Société générale : les mouvements pour le climat mettent de l’eau dans le gaz de schiste

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REPORTAGE VIDÉO – Ce vendredi 9 mars, une quinzaine d’activistes des mouvements pour le climat Alternatiba Grenoble et ANV Cop21 ont mené une action non violente dans deux agences de la Société générale à Grenoble. Ils entendaient ainsi dénoncer le soutien de la banque aux énergies fossiles les plus néfastes pour le climat et les populations locales. Mais aussi réclamer son retrait définitif du projet de terminal d’exportation de gaz de schiste Rio Grande LNG et de double gazoducs Rio Bravo au Texas.

 

 

Alternatiba Grenoble et ANV Cop21 ont mené une action dans deux agences de la Société générale à Grenoble pour dénoncer son soutien aux énergies fossiles.© Joël Kermabon - Place Gre'net

© Joël Kermabon – Place Gre’net

Une quinzaine de militants des mouvements citoyens non violents Alternatiba Grenoble et Action non violente Cop21 (ANV COP21) ont investi deux agences de la Société générale de Grenoble, ce vendredi 9 mars sur le coup de 17 heures.

 

Dans la petite troupe, certains sont affublés d’oreilles de lapin, un autre carrément déguisé avec un pelage de ce même rongeur. Objectifs ? Interpeller les responsables des agences mais aussi informer les employés et les clients de la banque sur les risques climatiques que fait peser l’activité de la Société générale.

 

 

Un projet de pipeline et de terminal d’exportation de gaz naturel liquéfié

 

Dans la ligne de mire des activistes, le rôle clé de conseiller financier joué par la Société générale dans le projet de pipeline et de terminal d’exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) issu du gaz de schiste Rio Grande LNG  [liquefied natural gas, ndlr] au Texas et de double gazoduc, Rio Bravo pipeline, porté par l’entreprise américaine NextDecade.

 

Une implication financière de la banque française dénoncée dans un rapport très exhaustif publié, ce lundi 5 mars, par l’association Les Amis de la Terre.

 

 

 

 

« Poser des lapins » aux conseillers financiers de la banque

 

Déguisés en lapin ? Quelle drôle d’idée ! Pour comprendre, il faut revenir en arrière. De fait, cette nouvelle action vient conclure une semaine de mobilisation – à l’initiative des Amis de la Terre –, au cours de laquelle des citoyens ont massivement pris rendez-vous dans les agences Société générale de différentes villes de France.

 

© Joël Kermabon - Place Gre'net

© Joël Kermabon – Place Gre’net

Ils ont ensuite « posé des lapins » aux conseillers financiers, « symbolisant ainsi leur refus de rejoindre une banque qui finance les énergies fossiles à travers le monde », expliquent les mouvements. Soit, au total, 467 rendez-vous pris – et non honorés – dans 21 agences de la Société générale de 10 villes en France.

 

Dans les deux agences de Grenoble, des « lapins ont été posés » pour 41 rendez-vous. L’idée sous-jacente ? « Puisque la Société générale refuse de prendre conscience du calendrier imposé par l’urgence climatique, nous nous chargeons aujourd’hui de remplir son agenda », ironisent les militants.

 

 

Le « greenwashing sans limites » de la Société générale

 

Au cours de cette action, les militants d’Alternatiba et d’ANV Cop21 ont lu un courrier adressé à la banque l’appelant à emboîter le pas à BNP Paribas qui a renoncé à ce projet. Mais aussi et surtout « à mettre un terme à tous ses soutiens aux projets et aux entreprises actives dans les énergies fossiles extrêmes : le charbon, les sables bitumineux, le gaz de schiste, les forages en Arctique et en eaux profondes ».

 

© Joël Kermabon - Place Gre'net

© Joël Kermabon – Place Gre’net

Pour ces derniers, l’affaire est entendue : « La Société générale fait preuve d’un greenwashing* sans limites en prétendant participer à la transition énergétique et en misant sur le développement du gaz, y compris dans sa forme la plus sale : le gaz de schiste ».

 

 

Selon eux, non seulement le projet Rio Grande LNG entraînera l’extraction de toujours plus de gaz de schiste aux États-Unis, mais il contribuera sur l‘ensemble de la chaîne à émettre autant d’émissions que 44 centrales à charbon.

 

« Nous savons que l’industrie gazière est à l’origine d’importantes et croissantes émissions de méthane, gaz à effet de serre au potentiel réchauffant 86 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone sur vingt ans », ajoutent les activistes. « La Société générale ne pourra pas continuer éternellement à nier sa responsabilité vis-à-vis des écosystèmes et des communautés impactés par son activité », se prennent à espérer, en guise de conclusion, les deux mouvements.

 

Joël Kermabon

 

 

  • * Greenwashing est un anglicisme qui sert à désigner les pratiques consistant à utiliser abusivement un positionnement ou des pratiques écologiques à des fins marketing.

 

 

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