La Fédération des usagers de transports accusent la SNCF et la Région de délaisser le rail en Auvergne-Rhône-Alpes

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FIL INFO – La démission de Nicolas Hulot ne fait pas réagir que la classe politique. La Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut) Auvergne-Rhône-Alpes profite du départ du ministre de la Transition écologique et solidaire pour rappeler le poids du trafic routier sur l’environnement. Et dénonce un manque d’ambition ferroviaire de la part de la SNCF et de la Région.

 

 

« On ne réduira pas le tra­fic auto­mo­bile s’il n’y a pas d’offre ambi­tieuse en matière de trans­ports publics », clame la Fédération natio­nale des asso­cia­tions d’usagers des trans­ports (Fnauts) Auvergne-Rhône-Alpes. Celle-ci pro­fite de la démis­sion du ministre de la Transition éco­lo­gique et soli­daire Nicolas Hulot pour rap­pe­ler que « le tra­fic rou­tier est lar­ge­ment res­pon­sable des émis­sions de gaz à effet de serre et de la pol­lu­tion de l’air ».

 

 

Suppressions de trains et fermetures de gares

 

Or, la Fédération estime que « rien n’est fait » en Auvergne-Rhône-Alpes pour amé­lio­rer l’offre de trans­ports publics plus res­pec­tueux de l’en­vi­ron­ne­ment. « Au contraire », jugent les usa­gers des trains de la région, qui constatent la sup­pres­sion par la SNCF de treize TGV des­ser­vant des gares comme Annecy, Chambéry, Grenoble, Lyon-Part-Dieu ou Valence-ville. Auxquelles viennent s’a­jou­ter des chan­ge­ments d’ho­raires « sans concer­ta­tion ».

 

Train en direction de la gare de Grenoble. © Léa Raymond - Place Gre'net

Train en direc­tion de la gare de Grenoble. © Léa Raymond – Place Gre’net

 

Autres motifs de colère : la fer­me­ture de gui­chets ou de gares, ou des tra­vaux pour main­te­nir cer­tains petites lignes accu­sés d’a­van­cer « à l’al­lure d’un escar­got ». Deux lignes ont par ailleurs été fer­mées : Saint-Claude-Oyonnax et Clermont-Ferrand-Saint-Étienne. Des fer­me­tures que la Fnaut met en paral­lèle avec les tra­vaux auto­rou­tiers qui repré­sentent « plus cen­taines de mil­lions d’eu­ros d’in­ves­tis­se­ment ».

 

Autant d’élé­ments, en plus des retards fré­quents ou des trains trop sou­vent bon­dés, qui incitent la Fédération à rap­pe­ler le Conseil régio­nal à ses res­pon­sa­bi­li­tés, en tant qu’au­to­rité par­te­naire et finan­ceur régio­nal de la SNCF. « La Fnaut Auvergne-Rhône-Alpes demande à la Région de prendre conscience de l’ur­gence cli­ma­tique et de chan­ger radi­ca­le­ment de poli­tique en sol­li­ci­tant l’État et la SNCF », concluent ainsi les usa­gers cour­rou­cés.

 

 

La Région trop laxiste vis-à-vis de la SNCF ?

 

La Fnaut avait par ailleurs ample­ment dénoncé l’at­ti­tude de la SNCF durant la longue période de mou­ve­ments de grève pré­cé­dant l’été. Estimant que la société trai­taient dif­fé­rem­ment les clients des TGV et ceux des TER, la fédé­ra­tion avaient demandé à la Région d’ob­te­nir les rem­bour­se­ments des abon­ne­ments men­suels pour les usa­gers TER. Tout en dénon­çant des sup­pres­sions de trains dépas­sant le cadre des mou­ve­ments sociaux.

 

Pour le Fnaut, selon qu'ils montent dans un TER ou un TGV, la SNCF ne traite pas ses clients de la même manière © Florent Mathieu - Place Gre'net

Pour le Fnaut, selon qu’ils montent dans un TER ou un TGV, les clients de la SNCF ne sont pas trai­tés de la même manière. © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

D’autres conseils régio­naux se montrent plus sévères à l’é­gard de la SNCF et n’hé­sitent pas à taper du poing sur la table. Face à de récentes annu­la­tions inopi­nées de TER, la Région Pays-de-la-Loire a ainsi sèche­ment rap­pelé à l’ordre la com­pa­gnie, décla­rant notam­ment : « Toute sup­pres­sion de train met en dif­fi­culté les usa­gers et c’est l’image du réseau régio­nal qui en pâtit ». De quoi rendre jalouse la Fnaut Auvergne-Rhône-Alpes ?

 

FM

 

 

LA RÉGION INVESTIT SUR LA LIGNE GRENOBLE-GAP

 

Accusé de se dés­in­té­res­ser du fer­ro­viaire, le Conseil régio­nal Auvergne-Rhône-Alpes n’en a pas moins annoncé son enga­ge­ment finan­cier pour la ligne Grenoble-Gap, aux côtés de la Métro et du Conseil dépar­te­men­tal de l’Isère. Un inves­tis­se­ment attendu depuis long­temps par le Collectif de l’Étoile fer­ro­viaire de Veynes, qui révé­lait la bonne nou­velle au début du mois d’août. Non sans y ajou­ter quelques bémols.

 

Un train TER en gare de Clelles © Collectif de l'étoile ferroviaire de Veynes

Un train TER en gare de Clelles. © Collectif de l’é­toile fer­ro­viaire de Veynes

 

Les usa­gers craignent en effet que les tra­vaux ne soient finan­cés qu’entre Grenoble et Clelles sans aller au-delà, faute d’in­ves­tis­se­ments de la part de l’État et de la Région Provence-Alpes-Côtes-d’Azur. Bien décidé à ne pas lais­ser retom­ber la pres­sion, le col­lec­tif a d’ores et déjà prévu une action à Lus-la-Croix-Haute, à l’oc­ca­sion de son assem­blée géné­rale.

 

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Commentaires 2
  1. pour comp­ter su veau-qui-est faut etre naif

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  2. La Fnaut a sou­tenu la réforme ferroviaire…Ben oui les gares, les lignes vont fer­mer, c’est ce qui a été voté…

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