Le collectif pour la gratuité des transports maintient la pression sur la Ville de Grenoble

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FIL INFO — Nouvelle action du Collectif pour la gratuité des transports publics de l’agglomération grenobloise, dont les membres s’étaient donné rendez-vous devant la mairie de Grenoble mercredi 10 octobre. Leur mot d’ordre ? Inviter Grenoble à suivre l’exemple de Dunkerque, où la gratuité des transports publics est en place depuis le 1er septembre.

 

 

Le Collectif pour la gra­tuité des trans­ports publics de l’ag­glo­mé­ra­tion gre­no­bloise ne désarme pas. Gonflés à bloc depuis la mise en place, le 1er sep­tembre 2018, de la gra­tuité à Dunkerque, une pre­mière en Europe pour une col­lec­ti­vité de cette taille, les membres du col­lec­tif ont déployé plu­sieurs ban­de­roles et dis­tri­bué des tracts devant la mai­rie de Grenoble mer­credi 10 octobre pour faire une nou­velle fois entendre leur voix.

 

 

La gratuité, un remède à la voiture ?

 

Pour les mani­fes­tants, aucun doute : la néces­sité de la gra­tuité des trans­ports à Grenoble est encore « plus grande qu’à Dunkerque ». « Dans la cuvette gre­no­bloise, la pol­lu­tion atteint des som­mets. Notre métro­pole fait par­tie des agglo­mé­ra­tions poin­tées du doigt par la Commission euro­péenne pour son niveau élevé de pol­lu­tion », rap­pellent-ils dans leur tract. Sans oublier de poin­ter du doigt l’é­lar­gis­se­ment à venir de l’A480, « qui ne fera qu’aug­men­ter le tra­fic ».

 

Rassemblement du collectif pour la gratuité des transports devant la mairie de Grenoble 10 octobre 2018 © Florent Mathieu - Place Gre'net

Rassemblement du col­lec­tif pour la gra­tuité des trans­ports devant la mai­rie de Grenoble 10 octobre 2018. © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

La gra­tuité est-elle vrai­ment un remède à la voi­ture ? Jean-François Le Dizès, membre du col­lec­tif, en est convaincu. « À Aubagne, la gra­tuité a com­mencé en 2010, et le nombre de pas­sa­gers à été mul­ti­plié par trois, et la cir­cu­la­tion a été réduite de l’ordre de 35 % », nous répond-il. À Dunkerque, où la gra­tuité était déjà en place durant les week-ends, l’af­fluence aug­men­tait de 50 % les same­dis et dimanches, et 65 % des usa­gers étaient des uti­li­sa­teurs de voi­tures, ajoute-t-il.

 

La volonté politique en question

 

En somme, pour le mili­tant, « la gra­tuité tient la route et il faut l’é­tendre à Grenoble ». Le maire de Grenoble a bien objecté récem­ment que les situa­tions gre­no­bloise et dun­ker­quoise n’é­taient pas les mêmes, notam­ment en matière de ren­ta­bi­lité de la billet­tique. Celle-ci rap­porte ainsi 35 mil­lions d’eu­ros au SMTC, contre 4,5 mil­lions pour Dunkerque. Mais l’ar­gu­ment ne convainc pas le Collectif. « Quand on n’en a pas envie, on trouve des pré­textes ! », assène Jean-François Le Dizès.

 

Rassemblement du collectif pour la gratuité des transports devant la mairie de Grenoble 10 octobre 2018 © Florent Mathieu - Place Gre'net

Rassemblement du col­lec­tif pour la gra­tuité des trans­ports devant la mai­rie de Grenoble 10 octobre 2018. © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

Le but de cette nou­velle action : main­te­nir la pres­sion sur la muni­ci­pa­lité… mais aussi influer sur les pro­chaines élec­tions muni­ci­pales. « On espère qu’aux pro­chaines cam­pagnes, plu­sieurs listes pro­po­se­ront la gra­tuité », conclut ainsi le mili­tant. Un avis repris par l’élu “dis­si­dent” de la majo­rité Guy Tuscher, pré­sent à la mani­fes­ta­tion, pour qui la gra­tuité des trans­ports en com­muns est un pro­jet qui doit dépas­ser les cli­vages droite-gauche. Rendez-vous en 2020 ?

 

FM

 

 

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Commentaires 4
  1. Ping : Rassemblement mercredi 10 octobre 17H – Collectif pour la gratuité des transports publics dans l’agglomération grenobloise

  2. C’est quand même imbé­cile de mettre la gra­tuité alors qu’il y a des usa­gers sol­vables.

    Quant à mettre les auto­mo­bi­listes dans les trans­ports en com­mun sous le pré­texte qu’ils sont gra­tuits, c’est une idée de haut vol. Quand on connaît le coût que repré­sente l’u­sage d’une voi­ture et qu’on le met face à un abon­ne­ment de TC dont la moi­tié est pris en charge par l’employeur (pour cer­tains, cela monte même à 80 voire 85 %), on se demande pour­quoi tant de gens conti­nuent d’u­ti­li­ser leur voi­ture avec un tel dif­fé­ren­tiel de prix.

    Par contre, avec les TC gra­tuits, super chouette : plus aucune rai­son de s’embêter à pied ou à vélo. Hop, dans les TCs ! Je ne suis pas sûr que l’en­vi­ron­ne­ment en sorte gagnant.

    Allez, et on ne cause même pas de savoir où on va trou­ver l’argent. Le « free lunch » n’existe pas.

    Et pour les pour­cen­tages, hahaha. Pourquoi est-ce que le col­lec­tif ne donne pas les chiffres bruts qu’on puisse se faire une idée pré­cise ? Parce que pas­ser de 20 pas­sa­gers à 30 dont 6 ex-auto­mo­bi­listes, c’est moins sexy que 50% d’aug­men­ta­tion et 65% d’au­to­mo­bi­listes ?

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  3. Il ne faut pas for­cé­ment la gra­tuité, par­ceque les trans­port ont un cout, c’est nor­mal que l’u­sa­ger en paye une par­tie.
    Mais je pense que 50% moins cher, ça resou­drait beau­coup de pro­blèmes..

    Aujourd’hui à 1,60 euros le ticket, ça me coute moins cher de prendre ma voi­ture pour faire quelques arrets…

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    • Il n’y a pas mieux que prendre sa voi­ture pour 3 km sous le pré­texte que ce serait moins cher que les TC (coût d’une voi­ture de l’ordre de 50 cen­times / km) ?
      Pour rap­pel, 3 km = 30mn à pied = 11mn à vélo. De porte à porte.

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