Piscine, école, hôpital… À Grenoble, des militantes revendiquent plus de droits pour les femmes voilées

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DÉCRYPTAGE – Une quarantaine de femmes voilées et non voilées ainsi qu’une poignée d’hommes et quelques enfants ont couru, ensemble, en chantant, ce samedi 6 avril dans le centre-ville de Grenoble. Leurs revendications ? Que les femmes musulmanes soient autorisées à porter le voile, en particulier dans les piscines municipales, les

salles de sport, mais aussi à l’hôpital ou encore pour accompagner leurs enfants lors de sorties scolaires. Si les textes réglementaires sont pour la plupart édictés au niveau national, la pression monte sur les élus locaux…

 

 

"Course pour la dignité" organisée par l'Alliance citoyenne, samedi 5 avril 2019. Des femmes voilées et non voilées ont couru pour défendre leur liberté de porter le voile. © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

« Course pour la liberté » orga­ni­sée par l’Alliance citoyenne, samedi 5 avril 2019. Des femmes voi­lées et non voi­lées ont couru pour deman­der « leur liberté de por­ter le voile ». © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Elles se sentent mises au ban de la société fran­çaise, et entendent donc en chan­ger les règles. Pour aler­ter l’o­pi­nion publique et inter­pel­ler les élus, des femmes voi­lées ont ainsi décidé de cou­rir en groupe accom­pa­gnées de sou­tiens.

 

Munies de pan­cartes reven­di­ca­tives, elles se sont donné ren­dez-vous ce samedi 6 avril devant la fon­taine du Lion et du Serpent place de la Cymaise, à Grenoble. Après avoir revêtu des tee-shirts bleus aux cou­leurs de l’Alliance citoyenne, quelques adhé­rentes étant à l’o­ri­gine de la course, le groupe a par­couru la ville en cou­rant, à vélo, ou en trot­ti­nette.

 

L’association, née à Grenoble, orga­nise ainsi régu­liè­re­ment des évé­ne­ments pour inter­pel­ler les acteurs poli­tiques et le grand public sur des situa­tions jugées anor­males et injustes. Elle s’est notam­ment fait remar­quer par des opé­ra­tions choc pour récla­mer des tra­vaux dans les loge­ments sociaux.

 

 

« Nous voulons faire du sport, nous voulons avoir accès au bien-être ! »

 

Impliquées dans l’or­ga­ni­sa­tion de l’é­vé­ne­ment, Assia, Grenobloise de 44 ans, et Leila, Martinéroise de 42 ans, sont toutes deux voi­lées et coachs spor­tives. Elles aspirent à une société plus tolé­rante vis-à-vis du voile. « Les femmes voi­lées sont refou­lées à l’entrée des salles de sport. Nous n’avons pas accès aux pis­cines [cf. enca­dré] », regrettent-elles.

 

« Le maillot de bain cou­vrant, que ce soit pour se bai­gner ou accom­pa­gner un enfant est tou­jours pros­crit. Nous vou­lons faire du sport, nous vou­lons avoir accès au bien-être ! C’est indigne d’un pays où les femmes sont sup­po­sées vivre libre­ment. »

 

"Course pour la dignité" organisée par l'Alliance citoyenne, samedi 5 avril 2019. Des femmes voilées et non voilées ont couru pour défendre leur liberté de porter le voile. © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

© Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Ces inter­dits ves­ti­men­taires ont beau être moti­vés par des rai­sons d’hygiène et de sécu­rité, Assia et Leila ne veulent pas l’en­tendre. Surtout, les deux femmes voi­lées ne consi­dèrent ces jus­ti­fi­ca­tions ni sin­cères, ni sérieuses.

