L’ancienne discothèque Drac ouest laissera bientôt la place à 79 logements à Fontaine

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FOCUS – L’ancienne discothèque située au cœur du réaménagement de l’îlot Drac ouest préfigurant le projet métropolitain des Portes du Vercors est en cours de réhabilitation. L’aménagement de cet îlot prévoit un premier programme sur le neuf, avec 74 logements répartis sur quatre bâtiments, tandis que le deuxième porte sur la réhabilitation de la ferme de l’Abbaye avec cinq logements de caractère. Une opération complexe en forme de défi dont les prémices auront duré près de six ans.

 

 

La ferme de l'Abbaye ex-discothèque du Drac Ouest en cours de réhabilitation. © Joël Kermabon - Place Gre'net

La ferme de l’Abbaye ex-dis­co­thèque du Drac Ouest en cours de réha­bi­li­ta­tion. © Joël Kermabon – Place Gre’net

Quel noc­tam­bule de l’ag­glo­mé­ra­tion gre­no­bloise ne se sou­vient pas de la boîte de nuit du Drac ouest où beau­coup d’entre eux ont échoué un soir ou un autre pour aller jus­qu’au bout de la nuit ?

 

Cette dis­co­thèque, sans nul doute le plus gros com­plexe fes­tif de la métro­pole, traî­nait aussi dans son sillage une répu­ta­tion plus que sul­fu­reuse jus­qu’à ce qu’elle ferme défi­ni­ti­ve­ment en 2011.

 

Les squats s’y sont ensuite suc­cédé, ponc­tués par trois incen­dies en 2011, 2012 et 2013, dont les deux pre­miers ont sérieu­se­ment endom­magé la ferme de l’Abbaye, l’autre nom de ce bâti­ment.

 

 

Une nouvelle vie pour l’ancienne discothèque

 

L’histoire aurait pu en res­ter là, d’au­tant qu’un arrêté de péril pesait sur la ferme de l’Abbaye. Pour autant, la bâtisse recèle d’in­con­tes­tables atouts patri­mo­niaux, tels ses fenêtres à meneaux, son esca­lier à vis et ses che­mi­nées monu­men­tales.

 

A l'intérieur du bâtiment des cheminées monumentales. © Joël Kermabon - Place Gre'net

A l’in­té­rieur du bâti­ment, des che­mi­nées monu­men­tales. © Joël Kermabon – Place Gre’net

Autant de par­ti­cu­la­ri­tés archi­tec­tu­rales qui laissent à pen­ser qu’elle date­rait du XIVe ou XVe siècle, sans que son âge ait été clai­re­ment éta­bli.

 

S’est dès lors posée aux élus fon­tai­nois la ques­tion de lui don­ner la chance d’une nou­velle vie avec la conser­va­tion du bâti­ment prin­ci­pal dont la Métropole, Isère amé­na­ge­ment – Elegia et la ville de Fontaine ont étu­dié la fai­sa­bi­lité.

 

 

« Créer un jardin comme un décor naturel mettant en valeur la bâtisse »

 

Des solu­tions ont donc été tra­vaillées avec le pro­mo­teur, l’architecte des bâti­ments de France et les ser­vices du Département pour sau­ver une par­tie du bâti­ment et l’intégrer dans un contexte plus glo­bal. Celui du réamé­na­ge­ment de l’îlot Drac ouest, situé entre le parc de La Poya et la rue de l’Abbaye.

 

L’opération com­pren­dra 74 loge­ments répar­tis sur quatre bâti­ments neufs et cinq autres dans la ferme de l’Abbaye. Cette der­nière, une fois res­tau­rée et « remise en scène », en consti­tuera le cœur « comme pour lui ser­vir d’écrin ». Une manière, selon l’a­mé­na­geur, de mêler har­mo­nieu­se­ment un élé­ment du patri­moine cher aux Fontainois avec des construc­tions contem­po­raines.

 

Le tout s’in­té­grant au sein d’un pro­jet d’ensemble « dont la com­po­si­tion urbaine, archi­tec­tu­rale et pay­sa­gère vise à assu­rer un rôle de tran­si­tion entre le pro­jet urbain de la Zac Portes du Vercors et le Parc de la Poya », explique Isère amé­na­ge­ment – Elegia, le conces­sion­naire de l’o­pé­ra­tion.

 

Plan de masse du projet Îlot Drac ouest. © AKTIS Architecture & Urbanisme, tous droits réservés

Plan de masse du pro­jet Îlot Drac ouest. © Aktis Architecture & Urbanisme, tous droits réser­vés

 

L’idée géné­rale ? « Créer un jar­din comme un décor natu­rel met­tant en valeur la bâtisse ». Mais pas seule­ment. « Le parti pris archi­tec­tu­ral est de retrou­ver le carac­tère et l’élégance ini­tiale de la ferme de l’Abbaye en l’adaptant à sa nou­velle fonc­tion d’immeuble de loge­ments et en lui insuf­flant une touche contem­po­raine qui lui per­met­tra d’ouvrir une nou­velle page de son his­toire », s’en­flamme le conces­sion­naire.

