Démolitions de 475 nouveaux logements à la Villeneuve d’ici 2025 ? Ensemble à Gauche demande au maire de Grenoble de clarifier sa position

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EN BREF – Lors du conseil municipal, ce lundi 5 novembre, le groupe d’opposition Ensemble à Gauche reviendra une nouvelle fois sur le projet de renouvellement urbain de la Villeneuve de 2018 – 2025. En début de séance, lors d’une question orale, le groupe demandera au maire écologiste Eric Piolle de déclarer s’il compte « solennellement » empêcher ou non les démolitions probables du 10, du 60 sud, du 90, du 110 et du 120 galerie de l’Arlequin. Soit près de 475 logements, ainsi que des services publics dont la bibliothèque de l’Arlequin.

 

 

Partie centrale de la galerie de l'Arlequin, réhabilitée ou démolie après 2021 © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Partie cen­trale de la gale­rie de l’Arlequin réha­bi­li­tée ou démo­lie après 2021. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Les démo­li­tions des immeubles 10,  60 Sud, 90, 110 et 120 de la gale­rie de l’Arlequin du quar­tier Villeneuve de Grenoble ne sont pas d’ac­tua­lité, tout du moins pas encore.

 

Le sort de ces immeubles et des locaux des ser­vices publics situés au 90 (Le Patio, la biblio­thèque Arlequin…) sera redis­cuté en 2021.

 

Ainsi en a décidé le comité d’en­ga­ge­ment de l’Agence natio­nale pour la réno­va­tion urbaine (Anru) dans son avis rendu en juillet der­nier.

 

Or, dans le même docu­ment révélé par Le Crieur de La Villeneuve, le comité chiffre le coût de la démo­li­tion de ces immeubles, sans envi­sa­ger le chif­frage de la réha­bi­li­ta­tion.

 

Ce docu­ment, qui n’au­rait visi­ble­ment pas dû tom­ber dans les mains des habi­tants a sou­levé l’in­di­gna­tion des loca­taires et des usa­gers des ser­vices publics concer­nés, ainsi qu’a for­tiori des mili­tants contre les démo­li­tions, de Droit au loge­ment (Dal), du Collectif contre les démo­li­tions impo­sées et de l’as­so­cia­tion des Résidents du 10 – 20 de la gale­rie de l’Arlequin. Le Parti socia­liste s’est aussi fendu d’un tract.

 

André Béranger, militant du collectif contre les démolitions imposées, lors de la réunion publique sur le thème du nouveau projet de renouvellement urbain à la Villeneuve, samedi 20 octobre 2018, salle 150 © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

André Béranger, mili­tant du col­lec­tif contre les démo­li­tions impo­sées, lors de la réunion publique sur le thème du nou­veau pro­jet de renou­vel­le­ment urbain à la Villeneuve, samedi 20 octobre 2018, salle 150. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

 

Quid de l’a­vis du maire éco­lo­giste qui a son mot à dire au comité d’en­ga­ge­ment de l’Anru ? Défendra-t-il bec et ongles le pro­jet de réha­bi­li­ta­tion de ces loge­ments, le moment voulu ?

 

 

Sacrifier des immeubles pour contenter « l’Ogre Anru »

 

Certes la majo­rité du Rassemblement citoyen soli­daire et éco­lo­giste (RCSE) a mani­festé à plu­sieurs reprises son sou­hait de réha­bi­li­ter le plus pos­sible à la Villeneuve et de démo­lir le moins pos­sible…

 

Guy Tuscher et Bernadette Richard-Finot, conseillers municipaux de l'opposition du groupe Ensemble à Gauche, samedi 3 novembre 2018 © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Guy Tuscher et Bernadette Richard-Finot, conseillers muni­ci­paux de l’op­po­si­tion du groupe Ensemble à gauche, samedi 3 novembre 2018. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Seulement, plu­sieurs faits et épi­sodes du feuille­ton de la concer­ta­tion autour du renou­vel­le­ment urbain ont nourri la défiance à l’en­contre de la majo­rité RCSE d’un cer­tain nombre habi­tants et mili­tants de la Villeneuve, ainsi que du groupe d’op­po­si­tion Ensemble à gauche.

 

« Au cours d’une réunion, la Ville a annoncé que le 90 allait être détruit. Six mois plus tard, il ne l’é­tait plus », rap­pelle ainsi Guy Tuscher. Voilà que l’é­pée de Damoclès resur­git au des­sus du 90.