 

Et de s’empresser d’ap­por­ter leurs argu­ments : « À Paris, cer­taines salles acceptent bien le port du voile. Si on se sen­tait en dan­ger, pen­sez-vous que nous por­te­rions un voile en fai­sant du sport ? La com­bi­nai­son des femmes musul­manes pour la pis­cine est par­fai­te­ment hygié­nique, pas moins que ne l’est une com­bi­nai­son de plon­gée. On ne se balade pas avec un bur­kini toute la jour­née ! »

 

 

« On touche pas à mon hijab »

 

La course de ces femmes voi­lées, pour la plu­part habi­tantes de Grenoble, de Saint-Martin-d’Hères et d’Échirolles, veut aussi faire écho aux « courses pour la dignité » qui se sont tenues en mars der­nier dans dif­fé­rentes villes en France. Des courses orga­ni­sées suite au retrait par Décathlon de son hijab de run­ning. L’enseigne avait en effet fait marche arrière, suite au tollé généré par le nou­vel article à la vente.

 

"Course pour la dignité" organisée par l'Alliance citoyenne, samedi 5 avril 2019. Des femmes voilées et non voilées ont couru pour défendre leur liberté de porter le voile. © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

© Séverine Cattiaux – Place Gre’net

« À cause de tous ces fachos, fus­tige Taous, l’une des meneuses de la course, Décathlon a retiré ce vête­ment des­tiné aux femmes musul­manes… Cette actua­lité a été la goutte qui a fait débor­der le vase, et nous a pous­sées à faire cette course. » Histoire de bien affi­cher sa citoyen­neté fran­çaise, Taous porte, pour l’occasion, un voile auréolé d’une cou­ronne de fleurs bleu, blanc, rouge.

 

« On est là pour défendre nos droits de citoyennes fran­çaises, assène-t-elle, pour dire stop à l’is­la­mo­pho­bie, à l’exclusion des femmes musul­manes des acti­vi­tés spor­tives, de la pos­si­bi­lité d’ac­com­pa­gner son enfant lors de sor­ties sco­laires, d’al­ler voir un méde­cin sans être dis­cri­mi­née [elles demandent notam­ment à pou­voir être exclu­si­ve­ment exa­mi­nées par des femmes méde­cins, ndlr], etc.», déroule-t-elle. « On touche pas à mon hijab » lance-t-elle pour finir.

 

Musulmane voi­lée elle-aussi, Cosette 48 ans est venue cou­rir, en famille, avec ses deux filles non voi­lées, qui la sou­tiennent néan­moins. « On nous met constam­ment en marge de la société », accuse cette femme dési­reuse que les regards changent sur les femmes voi­lées. L’Alliance citoyenne pointe ainsi du doigt « les espaces où on [les] dévi­sage : centre de santé, uni­ver­sité, CAF, pôle emploi… »

 

Récemment encore, Cosette affirme avoir été vio­lem­ment invec­ti­vée dans la rue du fait de son voile. Le ton est monté et « des ouvriers sont venus mettre fin à l’altercation que je n’avais pas pro­vo­quée ! » Sa fille, Assia, 19 ans, fait réfé­rence à ses cours d’Éducation civique pour plai­der la cause de sa mère : « J’ai appris à l’école que la liberté s’arrête où com­mence celle des autres. En quoi por­ter un voile enfreint la liberté des autres ? »

 

 

« On courra […] pour les femmes et leur honneur »

 

"Course pour la dignité" organisée par l'Alliance citoyenne, samedi 5 avril 2019. Des femmes voilées et non voilées ont couru pour défendre leur liberté de porter le voile. © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

© Séverine Cattiaux – Place Gre’net

En cours de route, les mili­tants se sont octroyé quelques pauses, afin de dis­tri­buer des tracts et de pous­ser la chan­son­nette, notam­ment avec cette ritour­nelle reprise en chœur : « On courra, même si les racistes ne veulent pas. Nous, on courra. Pour les femmes et leur hon­neur, et pour un monde meilleur, nous, on courra. »

 

Bien en vue des pro­me­neurs du samedi, rue Félix-Poulat, les orga­ni­sa­trices ont pris le micro pour rap­pe­ler les enjeux de leur mani­fes­ta­tion. Force est de consta­ter que leur mes­sage a sus­cité peu de ques­tion­ne­ments de la part des per­sonnes croi­sées et aucune réac­tion hos­tile.

