A Grenoble, le ministre de la Transition écologique a dit espérer que les efforts de la France lui épargneront les sanctions de Bruxelles. Pas gagné...

Démission de Nicolas Hulot : réactions politiques en chaîne en Isère et Auvergne-Rhône-Alpes

Démission de Nicolas Hulot : réactions politiques en chaîne en Isère et Auvergne-Rhône-Alpes

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FOCUS – La démission de Nicolas Hulot de son poste de ministre de la Transition écologique et solidaire a surpris, et suscité nombre de commentaires. Les élus isérois et régionaux ne sont pas en reste, depuis la réaction du maire de Grenoble Éric Piolle jusqu’aux réponses, parfois divergentes, des députés En marche.

 

 

La démis­sion “sur­prise” de Nicolas Hulot du gou­ver­ne­ment, annon­cée en direct durant la mati­nale de France Inter, a sus­cité une véri­table onde de choc média­tique et poli­tique à laquelle ont pris part nombre d’é­lus locaux. À com­men­cer par le maire de Grenoble qui, quelques heures après l’an­nonce, orga­ni­sait une confé­rence de presse pour faire connaître sa réaction.

 

 

Saluant « le cou­rage et la sin­cé­rité » du désor­mais ex-ministre, Éric Piolle veut faire de cette démis­sion le signal qu’un ras­sem­ble­ment des forces est néces­saire. « Je lance un appel aux élus, aux for­ma­tions poli­tiques, de ne pas lais­ser les ins­ti­tu­tions à ces cyniques », déclare-t-il en dési­gnant le gou­ver­ne­ment. Tout en se tour­nant vers la « société civile », men­tion­nant les mou­ve­ments Attac ou Alternatiba, pré­sents lors de l’Université d’été rebelle et soli­daire.

 

 

Grenoble, terreau d’une refondation écologiste ?

 

Grenoble, ter­reau d’une union fai­sant la force ? L’édile veut y croire. « Je suis prêt à les accueillir ! Les Grenobloises et les Grenoblois sont prêts à les accueillir pour échan­ger autour de cela ! », clame Éric Piolle. Pour lui, aucun doute : la trans­for­ma­tion vien­dra des villes, qui ont « une capa­cité à être moins sujettes aux lob­bys ». Et plus encore de Grenoble, « où, his­to­ri­que­ment, les huma­nistes savent pro­duire ensemble pour le bien com­mun ».

 

Nicolas Hulot à Grenoble le 13 avril 2018 pour saluer la feuille de route sur la pollution de l'air © Patricia Cerinsek - Place Gre'net

Nicolas Hulot à Grenoble le 13 avril 2018 pour saluer la feuille de route sur la pol­lu­tion de l’air. © Patricia Cerinsek – Place Gre’net

 

Dans une même lignée idéo­lo­gique, les élus d’op­po­si­tion à la Région RCES (Rassemblement citoyens, éco­lo­gistes et soli­daires) saluent la « luci­dité » de Nicolas Hulot. Et jugent que « ni M. Macron ni son équipe n’a­vait pris la moindre conscience de l’am­pleur des enjeux ». Rappelant qu’une réunion avec les chas­seurs a pré­ci­pité la démis­sion du ministre, les élus éta­blissent un paral­lèle avec la situa­tion locale : « Ici, en Région, cela fait deux ans qu’au titre de la poli­tique envi­ron­ne­men­tale, des moyens déme­su­rés sont don­nés aux chas­seurs », dénoncent-ils.

 

 

La trahison du nouveau monde ?

 

Les socia­listes ne sont pas en reste. La dépu­tée de l’Isère Marie-Noëlle Battistel juge la démis­sion de Nicolas Hulot « symp­to­ma­tique du sen­ti­ment de tra­hi­son qui est par­tagé par tous ceux qui ont cru à la pro­messe du “nou­veau monde” ».

 

Marie-Noëlle Battistel © Yuliya Ruzhechka - Place Gre'net

Marie-Noëlle Battistel. © Yuliya Ruzhechka – Place Gre’net

Même tona­lité chez l’an­cien député Erwann Binet, qui décrit sur Facebook un exé­cu­tif « dont on peine encore, au bout d’une année, à entre­voir le sens et l’ef­fi­ca­cité de l’ac­tion ».

 

À droite, c’est la séna­trice Les Républicains de l’Isère Frédérique Puissat qui a pris la plume. Très pré­oc­cu­pée par le Plan loup, l’é­lue évoque des prises de posi­tion de Nicolas Hulot qui « montrent clai­re­ment qu’il n’a pas été en capa­cité de mesu­rer l’importance de l’économie de mon­tagne et la détresse des éle­veurs ».

 

Et la séna­trice d’es­pé­rer un renou­vel­le­ment minis­té­riel per­met­tant « de prendre davan­tage en compte notre éco­no­mie de mon­tagne ».

 

 

Côté En marche : des regrets… et un bilan

 

Restent les voix des mar­cheurs. Les dépu­tés de l’Isère Émilie ChalasCatherine Kamowski et Olivier Véran ont cha­cun pris la parole dans trois com­mu­ni­qués dis­tincts. Des com­mu­ni­qués qui reviennent sur le départ de l’une des figures d’im­por­tance du gou­ver­ne­ment d’Édouard Philippe, quitte à l’a­bor­der par­fois sous des angles bien différents.

