Nicolas Bay, numéro 7 sur la liste « Prenez le pouvoir ». © Rassemblement national Isère.

Européennes : avec la liste Prenez le pou­voir, le Rassemblement natio­nal isé­rois se sent pous­ser des ailes

Européennes : avec la liste Prenez le pou­voir, le Rassemblement natio­nal isé­rois se sent pous­ser des ailes

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FOCUS – La liste Prenez le pou­voir du Rassemblement natio­nal menée par Jordan Bardella semble avoir le vent en poupe dans la der­nière ligne droite de l’é­lec­tion euro­péenne de ce 26 mai. L’optimisme gagne les rangs du parti de Marine Le Pen qui table, a minima, sur l’é­lec­tion de 23 euro­dé­pu­tés. Enfourchant des che­vaux de bataille désor­mais bien connus, ses mili­tants et res­pon­sables comptent sur leurs nou­veaux « amis euro­péens » pour peser sur les déci­sions de Bruxelles.

Jordan Bardella, tête de liste du Rassemblement national pour les élections européennes. DR

Jordan Bardella, tête de liste du Rassemblement natio­nal pour les élec­tions euro­péennes. DR

« Nous avons mené une cam­pagne pour les élec­tions euro­péennes tout à fait clas­sique, même si les enjeux sont bien évi­dem­ment impor­tants : ren­contres avec les élec­teurs sur les mar­chés, dis­tri­bu­tions de tracts, affi­chage, réseaux sociaux etc. », relate Alexis Jolly,

Le conseiller régio­nal et muni­ci­pal de la ville d’Échirolles est l’un des nom­breux res­pon­sables de cir­cons­crip­tions qui ont ainsi défendu la liste du Rassemblement natio­nal (RN), l’ex-FN, en Isère.

Cette der­nière, nom­mée Prenez le pou­voir, sou­te­nue par Marine Le Pen et menée par Jordan Bardella, com­porte 79 noms de can­di­dats dont cer­tains pour­raient bien deve­nir euro­dé­pu­tés au soir du 26 mai 2019.

« Les gens en ont clai­re­ment raz-le-bol ! »

Pour autant, aucun élu appar­te­nant à la Fédération de l’Isère du RN ne figure sur cette liste natio­nale, pas plus que d’ha­bi­tants du dépar­te­ment. « La com­mis­sion d’in­ves­ti­ture a été sou­cieuse de repré­sen­ter toutes les régions de France. Si l’Isère n’y est pas, Auvergne Rhône Alpes est bien pré­sente, avec quatre can­di­dats », pré­cise l’élu. Qui, sur­fant sur les son­dages, affiche un réel opti­misme quand à l’is­sue du vote européen.

« Ils sont assez repré­sen­ta­tifs de ce qui se passe dans la rue. Les gens en ont clai­re­ment raz-le-bol », ana­lyse Alexis Jolly. Le conseiller régio­nal décrit ainsi « un accueil favo­rable », sor­tant du seul vote d’adhé­sion. Et qui, de plus, émane d’une popu­la­tion qui voit dans le RN « la seule alter­na­tive pos­sible à la poli­tique natio­nale et euro­péenne d’Emmanuel Macron », assure-t-il.

Meeting pour les européennes ce 2 mai à Voiron. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Meeting pour les euro­péennes le 2 mai 2019 à Voiron. À gauche, Alexis Jolly. © Rassemblement natio­nal Isère

« S’ils gagnent ces élec­tions, LREM sera bien évi­dem­ment conso­lidé et ils pour­ront mettre en appli­ca­tion la suite du quin­quen­nat », pré­dit le conseiller muni­ci­pal. Une séquence dont le RN ne veut pas. Ce que reflètent du reste les prin­ci­paux thèmes de la pro­fes­sion de foi extraits du pro­jet du RN pour ces élec­tions européennes.

Mais ne sommes-nous pas là dans des consi­dé­ra­tions franco-fran­çaises débor­dant du cadre des élec­tions euro­péennes ? « Il ne suf­fit pas d’être en tête parce que l’en­jeu serait uni­que­ment euro­péen avec le réveil des peuples. Il s’a­git aussi de sanc­tion­ner la poli­tique natio­nale par un vote RN », rétorque Alexis Jolly.

« Aujourd’hui, nous avons une dizaine d’al­liés en Europe »

Comparer la situa­tion actuelle avec celle pré­va­lant en 2014, lors des élec­tions euro­péennes, serait faire fausse route, estime l’élu. Ne serait-ce qu’à tra­vers la volte-face – remar­quée – sur la volonté du parti de Marine Le Pen de sor­tir de l’Europe. « La situa­tion a changé. Nous étions alors seuls. Aujourd’hui, nous avons une dizaine d’al­liés qui sont au pou­voir ou en bonne place en Europe », jus­ti­fie Alexis Jolly. Notamment en Espagne, Finlande, Belgique, Autriche et en Pologne peut-être, énumère-t-il.