 

"Course pour la dignité" organisée par l'Alliance citoyenne, samedi 5 avril 2019. Des femmes voilées et non voilées ont couru pour défendre leur liberté de porter le voile. © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

© Séverine Cattiaux – Place Gre’net

La plu­part des badauds se sont ainsi conten­tés de prendre le tract tendu et de pas­ser leur che­min ou d’é­cou­ter silen­cieu­se­ment les prises de paroles.

 

Assises sur un banc au Jardin de ville, deux jeunes filles non voi­lées ont décou­vert le tract et observé la course. Elles semblent approu­ver la démarche : « Elles ont rai­son. On ne parle pas assez de ces pro­blèmes de dis­cri­mi­na­tion. »

 

Un avis tou­te­fois loin d’être par­tagé par l’en­semble des inter­nautes qui ont com­menté l’événement sur les réseaux sociaux quelques heures plus tard. 

 

 

Les opposants réagissent en commentaire sur Facebook

 

Frédéric Vergez se dit ainsi opposé « aux dérives com­mu­nau­ta­ristes ». Et enfonce le clou : « La liberté l’é­ga­lité et la laï­cité sont des prin­cipes qui ne s’ac­com­modent pas de telles pra­tiques. » Dans la même veine, Catherine Simone Sicler cite l’ar­ticle pre­mier de la consti­tu­tion de 1958 : la France est une République indi­vi­sible, laïque, démo­cra­tique et sociale. Elle assure l’é­ga­lité devant la loi de tous les citoyens sans dis­tinc­tion d’o­ri­gine, de race ou de reli­gion. Et elle res­pecte toutes les croyances. « Vous le lisez comme moi, non ? », lance-t-elle.

 

Commentaires désapprouvant l'action pro-voile à Grenoble. (capture d'écran sur la page Facebook de Place Gre'net le 9 avril 2019). DR

Commentaires désap­prou­vant l’ac­tion pro-voile à Grenoble. (cap­ture d’é­cran sur la page Facebook de Place Gre’net le 9 avril 2019). DR

De son côté, Myriam Martin-Arrête iro­nise : « Vivement les manifs devant les pis­cines pour sépa­rer les hommes, des femmes. »

 

Une autre inter­naute, se décla­rant proche des idées d’Élisabeth Badinter, « ne [peut] cau­tion­ner cette mode récente du port du fou­lard ». Car, indique-t-elle, « l’i­dée de cacher son corps au regard concu­pis­cent des hommes est régres­sive ».

 

Georgia Caprio affirme, quant à elle, voir dans le voile une atteinte à la liberté de la femme, un sym­bole de sou­mis­sion qui démontre une appar­te­nance reli­gieuse, ce qui est déran­geant. « Vous par­lez liberté moi je réponds laï­cité. Quand j’al­lais à l’é­cole, nous n’a­vions pas le droit de por­ter une chaîne avec la Vierge ou le Crucifix, alors que l’on por­tait les chaînes de façon à ne pas les mon­trer. On sui­vait les ordres. C’est tout »

 

« J’aimerais que toutes ces dames qui vivent dans un pays de liberté mani­festent aussi pour toutes celles qui se battent pour avoir la liberté de NE PAS mettre de voile dans les pays où on le leur impose !!, affirme enfin Vincent Dezelle. Chiche ! Vous nous faites une petite manif là-des­sus la semaine pro­chaine ? »

 

Autant de cri­tiques que ces musul­manes balayent d’un revers de la main. « Certains croient que, parce que nous sommes voi­lées, nous ne pen­sons pas par nous-mêmes, réprouvent les deux coachs spor­tives. Nous avons un cer­veau sous notre voile, raillent-elles. Et nous récla­mons d’être libres de vivre notre vie. »

 

 

« On se baignera, en combi ou en maillot, même si Piolle ne le veut pas… »

 

Ces femmes voi­lées entendent à pré­sent mettre la pres­sion sur les élus des com­munes de l’ag­glo­mé­ra­tion gre­no­bloise. La balle est dans leur camp, affirment-elles. Concrètement, le groupe demande à ces élus de faire évo­luer le règle­ment des pis­cines pour auto­ri­ser le port du bur­kini. Mais le com­bat s’an­nonce dif­fi­cile, aux dires de Taous.