 

Malgré les enga­ge­ments de la majo­rité de cocons­truire avec les habi­tants et la mobi­li­sa­tion sans relâche de ces der­niers, sou­te­nus par des mili­tants, contre la démo­li­tion du 20, le maire “sacri­fie” pré­ci­sé­ment cet immeuble pour conten­ter « l’Ogre Anru », comme l’ap­pelle Ensemble à gauche.

 

Rassemblement des militants contre les démolitions à la Villeneuve, de l'association des résidents du 10/20 Galerie de l'Arlequin, et du Droit au logement (DAL) 38, lundi 6 novembre 2017, devant la mairie de Grenoble. © Séverine Cattiaux - Placegrenet.fr

Rassemblement des mili­tants contre les démo­li­tions à la Villeneuve, de l’as­so­cia­tion des rési­dents du 10 – 20 Galerie de l’Arlequin et du Dal 38, lundi 6 novembre 2017, devant la mai­rie de Grenoble. © Séverine Cattiaux – Placegrenet.fr

Tout en dénon­çant le pro­to­cole de relo­ge­ment, les habi­tants croyaient l’im­meuble 10 sorti d’af­faire…

 

La vic­toire aura été de courte durée car le comité d’en­ga­ge­ment, lui, n’en­tend pas sou­te­nir finan­ciè­re­ment cette réha­bi­li­ta­tion.

 

Et d’a­jou­ter le 10 à la liste des immeubles sus­cep­tibles d’être livrés aux bull­do­zers à comp­ter de 2021.

 

« Qu’est-ce que le maire va vrai­ment défendre auprès de l’Anru en 2021 ? On en arrive à avoir des doutes », ponc­tue Guy Tuscher.

 

 

Le sort des immeubles suspendu à l’évolution du quartier

 

Ajouté à cela, le manque de trans­pa­rence de la majo­rité incite, qui plus est, à la soup­çon­ner de cacher ses véri­tables inten­tions. À plu­sieurs reprises, le groupe Ensemble à gauche a réclamé, tant au maire de Grenoble qu’au pré­sident de la Métropole Christophe Ferrari, de pou­voir consul­ter les élé­ments pré­sen­tés, en juillet, lors du comité d’en­ga­ge­ment.

 

Guy Tuscher et Bernadette Richard-Finot, conseillers municipaux de l'opposition du groupe Ensemble à Gauche, samedi 3 novembre 2018 © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Guy Tuscher et Bernadette Richard-Finot, conseillers muni­ci­paux de l’op­po­si­tion du groupe Ensemble à Gauche, samedi 3 novembre 2018. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Bien que les déci­deurs aient publi­que­ment affirmé le contraire, ledit docu­ment de pré­sen­ta­tion n’a jamais été trans­mis à Ensemble à gauche.

 

Venus à la réunion du samedi 20 octobre, les loca­taires concer­nés auraient sans doute appré­cié entendre le maire Eric Piolle assu­rer son enga­ge­ment à se battre pour les réha­bi­li­ta­tions du 10, le 60 Sud, le 90, le 110 et 120. Il n’en a rien été.

 

Le maire s’est retran­ché der­rière la pro­po­si­tion du comité d’en­ga­ge­ment, lequel convient de se déci­der en 2021 à la lumière de l’é­vo­lu­tion du quar­tier. Et Eric Piolle d’ex­hor­ter les habi­tants à par­ti­ci­per au chan­ge­ment posi­tif de la Villeneuve pour qu’il n’y ait pas de futures démo­li­tions.

 

« Trois ans pour chan­ger un quar­tier, cela risque de faire juste, redoute Bernadette Richard-Finot, qui forme avec Guy Tuscher le binôme d’Ensemble à gauche. Et quels sont ces cri­tères d’é­va­lua­tion ? Le bruit dans les cour­sives, le grand ban­di­tisme ? », iro­nise-t-elle.

 

 

Une question orale… et un débat si besoin 

 

Si le maire se dérobe à la ques­tion orale, Ensemble à gauche exi­gera, cette fois, de pou­voir enta­mer un débat au sein du conseil muni­ci­pal. Le règle­ment inté­rieur ne le pré­voit pas mais la juris­pru­dence, qui pré­vaut sur le règle­ment, le per­met. Le pre­mier magis­trat ne peut donc pas léga­le­ment inter­dire un débat qui fait suite à une ques­tion orale.

 

Séverine Cattiaux

 

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Commentaires 1
  1. Les caille­rats de ces loge­ments, il les logera ou le laxiste #Piolle ? Ah mais oui, en plein Grenoble dans les nou­veaux pro­grammes ou à Hoche ou à l’é­co­cité ( sur­tout citée sans espaces verts ni par­kings) de la pres­qu’île.

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