L’Insee révèle les dif­fé­rents enjeux de déve­lop­pe­ment durable des ter­ri­toires d’Auvergne-Rhône-Alpes

L’Insee révèle les dif­fé­rents enjeux de déve­lop­pe­ment durable des ter­ri­toires d’Auvergne-Rhône-Alpes

EN BREF – Dans une récente étude inti­tu­lée « Les ter­ri­toires de la région face au défi du déve­lop­pe­ment durable », l’Insee Auvergne-Rhône-Alpes se penche sur les dis­pa­ri­tés ter­ri­to­riales de la région, en s’ap­puyant sur ses Établissements publics de coopé­ra­tion (EPCI). Au final, les ana­lystes de l’Institut défi­nissent sept types de ter­ri­toires, depuis les grandes agglo­mé­ra­tions jus­qu’aux zones rési­den­tielles diffuses.

Parc Hubert Dubedout © Grenoble-Alpes Métropole

Parc Hubert Dubedout © Grenoble-Alpes Métropole

Les ter­ri­toires de la région Auvergne-Rhône-Alpes « face aux défis du déve­lop­pe­ment durable », tel est le sujet d’une récente syn­thèse éla­bo­rée par l’Insee Auvergne-Rhône-Alpes.

Des ter­ri­toires ruraux en situa­tion de fra­gi­lité sociale

L’étude (cf. métho­do­lo­gie en enca­dré) met en relief la dis­pa­rité des dif­fé­rents types de ter­ri­toires pré­sents sur l’en­semble de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Une région où la rura­lité est bien pré­sente, que l’Insee divise en deux typologies.

D’une part, des ter­ri­toires ruraux attrac­tifs mais expo­sés à la pré­ca­rité, où se retrouvent prin­ci­pa­le­ment des inter­com­mu­na­li­tés de Drôme et d’Ardèche. Ruraux et par­fois mon­ta­gneux, ces ter­ri­toires sont dif­fi­ci­le­ment acces­sibles, et concentrent un taux de pau­vreté de 18 % mal­gré une forte acti­vité tou­ris­tique en lien avec la beauté de leurs paysages.

La carte des territoires répartis en sept catégories par l'INSEE © INSEE Auvergne-Rhône-Alpes

La carte des ter­ri­toires répar­tis en sept caté­go­ries par l’Insee © Insee Auvergne-Rhône-Alpes

Deuxième espace rural : des sec­teurs d’é­le­vage bovin « pré­sen­tant des signes de fra­gi­lité sociale », en grande majo­rité concen­trés dans l’ouest auver­gnat. Des zones dans les­quelles le niveau de for­ma­tion est plus faible : 24 % des actifs sont titu­laires d’un diplôme de l’en­sei­gne­ment supé­rieur, contre 37 % sur l’en­semble de la région.

L’Insee y observe éga­le­ment un chô­mage de longue durée plus impor­tant et, sur­tout, une pro­por­tion de per­sonnes de plus de 65 ans bien supé­rieure aux moins de 20 ans, entraî­nant un « dés­équi­libre géné­ra­tion­nel ».

Les ter­ri­toires rési­den­tiels face à la « ségré­ga­tion sociale »

Au niveau rési­den­tiel, les ana­lystes de l’Institut dis­tinguent, là encore, deux grands types de ter­ri­toires. Principalement concen­trées en Savoie et Haute-Savoie, mais aussi en par­tie dans le Grésivaudan, se dis­tinguent ainsi des zones rési­den­tielles aisées mais confron­tée à des dif­fi­cul­tés de logement.

Leur taux de pau­vreté très faible induit un fon­cier très coû­teux, et dès lors un véri­table « enjeu de ségré­ga­tion sociale ». Dans le détail, l’Insee note la topo­gra­phie par­ti­cu­lière de la Vallée de l’Arve, qui l’ex­pose à des phé­no­mènes de pol­lu­tion simi­laires à ceux des métropoles.