 

"Course pour la dignité" organisée par l'Alliance citoyenne, samedi 5 avril 2019. Des femmes voilées et non voilées ont couru pour défendre leur liberté de porter le voile. © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

© Séverine Cattiaux – Place Gre’net

« À l’ap­proche des élec­tions, les élus d’Échirolles et de Grenoble ne veulent pas s’engager. » Du reste, à Grenoble, l’équipe muni­ci­pale a déjà clos de débat, suite à une ren­contre en sep­tembre der­nier avec l’Alliance citoyenne. Les mili­tantes venues avec une péti­tion signée par plus de cinq cents per­sonnes deman­daient l’ac­cès aux pis­cines pour les femmes voi­lées, rap­porte Léa Galloy, de l’Alliance citoyenne.

 

« Quand ils [quelques élus de la majo­rité muni­ci­pale, ndlr] nous ont reçus, ils nous ont pro­mis qu’ils chan­ge­raient le règle­ment inté­rieur pour 2019. Quarante-huit heures plus tard, ils avaient changé d’avis, expli­quant que tous les élus n[“étaient] pas d’accord. »

 

Les cou­reuses comptent bien orga­ni­ser d’autres évé­ne­ments et hap­pe­nings du même aca­bit pour ten­ter d’ob­te­nir gain de cause. En atten­dant, avant d’aller prendre le pot de l’a­mi­tié devant la tour Perret, elles ont poussé une der­nière fois la chan­son­nette… dédi­ca­cée cette fois. « On se bai­gnera, en combi ou en maillot, même si Piolle ne le veut pas, nous, on se bai­gnera. »

 

Séverine Cattiaux

 

 

 

DISCRIMINATION, ISLAMOPHOBIE… CE QUE DIT LA LOI

Hijab, niqab, burqa… de quoi parle-t-on ?

 

Le terme hijab désigne le voile isla­mique le plus répandu, qui couvre tête et che­veux mais pas le visage. A contra­rio, le niqab masque l’in­té­gra­lité du corps, visage inclus à l’ex­cep­tion des yeux. Il est porté majo­ri­tai­re­ment par les pra­ti­quants d’un islam rigo­riste. Enfin, la burqa, ren­due célèbre par les tali­bans en Afghanistan, couvre l’in­té­gra­lité du corps de la femme, y com­pris le visage avec un voile ou une grille de tissu au niveau des yeux.

 

 

Pas de voile intégral dans les lieux publics

 

Femmes voilées. © Elodie Rummelhard - placegrenet.fr

Femmes voi­lées. © Elodie Rummelhard – placegrenet.fr

En France, le port du voile inté­gral (niqab et burqa) est inter­dit dans tous les lieux publics depuis la loi du 11 octobre 2010 : rue, com­merces, hôpi­taux, admi­nis­tra­tions etc, sous peine de 150 euros d’a­mende. Validé par le Conseil consti­tu­tion­nel en 2010, puis par la Cour euro­péenne des droits de l’Homme (CEDH) en 2014, ce texte de loi ne fait pas men­tion du voile isla­mique. Il dis­pose ainsi que « Nul ne peut, dans l’es­pace public, por­ter une tenue des­ti­née à dis­si­mu­ler son visage », ces pra­tiques pou­vant « consti­tuer un dan­ger pour la sécu­rité publique et [mécon­nais­sant] les exi­gences mini­males de la vie en société ».

 

 

Pas de signes religieux dans les écoles publiques

 

Cours d'éducation musulmane - capture d'une vidéo publiée sur la page Facebook du Groupe Scolaire Elhachemi.

Le voile est en revanche accepté dans cer­taines écoles pri­vées. © Page Facebook du groupe sco­laire Elhachemi.