 

Émilie Chalas © Joël Kermabon - Place Gre'net

Émilie Chalas. © Joël Kermabon – Place Gre’net

 

Concordance des termes à rele­ver, tou­te­fois : les dépu­tés de la pre­mière et troi­sième cir­cons­crip­tions de l’Isère « regrettent » la déci­sion de Nicolas Hulot de quit­ter le minis­tère de la Transition éco­lo­gique et soli­daire. Émilie Chalas tient « à saluer son action au sein du gou­ver­ne­ment », tan­dis qu’Olivier Véran décrit « un ministre mobi­lisé, motivé et à l’é­coute ». Notamment dans son sou­tien à l’a­men­de­ment nutri-score défendu par le député… et rejeté par l’Assemblée natio­nale.

 

Autre constante : les trois par­le­men­taires mettent en avant les “vic­toires” de Nicolas Hulot… pour mieux ver­dir le bilan de la majo­rité. Abandon du pro­jet d’aé­ro­port de Notre-Dame-des-Landes, « part de bio dans les exploi­ta­tions agri­coles de 6 à 15 % », « lutte contre les pes­ti­cides et pour la bio­di­ver­sité », « arrêt des cen­trales à char­bon d’ici 2022 »… Les dépu­tés égrènent ce qu’ils consi­dèrent comme des réussites.

 

 

Olivier Véran rejette toute « politique politicienne »

 

Les rai­sons mêmes de la démis­sion de Nicolas Hulot ne sont quant à elles pas per­çues de la même manière. Au risque de sem­bler don­ner des leçons, Émilie Chalas estime que « l’exer­cice du pou­voir est une ques­tion de prag­ma­tisme et de com­pro­mis ». « On ne peut donc tout régler en un an mais il n’en reste pas moins que jamais autant n’a été fait pour l’écologie en un an », ajoute-t-elle. Une affir­ma­tion éton­nante alors que l’an­cien ministre de la Transition éco­lo­gique a dit jus­te­ment quit­ter son poste face au manque de réa­li­sa­tions effec­tives du gouvernement.

 

Catherine Kamowski. DR

Catherine Kamowski. DR

Son de cloche légè­re­ment dif­fé­rent du côté de Catherine Kamowski, qui veut avant tout voir dans le départ de Nicolas Hulot « le choix d’un homme ». « Cette déci­sion, per­son­nelle et intime, lui appar­tient », écrit de façon lapi­daire la dépu­tée de la cin­quième cir­cons­crip­tion de l’Isère, sem­blant vou­loir vider la démis­sion de Nicolas Hulot de toute dimen­sion politique.

 

Un dis­cours assez proche en somme de celui d’Olivier Véran, pour qui la démis­sion de Nicolas Hulot « tient bien moins de la poli­tique poli­ti­cienne que de la volonté d’un homme de trou­ver une liberté nou­velle d’agir au ser­vice de ses com­bats ». Le par­le­men­taire va même jus­qu’à dénon­cer « la récu­pé­ra­tion poli­tique » de cet évé­ne­ment… pour­tant hau­te­ment politique. 

 

Le député de la pre­mière cir­cons­crip­tion n’ou­blie d’ailleurs pas de citer nom­mé­ment Éric Piolle. Et de dénon­cer ce qui lui appa­raît comme un « para­doxe » : « On voit des élus éco­lo­gistes saluer aujourd’hui la démis­sion de Nicolas Hulot comme une déci­sion cou­ra­geuse alors même qu’ils n’auront eu de cesse que de se démar­quer de son action lorsqu’il était en capa­cité d’agir pour l’intérêt géné­ral », raille-t-il.

 

 

Le « combat » continue, pour les parlementaires

 

Les par­le­men­taires concluent leurs com­mu­ni­qués en appe­lant au « com­bat ». Un « com­bat de fond », juge Émilie Chalas, qui doit dépas­ser les cli­vages poli­tiques et com­men­cer par « la prise de conscience de nos actes indi­vi­duels ». Et la dépu­tée de la troi­sième cir­cons­crip­tion de citer les mégots de ciga­rettes jetés sur les trot­toirs, ou « notre consom­ma­tion immo­dé­rée de viande, de plas­tiques ou d’hydrocarbures ».

 

Olivier Véran. © Yuliya Ruzhechka - Place Gre'net

Olivier Véran. © Yuliya Ruzhechka – Place Gre’net

 

Combat tou­jours, quand Catherine Kamowski s’af­firme « plus que jamais déter­mi­née à faire réus­sir la trans­for­ma­tion de la France ». Tandis qu’Olivier Véran consi­dère que « l’écologie n’est pas l’apanage d’individus ou de par­tis : c’est l’affaire de tous et de cha­cun ». Le député En marche affirme ainsi que l’ur­gence demeure… et que la démis­sion du ministre de la Transition éco­lo­gique « invite col­lec­ti­ve­ment à faire davan­tage encore ».

 

Florent Mathieu

 

 

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Florent Mathieu

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