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Des acti­vistes et un jour­na­liste en garde à vue après la « réqui­si­tion » du por­trait d’Emmanuel Macron à Poisat

Des acti­vistes et un jour­na­liste en garde à vue après la « réqui­si­tion » du por­trait d’Emmanuel Macron à Poisat

FOCUS – Des acti­vistes d’ANV-Cop21 se sont ras­sem­blés devant la gen­dar­me­rie d’Eybens, ce mer­credi 10 avril. En cause ? La convo­ca­tion de dix d’entre eux suite au décro­chage du por­trait d’Emmanuel Macron le 3 avril der­nier en mai­rie de Poisat. Placés en garde à vue, ils seront convo­qués le 7 mai devant le TGI en vue d’un rap­pel à la loi.

Suite au décrochage du portrait d'Emmanuel Macron, des activistes ont été convoqués à la gendarmerie d'Eybens. © Joël Kermabon - Place Gre'net

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« Si nous sommes là aujourd’­hui c’est pour répondre de nos actes. Nous avons réqui­si­tionné ou sou­te­nons ceux qui ont réqui­si­tionné le por­trait de Macron le 3 avril à Poisat. » Ce mer­credi 10 avril en début de mati­née, une acti­viste d’ANV-Cop21 lit un texte à haute voix devant les grilles du por­tail de la caserne de gen­dar­me­rie d’Eybens.

Derrière elle, une dizaine d’autres acti­vistes et quelques sym­pa­thi­sants bran­dissent des ban­de­roles ou tiennent, ser­rées contre leurs poi­trines, des pan­cartes. Tous sont là pour sou­te­nir six d’entre eux répon­dant à une convo­ca­tion des gen­darmes d’Eybens. En cause ? La plainte dépo­sée par Ludovic Bustos, le maire de Poisat, pour vol en réunion. En com­plé­ment, une sep­tième convo­ca­tion devait se dérou­ler dans l’après-midi.

Pour les acti­vistes c’est une réqui­si­tion, pas un vol 

Des activistes devant la gendarmerie d'Eybens après la convocation de dix d'entre eux suite au décrochage du portrait d'Emmanuel Macron.© Joël Kermabon - Place Gre'net

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La rai­son de ces pour­suites ? L’action de déso­béis­sance civile du mer­credi 3 avril, durant laquelle les mili­tants ont décro­ché le por­trait d’Emmanuel Macron dans la salle du conseil muni­ci­pal de la commune.

Une opé­ra­tion nom­mée « Sortons Macron » ayant pour objec­tif de réqui­si­tion­ner le por­trait pré­si­den­tiel. Et de ne le rendre que si le gou­ver­ne­ment tient ses enga­ge­ments en faveur du cli­mat. « C’est une réqui­si­tion, pas un vol », sou­lignent pour leur défense les acti­vistes. Qu’à cela ne tienne, les auto­ri­tés sont d’un tout autre avis. Pour elles, il ne s’a­git ni plus, ni moins que d’un vol en réunion.

Gardes à vue, per­qui­si­tions et convo­ca­tions pour un rap­pel à la loi

Depuis l’é­va­po­ra­tion du por­trait, dix per­sonnes dont un jour­na­liste [cf. enca­dré] ont été pla­cées en garde à vue. Et la plu­part de leurs domi­ciles ont fait l’ob­jet de per­qui­si­tions. Le but de ces visites à domi­cile ? Bien sûr ten­ter de retrou­ver la photo dans son cadre, mais aussi col­lec­ter tout autre élé­ment pro­bant pour l’en­quête. À l’is­sue d’une garde à vue de près de quatre heures, les gen­darmes ont relâ­ché les acti­vistes et le jour­na­liste. La suite ? Une convo­ca­tion ce 7 mai devant le tri­bu­nal de grande ins­tance (TGI) qui devrait leur signi­fier un simple rap­pel à la loi.