Que dit la loi concer­nant la pos­si­bi­lité d’ac­com­pa­gner les enfants lors de sor­ties sco­laires ? S’il est auto­risé dans l’es­pace public en France, le hijab est pro­hibé dans les écoles, col­lèges et lycées publics, depuis la loi du 15 mars 2004 enca­drant, en appli­ca­tion du prin­cipe de laï­cité, le port de signes ou de tenues mani­fes­tant une appar­te­nance reli­gieuse dans les éta­blis­se­ments sco­laires publics. Tous les signes reli­gieux osten­sibles y sont ainsi pros­crits, comme la kippa, les grandes croix chré­tiennes ou bien le das­tar, tur­ban porté par la com­mu­nauté sikh.

 

 

Le burkini, interdit dans presque toutes les piscines municipales

 

Quid du port du bur­kini ? Ce maillot de bain pour femme cou­vrant le torse, ainsi qu’une par­tie des membres et de la tête est inter­dit dans qua­si­ment toutes les pis­cines muni­ci­pales, offi­ciel­le­ment pour des rai­sons d’hy­giène. Seule la Ville de Rennes l’a auto­risé. Interpellé le 11 octobre 2018 par Stéphane Ravier, député RN des Bouches-du-Rhône, sur son inten­tion ou non d’in­ter­dire le bur­kini dans tous les lieux publics, le gou­ver­ne­ment d’Édouard Philippe n’a pour l’heure tou­jours pas répondu…

 

 

Hôpital public : obligation de neutralité pour le personnel

 

Tous les usa­gers « ont droit au res­pect de leurs croyances et doivent être mis en mesure de par­ti­ci­per à l’exer­cice de leur culte, sous réserve des contraintes décou­lant du bon fonc­tion­ne­ment du ser­vice et des impé­ra­tifs d’ordre public, de sécu­rité, de santé et d’hy­giène », est-il sou­li­gné dans un guide édité par L’Observatoire de la laï­cité.

 

Concernant l’a­li­men­ta­tion, « les éta­blis­se­ments de santé s’ef­forcent dans la mesure du pos­sible de trou­ver des alter­na­tives à la nour­ri­ture que ne consom­me­raient pas cer­tains patients », mais « cette pos­si­bi­lité peut être limi­tée par des pré­co­ni­sa­tions de l’é­quipe soi­gnante pour le bon fonc­tion­ne­ment du ser­vice ».

 

Enfin, en dehors des cas d’ur­gence seule­ment, le patient peut « choi­sir libre­ment son pra­ti­cien, son éta­blis­se­ment et éven­tuel­le­ment son ser­vice », mais le fait qu’il s’op­pose « à ce qu’un membre de l’é­quipe médi­cale pro­cède à des soins, pour des motifs tirés de la reli­gion connue ou sup­po­sée de ce der­nier » serait « un grave cas de dis­cri­mi­na­tion, qui ne peut être admis ».

 

 

Peut-on parler de discrimination et d’islamophobie ?

 

Discrimination : « Fait de dis­tin­guer et de trai­ter dif­fé­rem­ment (le plus sou­vent plus mal) quel­qu’un ou un groupe par rap­port au reste de la col­lec­ti­vité ou par rap­port à une autre per­sonne » (Larousse)

 

Islamophobie : « Hostilité envers l’is­lam, les musul­mans. » (Larousse)

 

Dans les cas où la loi s’ap­plique à tous, sans cibler spé­ci­fi­que­ment les pra­ti­quants musul­mans ou les femmes voi­lées, il n’est donc pas pos­sible de par­ler de dis­cri­mi­na­tion ni d’is­la­mo­pho­bie.