« Nous ne sommes plus iso­lés. Et ce contrai­re­ment à Emmanuel Macron qui se fâche avec tous les pays euro­péens et ses diri­geants. Pour quel­qu’un qui repré­sente le “nou­veau monde”, c’est assez contra­dic­toire ! », tacle l’élu.

Nicolas Bay, numéro 7 sur la liste « Prenez le pouvoir ». © Rassemblement national Isère.

Nicolas Bay, numéro 7 sur la liste « Prenez le pou­voir ». © Rassemblement natio­nal Isère.

« Quand je vois Raffarin sou­te­nir la liste LREM, et qu’on res­sort toutes les vieilles gloires de la poli­tique fran­çaise, on est loin de la renais­sance de l’Europe que tous ont à la bouche ! », assène-t-il. « Nous avons une vision plus posi­tive, jeune et dyna­mique avec nos alliés euro­péens. Ça va se tra­duire au niveau natio­nal et nous por­ter en tête des élec­tions », s’en­flamme Alexis Jolly.

L’objectif ? Peser beau­coup plus lar­ge­ment dans le futur groupe du Parlement euro­péen, au sein duquel le RN ambi­tionne de deve­nir la deuxième ou troi­sième force poli­tique. « Et peut-être même avoir des com­mis­saires pour inter­ve­nir dans la mise en appli­ca­tion des direc­tives euro­péennes », se prend à espé­rer l’élu. « Si nous arri­vons pre­miers à 24 ou 25 % des voix, nous pou­vons tabler sur 23 dépu­tés euro­péens au mini­mum », pro­nos­tique Alexis Jolly.

« Il ne s’a­git pas de construire des murs ou de poser des bar­be­lés »

Auquel cas, quelles vont être les prio­ri­tés du RN et de ses alliés ? « L’intégralité de nos par­te­naires euro­péens et de nos élec­teurs seront d’ac­cord pour retrou­ver leur sou­ve­rai­neté ter­ri­to­riale », assure Alexis Jolly. Soit, et sans sur­prise, reve­nir sur l’es­pace Schengen et à la maî­trise des fron­tières natio­nales. « L’immigration de masse coûte cher à tous les bud­gets des États et crée une concur­rence avec les Français pour l’ob­ten­tion d’un loge­ment ou d’un emploi », affirme l’élu.

Manifestation pour « un accueil digne et soli­daire ». DR

« Il ne s’a­git pas de construire des murs ou de poser des bar­be­lés, ça c’est la cari­ca­ture. C’est dimi­nuer dras­ti­que­ment le droit d’a­sile et le nombre de migrants accueillis, comme l’a fait en Italie Matteo Salvini », expose le conseiller municipal.

« Nous avons neuf mil­lions de pauvres, des gens qui sont mal logés. Nous sou­hai­tons don­ner la prio­rité à ceux qui sont les nôtres », affirme-t-il.

L’occasion de rebon­dir sur les gilets jaunes. « Le pro­gramme de Marine Le Pen en 2017 conte­nait déjà l’en­semble de leurs reven­di­ca­tions. Ils nous sou­tiennent », explique Alexis Jolly. De quoi confor­ter, estime l’élu, cette idée de repré­sen­ta­ti­vité du peuple fran­çais qu’in­carne le RN. « Ils se tour­naient déjà vers nous et ils conti­nuent de le faire. »

Une Europe des coopé­ra­tions via des accords multilatéraux

« Ça fait trente ou qua­rante ans qu’on nous vend une Europe qui serait pro­tec­trice et serait la garan­tie d’un ave­nir meilleur. On s’a­per­çoit fina­le­ment qu’elle a failli en tout ! », déplore Alexis Jolly. De quelle Europe rêve donc le RN ? D’une Europe tota­le­ment dif­fé­rente, « qui ne déci­de­rait pas à la place des peuples ». Car, explique l’élu régio­nal, « les Français doivent savoir que la plu­part des textes de loi appli­qués en France sont des demandes des com­mis­saires euro­péens ! » Lesquels n’ont par ailleurs par été choi­sis, ni élus, tient-il aussi à souligner.

Des militants en campagne. © Rassemblement national Isère.

Militants en cam­pagne. © Rassemblement natio­nal Isère.

Le RN veut « une Europe des coopé­ra­tions » – telle celle d’Airbus – entre cer­tains pays unis via des accords mul­ti­la­té­raux pour la réa­li­sa­tion de grands pro­jets. Ou encore une Europe sans « avoir sous la gorge le cou­teau des 3 % de défi­cit », impo­sés par Bruxelles où « les citoyens ne seraient pas fon­dus dans le magma mondialiste ».

« Chaque pays euro­péen doit défendre sa culture, sa langue, ses racines pro­fondes que sont celles de l’hé­ri­tage gréco-romain et de la chré­tienté. » Une prio­rité, selon le mili­tant, mais aussi la condi­tion sine qua non « pour pou­voir ima­gi­ner l’a­ve­nir ».

Joël Kermabon

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