le vin.

Jacques Glénat tenant Clos de Bourgogne, une bande dessinée sur le vin. © Diane Hentsch – placegrenet.fr

 

Vous évoquiez à l’instant le manga. Glénat a justement été précurseur dans la découverte des BD japonaises. N’avez-vous pas été le premier éditeur à en importer en France ?

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