 

MB

 

 

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Commentaires 18
  1. sep article
  2. Et puis quoi encore ! La République a eu le cou­rage, au début su siècle der­nier, d’affronter l’église catho­lique lorsque celle-ci pré­ten­dait régir la société civile, ce n’est pas pour céder aujourd’hui devant un com­mu­nau­ta­risme obs­cu­ran­tiste, qui d’ailleurs tient plus de la pos­ture poli­tique que de la croyance reli­gieuse.

    je fais tout à fait mien ce com­men­taire de D Guiguet sur Fcbk

    sep article
  3. Pardon d’intervenir, mais en quoi cela est-il contraire à la laï­cité de per­mettre à des femmes qui portent le voiles d’ac­cé­der à la pis­cine muni­ci­pale ou leur per­mettre de s’habiller dans un lieu public avec un hijab de run­ning ?

    La laï­cité c’est le prin­cipe de neu­tra­lité de l’Etat dans les affaires reli­gieuses.
    Un fonc­tion­naire d’Etat, de la ter­ri­to­riale ou des hôpi­taux, ne peut mani­fes­ter ses opi­nions reli­gieuses ET ne peut dis­cri­mi­ner ou limi­ter l’accès aux usa­gers à un ser­vice public en fonc­tion de leur(s) opinion(s) religieuse(s).

    Pas plus.

    Donc, léga­le­ment, ces femmes peuvent deman­der à accé­der à la pis­cine en bur­kini, tant que cela ne trouble pas l’organisation du ser­vice public (hygiène, sécu­rité). Simplement, le gui­che­tier ne pourra pas, lui, por­ter un bur­kini.
    Idem, un hijab de run­ning, dans un espace public -> c’est légal.

    Cela n’enfreint en rien le prin­cipe de laï­cité.

    Ensuite par­don, mais…

    Moralement, en quoi cela vous gêne de vous bai­gner à côté d’une femme en bur­kini ou de croi­ser dans la rue une femme qui court avec un hijab ?
    Personnellement, tant qu’on me demande pas d’en mettre un, j’en ai vrai­ment rien à fouttre ; cha­cun vit bien sa vie comme il l’entend, de la même manière que per­sonne vient me faire ch… quand je veux mener ma vie comme je l’entends.

    L’Homme est le lieu de tous les pos­sibles, après tout…

    sep article
    • Parce que vous y voyez de la reli­gion ? Je n’y vois que de l’is­la­misme poli­tique.

      sep article
      • marre de toutes ces [modé­ra­tion : pro­pos insul­tants] voi­lees qu elles retournent donc vivre en [idem] jamais elles ne seront fran­çaises, ce ne sont comme leurs bar­bus que des para­sites avec leurs sma­las ; du balai rosa­lie ça suf­fit