La Matheysine, un territoire marqué par un résidentiel diffus © Communauté de communes de la Matheysine

La Matheysine, un ter­ri­toire mar­qué par un rési­den­tiel dif­fus © Communauté de com­munes de la Matheysine

Plus “fourre-tout”, l’Insee des­sine une caté­go­rie de ter­ri­toires « à domi­nante rési­den­tielle », plus dis­per­sés géo­gra­phi­que­ment. Situés dans le bas­sin de Bourg-en-Bresse, dans le Roannais ou encore dans la Matheysine, ces zones concentrent tout de même 15 % de la popu­la­tion régionale.

Signes carac­té­ris­tiques : un niveau de vie mais aussi des inéga­li­tés plus faibles que sur la moyenne régio­nale, et un habi­tat dif­fus com­posé aux deux tiers de mai­son. Ces ter­ri­toires ne pré­sentent au final « aucun enjeu fort de déve­lop­pe­ment durable », selon l’a­veu même des analystes.

Des agglo­mé­ra­tions face aux enjeux environnementaux

Les ter­ri­toires res­tants ? L’Insee dis­tingue et insiste sur « un patri­moine natu­rel en haute mon­tagne à pré­ser­ver ». Une zone, prin­ci­pa­le­ment basée en Savoie mais aussi en Haute-Savoie et en Isère, qui compte deux parcs natio­naux, la Vanoise et une par­tie des Écrins, confron­tée à des risques d’i­non­da­tion et de mou­ve­ments de ter­rain. Si le ter­ri­toire ne concentre que 1,4 % de la popu­la­tion régio­nale, son impor­tance éco­lo­gique et tou­ris­tique n’est plus à démontrer.

En agglomération, les véhicules représentent 38 % des émissions de gaz à effet de serre © Léa Raymond - Place Gre'net

En agglo­mé­ra­tion, les véhi­cules repré­sentent 38 % des émis­sions de gaz à effet de serre © Léa Raymond – Place Gre’net

La mon­tagne fait natu­rel­le­ment par­tie des pay­sages isé­rois, mais le dépar­te­ment de l’Isère est très majo­ri­tai­re­ment com­posé d’aires urbaines, dont l’en­jeu prin­ci­pal réside dans les dépla­ce­ments, note encore l’Institut.

« Dans ces ter­ri­toires, les dépla­ce­ments domi­cile-tra­vail sont impor­tants, et s’accompagnent d’un usage accru de la voi­ture », écrit ainsi l’Insee. L’impact envi­ron­ne­men­tal est impor­tant : dans ces zones, 38 % des émis­sions de gaz à effet de serre pro­viennent des véhi­cules, contre 28 % pour l’in­dus­trie et 13 % pour le résidentiel.

Enfin, l’Insee recense quatre grandes agglo­mé­ra­tions dans la région : Clermont-Ferrand, Saint-Étienne, Lyon et Grenoble. Des zones « sen­sibles à la pol­lu­tion indus­trielle et aux inéga­li­tés sociales », note l’Institut. Qui rap­pelle, sans sur­prise, que les agglo­mé­ra­tions de Lyon et de Grenoble pré­sentent les qua­li­tés de l’air les plus dégradées.

Un enjeu éco­lo­gique auquel s’a­joute un risque en matière de cohé­sion sociale, les villes concen­trant de fortes dis­pa­ri­tés et pré­sen­tant un taux de pau­vreté de 15,2 %… soit 2,5 % de plus que la moyenne régionale.

Florent Mathieu

Une étude construite autour d’une métho­do­lo­gie bien précise

En se basant sur les Objectifs de déve­lop­pe­ment durable (ODD) défi­nis par les Nations unies en 2015, l’Institut natio­nal de la sta­tis­tique et des études éco­no­miques dis­tingue ainsi sept types de ter­ri­toire sur l’en­semble de la région, tous confron­tés à des enjeux particuliers.

C’est éga­le­ment autour des EPCI, autre­ment dit les Établissements publics de coopé­ra­tion inter­com­mu­nal comme les com­mu­nau­tés de com­munes, que l’Insee a construit son étude. En effet, note l’Institut, les EPCI « consti­tuent un espace de déci­sion publique apte à por­ter des pro­jets de déve­lop­pe­ment ». Ce sont notam­ment eux qui donnent les orien­ta­tions des Plans locaux d’ur­ba­nisme inter­com­mu­naux (PLUI).

Florent Mathieu

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