Action pour le climat : des activistes nettoient symboliquement des agences de la Société générale à Grenoble

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FOCUS – À l’occasion de la journée mondiale du climat, une cinquantaine de militants d’Action non violente Cop21, de l’association Les Amis de la Terre et d’Alternatiba ont procédé, ce samedi 8 septembre au matin, à des nettoyages d’agences de la Société générale à Grenoble. Motif de ces actions « propreté » ? Dénoncer le business climaticide de l’organisme bancaire, qui soutient « à coups de milliards de dollars » l’extraction d’énergies fossiles aux États-Unis.

 

 

Opération de "nettoyage" de la banque Société Générale, samedi 8 septembre 2018, à l'occasion de la journée mondiale pour le climat, par Action non violente (ANV) Cop21, les Amis de la terre, et Alternatiba © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

© Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Ce samedi 8 sep­tembre au matin, les acti­vistes d’Action non vio­lente Cop21 et les mili­tants de l’as­so­cia­tion Les Amis de la Terre et d’Alternatiba avaient pré­paré une petite sur­prise à la Société géné­rale, à Grenoble.

 

À l’oc­ca­sion de la jour­née mon­diale d’ac­tion pour le cli­mat, des actions étaient ainsi orga­ni­sées dans une cin­quan­taine de villes en France.

 

Il faut dire que la banque fran­çaise consti­tue une cible idéale, puis­qu’elle détient « le triste record » d’in­ves­tir le plus mas­si­ve­ment dans l’ex­trac­tion des éner­gies fos­siles comme le gaz de schiste aux États-Unis.

 

Un busi­ness désas­treux pour le cli­mat de la pla­nète, rap­pellent les acti­vistes. Pour qui le dérè­gle­ment cli­ma­tique à l’œuvre impose plus que jamais d’a­mor­cer une baisse dras­tique des émis­sions des gaz à effet de serre. Et, par là même, une dimi­nu­tion tout aussi radi­cale de l’u­ti­li­sa­tion des éner­gies fos­siles, qui génèrent ces émis­sions nui­sibles pour l’Humanité et la bio­di­ver­sité.

 

 

« Nous estimons que notre action est légitime »

 

« La Société géné­rale est une banque sale, il faut la net­toyer ! », a lancé d’une voie forte et ferme Élisabeth Martinez, copré­si­dente d’Alternatiba Grenoble, en se plan­tant au milieu de l’a­gence de la banque située cours Jean-Jaurès.

 

Opération de "nettoyage" de la banque Société Générale, samedi 8 septembre 2018, à l'occasion de la journée mondiale pour le climat, par Action non violente (ANV) Cop21, les Amis de la terre, et Alternatiba © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Opération de « net­toyage » de la banque Société Générale, samedi 8 sep­tembre 2018. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Sous le regard médusé de l’employé, les acti­vistes en blouses de ménage ont com­mencé à pro­cé­der à un net­toyage en bonne et due forme, équi­pés de seaux d’eau, de ser­pillères, de plu­meaux, de chif­fons et de pro­duits pour sol, sur­faces et vitres.

 

Pendant ce temps, la mili­tante a rap­pelé le contexte de cette inter­ven­tion « non vio­lente ». « C’est la troi­sième action que nous fai­sons depuis deux ans dans votre banque. Nous esti­mons que notre action est légi­time et la seule solu­tion pour que la Société géné­rale cesse de finan­cer des pro­jets cli­ma­ti­cides », a‑t-elle asséné.

 

Un peu plus avant le top départ de l’o­pé­ra­tion net­toyage, Amélie Fondevilla, mili­tante d’ANV Cop21, poin­tait « l’at­ti­tude de sur­croît hypo­crite de la banque alors que la France inter­dit l’ex­trac­tion des gaz de schiste ».

 

 

« La banque est vraiment très très sale. Il va falloir la décontaminer »

 

Durant l’in­ter­ven­tion des mili­tants éco­lo­gistes, les quelques clients pré­sents dans l’a­gence n’ont pas bron­ché. Le res­pon­sable de l’a­gence a, pour sa part, d’a­bord mani­festé sa répro­ba­tion.  Puis il s’est ravisé, au vu du nombre des mili­tants, consi­dé­rant tout compte fait qu’il n’y avait pas péril en la demeure.

 

Opération de "nettoyage" de la banque Société Générale, samedi 8 septembre 2018, à l'occasion de la journée mondiale pour le climat, par Action non violente (ANV) Cop21, les Amis de la terre, et Alternatiba © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

En pleine opé­ra­tion de « net­toyage » à la Société géné­rale, samedi 8 sep­tembre 2018. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Sans doute pour clore la séance de ménage, la porte-parole a lancé : « Désolée, la banque est vrai­ment très très sale. Il va fal­loir la décon­ta­mi­ner. »

 

Des faux spé­cia­listes de la décon­ta­mi­na­tion sont alors arri­vés. Et ont éva­cué leur propre troupe vers la sor­tie, met­tant ainsi un terme à la mise en scène, savam­ment éla­bo­rée.

