Démolition du 10 – 20 galerie de l’Arlequin : les collectivités demandent 90 000 euros aux requérants pour frais de justice

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FIL INFO – Des habitants et militants opposés à la démolition du 10 – 20 galerie de l’Arlequin à la Villeneuve poussent un coup de gueule dans une lettre ouverte adressée le 8 juillet au maire de Grenoble Eric Piolle (EELV), au président de la métropole Christophe Ferrari (ex-PS) et aux autres élus concernés. Motif de leur colère ? Ils accusent la Ville et la Métro de vouloir les museler en leur demandant des frais de justice colossaux.

 

 

Banderole contre les démolitions imposées Galerie de l'Arlequin Villeneuve DR

Banderole contre les démo­li­tions, gale­rie de l’Arlequin, Villeneuve. DR

Suite au dépôt de trois recours contre la démo­li­tion du 10 – 20 gale­rie de l’Arlequin, des habi­tants de la Villeneuve ont appris qu’ils devraient payer, cha­cun, la somme de 2 000 euros pour frais de jus­tice s’ils per­daient leurs deux pre­miers recours. Et ils n’ont pas encore eu de nou­velles des avo­cats de la défense concer­nant le troi­sième recours…

 

Le mon­tant réclamé aux habi­tants s’élève ainsi pour l’heure à 90 000 euros pour ces deux recours. Une somme esti­mée dis­pro­por­tion­née par les requé­rants, au regard des moyens finan­ciers les habi­tants de ce quar­tier popu­laire. Vingt-trois per­sonnes et deux asso­cia­tions sont concer­nées, cer­tains habi­tants étant par ailleurs impli­qués dans plu­sieurs recours.

 

« La plu­part d’entre nous sommes des per­sonnes modestes, habitant.es des quar­tiers popu­laires, loca­taires HLM pour notre immense majo­rité », rap­pellent les auteurs de la lettre ouverte. « Nous n’avons pas les moyens de nous acquit­ter de tels frais de jus­tice, quand bien même notre requête est juste et légi­time », assurent-ils.

 

 

Une justice réservée seulement aux plus riches ?

 

Les mili­tants du quar­tier de la Villeneuve voient dans cette demande une basse manœuvre de la Ville et de la Métropole. Ces der­nières cher­che­raient ainsi, à leurs yeux, ni plus ni moins à les faire taire une fois pour toutes, en fai­sant en sorte, par cette « pres­sion insup­por­table », qu’ils aban­donnent leurs recours contre la démo­li­tion du 10 et du 20 gale­rie de l’Arlequin.

 

Conférence de Presse du Droit au logement dénonçant le protocole de relogement du 10-20 galerie de l'Arlequin de la Villeneuve, que la Ville de Grenoble s'apprête à voter le 14 mai 2018. © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Droit au loge­ment dénon­çant en mai 2018 le pro­to­cole de relo­ge­ment du 10 – 20 gale­rie de l’Arlequin. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

« La somme requise est dix fois plus que n’im­porte quel avo­cat bien payé pour ce genre de dos­sier », s’é­tonne Raphaël, membre du Droit au loge­ment et du Front contre les expul­sions.

 

À ce compte-là, autant dire que la jus­tice est désor­mais réser­vée aux plus riches et que les plus modestes n’ont plus qu’à renon­cer à leurs « droits légi­times de citoyens », s’in­surgent les mili­tants.

 

Grâce à leur lettre ouverte, les mili­tants espèrent convaincre les élus, tant de la Ville que de la Métropole, de recon­si­dé­rer le mon­tant de ces frais de jus­tice. Et le mili­tant du Dal de rap­pe­ler que, lors du recours contre la démo­li­tion du 50 gale­rie de l’Arlequin, les frais de jus­tice deman­dés par la pré­cé­dente équipe muni­ci­pale s’é­le­vaient à 50 euros.

 

SC

 

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Commentaires 1
  1. Impressionnant ces recours qui sont bafoués par une demande finan­cière des élus qui aupa­ra­vant dans l’op­po­si­tion, fai­saient des recours à tout crin.
    La démo­cra­tie gre­no­bloise en panne est à revoir et c’est vrai­ment déplai­sant de taper sur des gens qui se défendent.

    sep article