Des activistes rassemblés devant la gendarmerie d'Eybens après la convocation de dix d'entre eux suite au décrochage du portrait d'Emmanuel Macron.© Joël Kermabon - Place Gre'net

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Toujours est-il qu’il en fal­lait plus pour décou­ra­ger les mili­tants pour le cli­mat. « Nous, nous res­tons déter­mi­nés. Les réqui­si­tions n[e] [s”]arrêteront pas, mal­gré la répres­sion déme­su­rée qu’a pro­vo­quée cette action », assure Marie Cesaroni d’ANV-Cop21. L’activiste l’af­firme, les mili­tants pour le cli­mat n’ont pas peur des pour­suites. « Ce qui nous fait peur c’est que rien ne soit fait et que les condi­tions de vie sur Terre soient mena­cées », lance-t-elle, dépitée.

Depuis le 21 février, les acti­vistes ont ainsi réqui­si­tionné 32 por­traits dans toute la France. Face à cela « [nous subis­sons] une répres­sion forte et dérai­son­nable, sem­blable à celle mise en place face aux mou­ve­ments sociaux actuels », estiment les acti­vistes, qui n’ont pas man­qué de tacler le gou­ver­ne­ment. « Trente-deux por­traits, vingt-six per­qui­si­tions et vingt per­sonnes en pro­cès… Mais tou­jours pas d’ac­tion pour le cli­mat… », déplorent-ils.

Joël Kermabon

Stephan Pull, jour­na­liste : « Je ne com­prends pas pour­quoi je suis là, je n’ai rien volé »

« Ma convo­ca­tion fait suite à l’é­vé­ne­ment de Poisat, nous confie Stephan Pull, jour­na­liste indé­pen­dant. Je ne sais pas com­ment ils [les gen­darmes, ndlr] ont su que j’é­tais jour­na­liste ». Ce der­nier, titu­laire de la carte de presse, dit ne pas faire par­tie des acti­vistes poursuivis.

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Préparation des pan­cartes. © Joël Kermabon – Place Gre’net

Ce pro­fes­sion­nel, qui a tra­vaillé durant trente ans dans le ser­vice public à France Télévision dont vingt-cinq ans pour Thalassa, se sent plei­ne­ment jour­na­liste. « Je pro­duis une infor­ma­tion qui est certes dif­fé­rente des autres médias mais je pro­fite de ma liberté pour trai­ter des sujets qui m’in­té­ressent vrai­ment », explique-t-il.

« Je suis à la fois jour­na­liste et mili­tant parce que je tra­vaille pour des causes qui me semblent utiles », nous pré­cise Stephan Pull, tout en indi­quant qu’il donne « des coups de main à plein d’as­so­cia­tions qui ont besoin d’images ».

« Ils ont fait une per­qui­si­tion à mon domicile »

Ce jour­na­liste che­vronné n’a pas bien com­pris ce qui lui arri­vait. « Je ne com­prends pas pour­quoi je suis là, je n’ai rien volé. J’ai juste fait des images d’une action qui se dérou­lait. J’ai fait mon métier de jour­na­liste indé­pen­dant », a‑t-il objecté aux gen­darmes lors de sa garde à vue. En l’oc­cur­rence, réa­li­ser des séquences des­ti­nées à d’autres médias qui en auraient mani­festé le besoin.

Les activistes pénètrent dans la gendarmerie pour leur garde à vue. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Les acti­vistes pénètrent dans la gen­dar­me­rie pour leur garde à vue. © Joël Kermabon – Place Gre’net

« Durant la garde à vue, les gen­darmes ont été très aimables et com­pré­hen­sifs sur la cause », relate Stephan Pull. Quoi qu’il en soit, cela ne les a nul­le­ment empê­chés de signa­ler que ça res­tait un vol. « Ils ont fait une per­qui­si­tion à mon domi­cile », pour­suit le jour­na­liste free lance, lui aussi convo­qué le 7 mai devant le TGI pour un rap­pel à la loi.

JK

Joël Kermabon

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