 

Pour autant, tout cela n’a pas été un long fleuve tran­quille, loin de là. C’est du moins le constat de Jean-Paul Trovero, le maire de Fontaine, qui retrace la genèse de l’o­pé­ra­tion.

 

 

 

 

« C’était un vrai défi pour l’entreprise qui a accepté de rénover le bâtiment »

 

« Pour ce bâti­ment, nous avons ima­giné toutes sortes de pro­grammes pos­sibles, notam­ment des acti­vi­tés com­mer­ciales, mais nous avons tout de suite arrêté. Il ne pou­vait pas être trans­formé en éta­blis­se­ment rece­vant du public parce qu’il aurait fallu le mettre inté­gra­le­ment aux normes sis­miques et ça ne mar­chait pas », explique Laurent Gaillard, archi­tecte urba­niste et cogé­rant du cabi­net Aktis archi­tec­ture. Ne res­tait donc plus que la pos­si­bi­lité de le trans­for­mer en loge­ments.

 

Vue d'architecte sur les futurs logements neufs de l'îlot. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Vue d’ar­chi­tecte sur les futurs loge­ments neufs de l’î­lot. © Joël Kermabon – Place Gre’net

Là aussi, cela s’est avéré com­pli­qué, se sou­vient l’ar­chi­tecte. Il aura fallu attendre près de six ans pour qu’en­fin une entre­prise spé­cia­li­sée dans la réno­va­tion du patri­moine, Singer BTP, ne relève enfin le gant.

 

« C’était un vrai défi pour l’en­tre­prise qui a accepté de réno­ver le bâti­ment, quand on sait qu’il n’y a que cinq loge­ments à la clé pour un coût de réha­bi­li­ta­tion colos­sal », recon­naît Laurent Gaillard.

 

L’autre dif­fi­culté du pro­jet a été d’in­té­grer le bâti­ment dans un contexte de construc­tions neuves. « Nous ne pou­vions pas déca­ler les deux chan­tiers et com­men­cer le chan­tier du neuf avec la ruine non sta­bi­li­sée ou livrer des bâti­ments dans l’an­cien avec un chan­tier pour le neuf autour », explique l’ar­chi­tecte. « Mais, fina­le­ment, les choses se coor­donnent bien et tout sera livré en même temps », assure-t-il.

 

 

« Les habitants qui vivront ici auront une qualité de vie incroyable »

 

Si, pour Jean-Paul Trovéro, porté vers l’a­ve­nir, l’îlot Drac ouest « pré­fi­gure les Portes du Vercors qui attendent de l’autre côté de l’avenue », Christophe Ferrari, le pré­sident de Grenoble-Alpes Métropole, convoque un court ins­tant le passé.

 

Au premier plan de gauche à droite : Christophe Ferrari, président de la Métropole et Jean-Paul Trovéro, maiure de Fontaine. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Au pre­mier plan de gauche à droite : Christophe Ferrari, pré­sident de la Métropole, et Jean-Paul Trovéro, maire de Fontaine. © Joël Kermabon – Place Gre’net

« Dans ma jeu­nesse, c’é­tait l’en­droit ou nous sor­tions et où nous pas­sions du bon temps avec des amis. Et, évi­dem­ment,  plein de choses reviennent en tête », se remé­more le pré­sident.

 

Avant de rap­pe­ler au maire de Fontaine : « Nous sommes là face à la ligne de tram qui va enfin relier nos deux com­munes,  Fontaine et Pont-de-Claix, avec l’ex­ten­sion de la ligne A », a‑t-il sou­li­gné en forme de clin d’œil.

 

Quant aux Portes du Vercors, l’élu se montre dithy­ram­bique. « Ce pro­jet va tota­le­ment tirer l’a­mé­na­ge­ment de la métro­pole sur sa branche nord-ouest pour les années qui viennent. » L’occasion de rap­pe­ler l’opportunité du pro­jet de trans­port par câble entre Fontaine, la pres­qu’île et, de l’autre côté, Saint-Martin-le-Vinoux.

 

L'îlot Drac ouest vu de la ligne de tramway. © AKTIS Architecture & Urbanisme, tous droits réservés

L’îlot Drac ouest vu de la ligne de tram­way. © Aktis Architecture & Urbanisme, tous droits réser­vés

« J’ai pu voir cet été à Medellin (Colombie) l’im­pact des pro­jets de câble dans l’a­mé­na­ge­ment urbain. Ce sera un élé­ment trans­for­ma­teur de la façon de conce­voir la liai­son entre les villes et l’a­mé­na­ge­ment », assure Christophe Ferrari. Qui n’ou­blie pas les espaces natu­rels avec « la trame verte et bleue, selon lui, véri­table colonne ver­té­brale du pro­jet Portes du Vercors ».

 

Montrant le magni­fique pay­sage envi­ron­nant, le pré­sident de la Métropole ne cache pas sa satis­fac­tion. « Les habi­tants qui vont vivre ici auront une qua­lité de vie incroyable ! », s’en­thou­siasme-t-il. Christophe Ferrari en est per­suadé, « ce pro­jet des Portes du Vercors va mar­quer une nou­velle dyna­mique urbaine sur ce ter­ri­toire ».

 

Joël Kermabon

 

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