 

« Cela s’est très bien passé », se sont féli­ci­tés les mili­tants, une fois sor­tis de l’a­gence.

 

 

« Changez la banque ou alors changez de banque ! »

 

Deux agences de la Société géné­rale à Grenoble, l’une sur le cours Jean-Jaurès et l’autre sur le bou­le­vard Vallier auront eu droit, ce jour, simul­ta­né­ment à une petite séance de net­toyage d’une ving­taine de minutes, admi­nis­trée par deux groupes de vingt-cinq mili­tants envi­ron.

 

Opération de "nettoyage" de la banque Société Générale, samedi 8 septembre 2018, à l'occasion de la journée mondiale pour le climat, par Action non violente (ANV) Cop21, les Amis de la terre, et Alternatiba © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Opération de « net­toyage » de la banque Société géné­rale, samedi 8 sep­tembre 2018, à l’oc­ca­sion de la jour­née mon­diale pour le cli­mat. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

 

Une fois leur besogne effec­tuée, les mili­tants ont ensuite convergé vers la place Victor-Hugo, sans se pri­ver de dénon­cer, au cours de leur déam­bu­la­tion, par le tru­che­ment d’un méga­phone, de pan­neaux et de tracts, les agis­se­ments de la Société géné­rale.

 

Arrivés à place Victor-Hugo, les acti­vistes ont cette fois pro­cédé  au rava­le­ment de la vitrine de l’a­gence du quar­tier, tout en conti­nuant d’é­chan­ger avec les pas­sants intri­gués. Les mili­tants n’ont eu de cesse de lan­cer aux clients poten­tiels de la Société géné­rale : « Changez la banque ou alors chan­gez de banque ! ».

 

 

« Ces projets sont également imposés aux populations autochtones »

 

La Société géné­rale n’en a pas fini avec cette publi­cité peu flat­teuse dont elle se pas­se­rait bien. En mars der­nier, les mêmes acti­vistes avaient déjà entre­pris un autre type d’ac­tion non vio­lente contre elle.

Opération de "nettoyage" de la banque Société Générale, samedi 8 septembre 2018, à l'occasion de la journée mondiale pour le climat, par Action non violente (ANV) Cop21, les Amis de la terre, et Alternatiba © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Journée mon­diale pour le cli­mat. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Déjà à l’é­poque, ils dénon­çaient ses « méga­pro­jets rava­geurs pour la pla­nète ». Les acti­vistes lui reprochent en par­ti­cu­lier de finan­cer « un pro­jet de ter­mi­nal d’exportation de gaz de schiste liqué­fié, Rio Grande LNG, et de double gazo­duc, Rio Bravo Pipeline ».

 

« En plus d’être très mau­vais pour le cli­mat, la pla­nète, ces pro­jets sont éga­le­ment impo­sés aux popu­la­tions autoch­tones qui les refusent mais ne sont pas écou­tées ! », ful­mine Samuel.

 

 

« Nos actions médiatisées portent leurs fruits »

 

La pré­cé­dente action de mars n’a­vait pas suffi à faire plier la banque. Les acti­vistes ont à nou­veau sévi ce samedi et n’en­tendent pas lâcher la banque de si tôt. Ils annoncent, cette fois à l’a­vance, qu’ils pro­gramment un « net­toyage géant » du siège pari­sien de la Société géné­rale du 28 bou­le­vard Haussmann, le 14 décembre pro­chain.

 

Opération de "nettoyage" de la banque Société Générale, samedi 8 septembre 2018, à l'occasion de la journée mondiale pour le climat, par Action non violente (ANV) Cop21, les Amis de la terre, et Alternatiba © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

© Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Une date qui ne doit rien au hasard puis­qu’elle mar­quera la fin de la Cop24 (“Conference of the Parties”, en anglais), se dérou­lant cette année en Pologne.

 

De quoi lais­ser à la banque quelques semaines pour mûrir sa déci­sion de renon­cer à ses pro­jets d’ex­trac­tions de fos­siles aux États-Unis ? Telle semble en tout cas la stra­té­gie mise en œuvre.

 

« Nos actions média­ti­sées portent leurs fruits », déclare, confiante, Béatrice Janiaud, mili­tante d’Alternatiba et ancienne élue verte au conseil régio­nal de Rhône Alpes. Preuve en est, qu’har­ce­lée de la même façon par les acti­vistes, la BNP Paribas a fini par battre sa coulpe. En octobre 2017, elle s’est désen­ga­gée des pro­jets liés à l’ex­trac­tion d’éner­gies fos­siles.

 

Séverine Cattiaux

 

 

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