FIL INFO Hôtel de Ville de Grenoble Crédit Joël Kermabon

Grand débat national : Grenoble fait le service minimum

Grand débat national : Grenoble fait le service minimum

FIL INFO – La Ville de Grenoble contribuera, a minima, au grand débat national voulu par Emmanuel Macron. Mise à disposition jusqu’au 15 mars de « cahiers de doléances et de solutions » et de salles municipales pour les organisateurs de débat… Inutile de s’impliquer davantage dans cette aventure vouée à l’échec. Telle semble être l’analyse des élus de la majorité Rassemblement citoyen solidaire écologiste (RCSE).

 

 

© Jérémie Le Colleter - Place Gre'net

© Jérémie Le Colleter – Place Gre’net

En réponse à la crise des gilets jaunes, le grand débat national à l’initiative de l’État vient de démarrer.

 

Son objectif ? Permettre aux citoyens de s’exprimer durant trois mois sur la transition écologique, la fiscalité et les services publics, l’évolution du débat démocratique ou encore l’immigration. Tous les acteurs locaux, en particulier les maires des communes, sont invités à y participer.

 

La mairie de Grenoble a, de son côté, fait savoir dans un communiqué qu’elle entendait faciliter les débats mais qu’elle n’en organiserait pas de son propre chef. Par contre, les collectifs et associations pourront s’adresser à la Ville pour bénéficier de salles municipales prêtées gracieusement, « dans le respect de leur disponibilité ».

 

Les Grenoblois pourront également s’emparer des « cahiers de doléance et de solution » que la mairie met à leur disposition à l’hôtel de ville et dans les maisons des habitants. Les citoyens ont par ailleurs la possibilité de déposer leurs contributions en ligne, sur la plateforme numérique dédiée, à compter du 21 janvier.

 

 

La neutralité du débat en question

 

Pour Pascal Clouaire, adjoint à la démocratie locale de Grenoble, le grand débat national ne respecte pas les principes fondamentaux du débat public.Lancement de la semaine de vote pour le budget participatif 2017 du 10 au 14 octobre en présence du maire Eric Piolle, de Pascal Clouaire, de Thierry Chastagner et de Sonia Yassia © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Pascal Clouaire, adjoint à la démocratie locale, et Eric Piolle, maire de Grenoble. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Destiné à renouer la confiance avec une large part de la population, notamment constituée des gilets jaunes, très à cran et remontée contre les injustices sociales et fiscales, ce grand débat va-t-il seulement faire bouger les lignes ?

 

Rien n’est moins sûr, redoute Pascal Clouaire, adjoint à la démocratie locale. L’élu dénonce en effet l’organisation bancale de ce grand débat, dont la neutralité est sujette à caution.

 

« Le retrait de la CNDP [commission nationale du débat public, ndlr] n’est pas un bon signe : il interroge la neutralité du débat », commente l’adjoint, qui plus est membre du CNDP.

 

 

Leçon de démocratie participative de Pascal Clouaire… à Emmanuel Macron

 

Par ailleurs, alors que la grande concertation est lancée, les « principes fondamentaux » auxquels doit se conformer tout débat public ne sont pas réunis, pointe l’adjoint. Manquent ainsi à l’appel les garanties de « transparence » d’ « accès aux informations », d’ « égalité de traitement » et d’ « égalité d’accès au débat ».

 

Pascal Clouaire reçoit le Trophée Participation © Ville de Grenoble

Pascal Clouaire a reçu le Trophée participation en 2018. © Ville de Grenoble

Le gouvernement n’a, selon Pascal Clouaire, même pas pris soin de clarifier, dès le lancement du débat, comment seront traitées les contributions et ce qu’il fera des conclusions. Grossière erreur, juge-t-il.

 

La Ville de Grenoble en sait quelque chose pour s’en être mordu les doigts, déclare, entre les lignes, Pascal Clouaire.

 

« C’est d’ailleurs dans le respect de ces valeurs que la Ville a construit son guide de la participation citoyenne », lance l’adjoint, donnant ainsi au passage une leçon de démocratie participative à Emmanuel Macron.

 

 

« L’acte 1 d’un processus constituant » ?