        sep article
    • Cher Nicolas,
      La laï­cité de l’Etat, c’est dans les deux sens ! En effet, si l’Etat doit faire preuve de neu­tra­lité reli­gieuse, le prin­cipe de laï­cité implique que per­sonne ne peut impo­ser ses croyances à l’Etat et ses ser­vices publics et par voie de consé­quence à l’en­semble des citoyens ! Car der­rière, se pose la ques­tion de liberté de conscience, celle-ci consti­tuant la rai­son d’être de la laï­cité ! Ainsi, à tra­vers la ques­tion du voile, on peut se deman­der où s’ar­rê­te­ront les reli­gieux : le voile à l’é­cole ? Les mêmes demandent déjà l’a­bro­ga­tion de la loi de 2004. Ne pas se faire soi­gner par un pra­ti­cien du sexe opposé ? Ces demandes ont déjà cours à l’hô­pi­tal public. Même l’exemple de la pis­cine est dis­cu­table, car il est sujet à des dif­fi­cul­tés d’in­ter­pré­ta­tion, d’ap­pli­ca­tion et, en pra­tique, à contes­ta­tion : par exemple, l’été der­nier dans la pis­cine d’une copro­priété sur mon lieu de vacances, une femme voi­lée se trem­pait les jambes en “leg­ging” et le bout de son voile trem­pait éga­le­ment dans l’eau. Or, un leg­ging n’est pas un maillot de bain, mais aussi un vête­ment de ville dif­fi­ci­le­ment dis­tin­guable d’une com­bi­nai­son. D’ailleurs, cette dame a été vue en ville avec ce vête­ment avant et après l’é­pi­sode de la pis­cine. Or, mal­gré le rap­pel au règle­ment du sur­veillant de bai­gnade (maillot obli­ga­toire), elle a fait com­prendre qu’elle n’en avait rien à faire et qu’elle ferait comme elle vou­drait ! Exactement les pro­pos de cer­taines inter­ve­nantes de l’ar­ticle de Place Grenet, ces pro­pos illus­trant un refus de res­pec­ter la règle com­mune ! C’est cela, la citoyen­neté ? On peut ima­gi­ner la foire que ça va être dans les pis­cines gre­no­bloises lorsque ces cas se mul­ti­plie­ront, déjà qu’ils sont obli­gés d’embaucher des agents de sécu car des gens ne savent pas se tenir !
      Par ailleurs, le titre de l’ar­ticle de Place Grenet en dit long sur les reven­di­ca­tions de ces femmes (et hommes!): elles veulent « plus de droits ». Mais en ont-elles moins que les autres ? Non : elles en ont autant, ni plus, ni moins ! Elles et ils tentent de faire croire que la France les oppres­se­rait parce que musul­mans, en s’é­ri­geant en mino­rité sup­po­sé­ment dotée de moins de droits que les autres ! C’est pour­tant grâce à la laï­cité, et parce qu’elles ont les mêmes droits que les autres, qu’elles peuvent tout à fait cou­rir voi­lées sur l’es­pace public ! Il en serait autre­ment si la France était une théo­cra­tie per­sé­cu­tant les fidèles de reli­gions dites mino­ri­taires ! Contrairement à ce que cer­tains laissent entendre, la laï­cité n’op­presse pas, elle libère et per­met l’é­ga­lité devant la loi !
      Par ailleurs, sur le plan phi­lo­so­phique et poli­tique, je trouve que vous faîtes preuve d’une cer­taine naï­veté : en effet le voile, sur­tout dans ses ver­sions les plus cou­vrantes, consti­tue un sym­bole reli­gieux ; comme tout sym­bole, il est por­teur d’un mes­sage s’a­dres­sant à tous. Et quel est ce mes­sage ? L’idée que la femme doit être pro­té­gée du regard mal­sain des hommes. A ce titre, ce sym­bole reli­gieux ne concerne pas uni­que­ment celle qui le porte, mais s’a­dresse à tous les hommes, les trans­for­mant en des êtres non civi­li­sés car voyant les femmes comme de simples proies ; et il essen­tia­lise toutes les femmes en les rédui­sant à l’é­tat d’ob­jet sexuel devant être caché du regard des hommes réduits à l’é­tat de per­vers. Par consé­quent, le voile me concerne et ques­tionne la société tout entière, car au delà d’un simple vête­ment que les femmes peuvent por­ter libre­ment sauf res­tric­tion liée à l’ordre public, ce sym­bole me concerne en tant qu’­homme, citoyen, époux et père de plu­sieurs filles. En effet, dans cer­tains quar­tiers des filles sont déjà sou­mises à une pres­sion énorme de leur entou­rage ! Dans cer­tains pays beau­coup moins tolé­rants que le nôtre, le voile est une obli­ga­tion, et non une liberté ! Ainsi, rendre ser­vice à nos filles et aux femmes en géné­ral consis­te­rait à ne pas consi­dé­rer le voile comme étant un ins­tru­ment ano­din, mais aussi comme un outil de pro­pa­gande de l’is­lam poli­tique : preuve en est que cette ques­tion est pri­mor­diale chez les isla­mistes ! Également, il convien­drait de ne pas tom­ber dans le rela­ti­visme cultu­rel en pen­sant que tout se vaut et que la liberté reli­gieuse devrait pri­mer sur les autres liber­tés : car j’en reviens à la liberté de conscience consub­stan­tielle au prin­cipe de laï­cité : lorsque des reli­gieux imposent leurs vues à l’Etat, ils les imposent à tous : et après le voile à l’é­cole ou à la pis­cine, les reven­di­ca­tions por­te­ront sur la non-mixité, les salles de prières, etc. Puis les autres reli­gionq s’y met­tront. Chaque com­mu­nauté récla­mera ses pri­vi­lèges par­ti­cu­liers et c’en sera fini de l’é­ga­lité répu­bli­caine, avec des consé­quences peu maî­tri­sables.

