FOCUS – Pour sa deuxième saison installée au théâtre Prémol, à Grenoble, le Centre des Arts du récit déploie, de septembre 2026 à mai 2027, une programmation de 23 rendez-vous, dont treize spectacles. Cette nouvelle saison accorde une large place à la musique, mais aussi aux récits d’émancipation et aux voix féminines. Avec, en toile de fond, une ambition : (re)faire de Prémol un véritable lieu de création, avant les 40 ans du Festival des Arts du récit, en mai.
« La musique, c’est quand même le langage universel par excellence. » Pour Stéphène Jourdain, directrice du centre des Arts du récit, cette conviction constitue l’un des fils conducteurs de la saison 2026-2027 de cette scène conventionnée d’intérêt national dédiée aux arts de la parole, de l’oralité et du conte contemporain.
Une saison, présentée jeudi 17 septembre au théâtre Prémol, où les histoires seront racontées, mais aussi chantées, scandées, rappées, accompagnées d’instruments ou portées par l’improvisation.
L’orientation sera perceptible dès le lancement de saison, vendredi 16 et samedi 17 octobre. Avec d’abord Chut·e !, de Barbara Glet et Louis Galliot, une création jeune public où Zacharie et Manelle, frère et sœur jumeaux et orphelins, partent à la recherche de leurs « parents-oiseaux ». Une quête servie par une scénographie mêlant instruments mécaniques et illustrations.
Le lendemain, changement de registre avec Mon Mec veut devenir rappeur, d’Adèle Zouane. Entre souvenirs intimes, tentatives musicales et apartés philosophiques, la comédienne brosse le portrait d’un artiste en devenir, mais aussi celui d’une femme qui s’interroge sur la manière d’aimer et d’accompagner les rêves de l’autre. La soirée se prolongera par un DJ set.
La musique comme « langage à part entière »
Ce dialogue entre récit et musique traversera largement la saison : sept des spectacles programmés sont en effet musicaux, entre rap, rock, hip-hop, chanson, rock-jazz et musiques improvisées. Une présence que Stéphène Jourdain ne réduit pas à un simple accompagnement.
« Elle fait partie de la dramaturgie, c’est un langage à part entière », explique-t-elle à ce propos, expliquant que la musique apparaît tantôt comme une forme artistique associée au récit, tantôt comme un élément qui participe directement à sa construction.
Ainsi, le 28 janvier, Fils du Hip Hop, de David Farjon et DJ Low-Cut, entremêlera histoire personnelle et histoire d’un mouvement culturel. Aux platines, les compositions de DJ Low-Cut dialogueront avec le récit de David Farjon, qui proposera dans le même temps une forme d’anthologie du hip-hop.

Avec Le fils du hip-hop, David Farjon proposera une forme d’anthologie de ce mouvement culturel. © Jérémie Gaston-Raoul
Autre rencontre, autre univers le 25 mars, avec la première de Crocodile, réunissant la chanteuse éthiopienne Etenesh Wassie et la conteuse Myriam Pellicane. Dans une atmosphère inspirée des azmaribèts, cabarets traditionnels éthiopiens, les improvisations musicales rebondiront sur les chants de l’une et les paroles de l’autre. Une rencontre qui illustre aussi, pour Stéphène Jourdain, la possibilité de « créer un nouveau langage » lorsque les mots eux-mêmes ne suffisent plus à assurer la compréhension.
Le Centre revendique ainsi des formes contemporaines où le récit dialogue avec l’autofiction et le documentaire, auxquelles viennent cette saison se mêler de nombreux univers musicaux. Une manière de montrer que l’oralité ne se résume pas au conteur seul face à son auditoire.
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