 

En revanche, les élus de la majorité de la Ville de Grenoble sont persuadés d’une chose. Ce grand débat national très mal engagé ne pourrait être au mieux que « l’acte 1 d’un processus constituant ». Mais pas sûr que le gouvernement l’ait, lui, envisagé de la sorte… Car l’adjoint à la démocratie locale prévient : « Au-delà de la crise sociale en cours, notre pays fait face à une vraie crise de régime. »

 

SC

 

Gardez un œil sur l'actu ! 👋

Les récap‘ actu de la grande région grenobloise deux fois par semaine. 👉
Gratuit et sans engagement !

Vous pouvez vous désinscrire à tout instant d'un simple clic.

Séverine Cattiaux

Auteur

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.

A lire aussi sur Place Gre'net

Près de 300 lycéens rassemblés devant le rectorat de Grenoble en attendant le retour d'une délégation reçue par le recteur. © Joël Kermabon - Place Gre'net
Les espoirs douchés des lycéens face au rectorat de Grenoble : «Beaucoup de discussions, mais rien de concret »

REPORTAGE - Malgré la fermeture de 29 lycées décidée par la préfecture de l’Isère, plusieurs centaines de lycéens se sont retrouvés vendredi 2 octobre 2026 Lire plus

Incidents devant le lycée Emmanuel-Mounier de Genoble le 1er octobre 2026. © Joël Kermabon - Place Gre'net
Mouvement des lycéens : face aux violences et aux dégâts, les réactions politiques et syndicales divergent en Isère

FOCUS - Après quatre journées de mobilisation lycéenne en Isère, marquées jeudi 1er octobre par de nombreux incidents et dégradations, les réactions politiques et syndicales Lire plus

Altercation entre LFI et policiers municipaux à Grenoble : le groupe d'opposition de droite dépose plainte pour « délit d'entrave »
Altercation entre LFI et policiers municipaux à Grenoble : le groupe d’opposition de droite dépose plainte pour « délit d’entrave »

FOCUS - Le groupe d'opposition de droite et du centre Réconcilier Grenoble annonce déposer plainte pour « délit d'entrave » contre les élus LFI. En Lire plus

Le réseau de transports de Grenoble à l'arrêt pour la journée du vendredi 2 octobre face aux manifestations des lycéens
Le réseau de transports de Grenoble encore à l’arrêt le vendredi 2 octobre en raison du mouvement des lycéens

FOCUS - Aucun tramway et peu de bus circuleront sur le réseau de transports en commun de l'agglomération grenobloise le vendredi 2 octobre 2026, du Lire plus

Blocus du lycée Champollion lors de la quatrième journée de mobilisation des lycéens. © Joël Kermabon - Place Gre'net
Lycées incendiés, bus caillassé, tirs de mortiers… La mobilisation lycéenne à Grenoble débordée par les violences

REPORTAGE – Pour la quatrième journée consécutive, la mobilisation lycéenne s’est poursuivie et étendue, jeudi 1er octobre 2026, à Grenoble et dans plusieurs villes de Lire plus

Les policiers municipaux de Grenoble avaient-ils le droit de refuser l'accès des élus Insoumis à la séance du conseil municipal ?
Les policiers municipaux de Grenoble avaient-ils le droit de refuser l’accès des élus insoumis à la séance du conseil municipal ?

DÉCRYPTAGE - Sur quelles bases les policiers municipaux ont-il empêché le groupe de La France insoumise d'entrer dans la séance du conseil municipal de Grenoble, Lire plus

Flash Info

|

30/09

10h54

|

|

28/09

19h21

|

|

26/09

23h48

|

|

25/09

15h20

|

|

22/09

20h17

|

|

22/09

12h48

|

|

22/09

12h29

|

|

15/09

16h14

|

|

14/09

23h32

|

|

08/09

15h50

|

Les plus lus

A écouter| Chronique Place Gre’net – RCF : Altercation à Grenoble entre élus insoumis et policiers municipaux

A écouter| Chronique Place Gre’net – RCF : Un nouveau chapitre à écrire pour la Cité du Rabot à Grenoble

Politique| Les policiers municipaux de Grenoble avaient-ils le droit de refuser l’accès des élus insoumis à la séance du conseil municipal ?

Agenda

Je partage !