      sep article
    • Le voile ne me gène pas,à condi­tion qu’il ne soit pas ins­tru­men­ta­lisé
      pour exi­ger des tas d’a­van­tages que la République n’a pas à don­ner.
      Ce que je ne peux pas com­prendre, c’est l’ac­cep­ta­tion de la poly­ga­mie
      pour cer­taines familles,selon leurs orien­ta­tions reli­gieuses et le condam­ner
      pour d’autres .J’avoue ne pas com­prendre les contra­dic­tions mal­saines de
      notre mal­heu­reuse République .Un droit en démo­cra­tie, doit être accordé
      à tous , ou être inter­dit à tous ‚cela per­met­trait à notre pays d’a­mé­lio­rer
      son indice de démo­cra­tie et de ne pas nous traî­ner der­rière la Corée,l’Estonie
      et le Cap Vert
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Indice_de_d%C3%A9mocratie

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  4. Je n’ai pas le droit de me bai­gner nu, alors pour­quoi se bai­gne­raient-elles voi­lées??? Voilà où nous mènent les reven­di­ca­tions caté­go­rielles de celles et ceux qui refusent de res­pec­ter la règle com­mune ! Si ces femmes estiment que la France n’est pas un pays libre, qu’elles aillent cher­cher la liberté dans un grand pays démo­cra­tique pétri de tolé­rance tel que l’Iran ou l’Arabie Saoudite ! En France, il fau­drait leur rap­pe­ler qu’elles ont le droit de tout faire à éga­lité avec leurs conci­toyennes, à condi­tion d’ô­ter leur sym­bole reli­gieux ! Voilà une quin­zaine d’an­nées, aucune jeune magh­ré­bine n’é­tait voi­lée et cela ne posait aucun souci ; il serait bon de leur rafraî­chir un peu la mémoire ! Et que les vrais into­lé­rants que sont les isla­mistes n’aillent pas crier au racisme ou à l”  »isla­mo­pho­bie » (mot, et non un délit, inventé par les isla­mistes du CCIF, organe de pro­pa­gande des Frères musul­mans), alors qu’ils ont eux-mêmes pour ambi­tion de géné­ra­li­ser un sym­bole sexiste et dis­cri­mi­na­toire à l’é­gard des femmes !

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  5. Toutes les Femmes en France sont libre d’ac­cé­der à toutes les acti­vi­tés qu’elles dési­rent, en res­pec­tant la laï­cité et sans contraindre les autres à accep­ter où à se sou­mettre à leur refus de s’y confor­mer. Respect des lois et de la laï­cité pour toutes et tous, c’est pour­tant simple.

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  7. Vote de l’in­ter­dic­tion des signes reli­gieux dans les écoles en février 2004 : 494 voix pour, 36 contre, 31 abs­ten­tions. Selon ces mani­fes­tantes, ça fait 494 fachos.

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  8. A bon enten­deur. M E Piolle sera ravi de les sou­te­nir, his­toire d’emmerder (dans son esprit) les « hommes blancs pres­sés »

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  9. Il n’y a aucune dis­cri­mi­na­tion sauf que des femmes se dis­cri­minent toute seules en por­tant un voile.
    La reli­gion, quelle qu’elle soit, est affaire pri­vée, doit res­ter pri­vée et n’a pas à s’é­ta­ler.
    Les femmes musul­manes non voi­lées res­pectent autant la reli­gion que les voi­lées. Elles tra­vaillent, font du sport, accom­pagnent les enfants. Alors, femmes voi­lées, libé­rez vous et res­pec­tez les non musul­mans que vous gênez en mon­trant osten­si­ble­ment votre reli­gio­sité.

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