La construction d’une église au prieuré traditionaliste de Meylan cristallise les tensions

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DÉCRYPTAGE – La construction d’une église sur le terrain du prieuré de Meylan, à proximité d’une école catholique hors contrat, cristallise de nombreuses tensions. Meydia, une « association politique de gauche », a notamment saisi le tribunal administratif de Grenoble pour faire annuler le permis de construire. Face à elle, L’abbé Salaün, directeur de l’école Saint-Pierre-Julien-Eymard qui officie au prieuré, ne croit pas aux raisons invoquées. Retour sur les enjeux d’une lutte bien plus complexe qu’il n’y paraît…

 

 

Une nouvelle église de 299 places verra-t-elle bientôt le jour au sein du prieuré traditionaliste de Meylan ? Meylan démocratie information action (Meydia) qui se décrit comme « une association politique de gauche » espère bien que non. Elle a ainsi saisi le tribunal administratif de Grenoble pour faire annuler le permis de construire accordé au prieuré membre de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX).

 

Meydia dénonce les liens entre le prieuré et l’extrême droite, notamment avec l’organisation politique Civitas, parti politique français se définissant comme un « lobby catholique traditionaliste ». Le prieuré partage par ailleurs son terrain avec une école catholique hors-contrat, les deux étant sous la direction de l’abbé Jean-Marie Salaün.

 

Le prieuré et école hors-contrat St-Pierre-Julien-Eymard de Meylan © Édouard Merlo

Le prieuré et l’école hors-contrat Saint-Pierre-Julien-Eymard de Meylan © Édouard Merlo

 

 

Une église qui serait contraire aux lois de l’urbanisme

 

Le collectif AiMeylan, rassemblant des élus de gauche, écologistes et centristes à Meylan avaient d’abord déposé un vœu pour que le maire actuel Jean-Philippe Blanc retire le permis de construire de l’église qualifiée « d’intégriste ». Un vœu retoqué par la majorité municipale. D’où ce recours au tribunal administratif de Grenoble.

 

Permis de construire de l'église © Édouard Merlo

Permis de construire de l’église © Édouard Merlo

« Ce recours porte sur des raisons techniques et administratives », précise l’abbé Salaün, que nous avons rencontré au prieuré.

 

Meydia, le base en effet uniquement sur des raisons urbanistiques et non politiques. L’association dénonce un nombre de places de stationnement insuffisant et un accroissement du flux quotidien de la circulation pouvant rendre dangereux le trafic routier et cycliste.

 

« Nous construisons pour avoir notre lieu de culte. L’église que nous avons actuellement à Grenoble est vieillissante » se justifie l’abbé. Qui affirme que l’ancien maire de Meylan, Damien Guiguet, ne s’est pas opposé au permis de construire lors de son mandat.

 

Tribune de Damien Guiguet qui explique pourquoi il souhaite regrouper les villes de Corenc, La Tronche et Meylan au sein d’une nouvelle commune.Damien Guiguet, maire UDI de Meylan. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Damien Guiguet, ancien maire UDI de Meylan. © Joël Kermabon – Place Gre’net

« Effectivement, le permis a été déposé auprès des services en avril 2017, confirme l’intéressé. L’instruction a commencé et il a fait l’objet ensuite de plusieurs demandes de pièces complémentaires et de modifications. Le dernier modificatif déposé par le pétitionnaire date du 11 décembre 2017, soit bien après ma démission, le 13 octobre… Ce n’est qu’à cette date du 11 décembre que le dossier est administrativement complet et que son instruction peut être finalisée avant signature par le maire ou l’adjoint compétent ». Et l’édile d’enfoncer le clou : « C’est donc bien le nouvel exécutif qui a finalisé l’instruction et pris la décision d’accorder le permis. »

 

Interrogé sur d’éventuels contrôles de l’école par des inspecteurs de l’Éducation nationale, Damien Guiguet nous informe que le dernier a été réalisé en novembre 2017. « Les inspecteurs n’ont pas relevé de défaillances », souligne-t-il.

 

Pour l’abbé, « le véritable motif, c’est qu’ils ne veulent pas d’un lieu de culte ici ». Pourquoi donc tant d’acharnement ? Pour le savoir, nous avons essayé de mieux connaître cet établissement.

 

 

« Ici, la religion n’est pas matière à option »

[…]

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Commentaires 8
  1. J’ai vécu 9 mois à Meylan avant de me faire empoisonner par un pizzaïolo Italien raciste. Ce fut violent et terriblement éprouvant pour mon organisme.
    Vous êtes des animaux à Grenoble…c’est pitoyable…:-(

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  2. « Aucun lien avec l’extrême-droite », « jamais entendu parler de la présence de Civitas à Meylan »…


    1) Le président de Civitas , Escada, a tenu une réunion au sein duPrieuré (cf le site isere-antifascisme, document révélé par FR3).


    Parmi les dirigeants de Civitas, non seulement des prêtres représentant la FSSPX, mais des gens qui revendiquent leur fascisme et pétainisme, comme Alexandre Gabriac.


    2) En 2016, réunion au prieuré avec Marion Sigaut, liée à Egalité et Réconciliation, d’Alain Soral, mouvement négationniste , qui dit combattre « le judaïsme politique »…
    De toute évidence, la salle comportait des « amis » de Gabriac.


    3) Dans un bulletin paroissial du prieuré, on recommande la lecture d’un auteur antisémite forcené, X fois condamné en justice, Hervé Ryssen.


    4 ) Les hommages à l’OAS : en 2015, en 2016, et encore en 2017. Mais pas en mars 2018, sans doute parce que ces « activités » et accointances avec l’extrême droite du Prieuré commençaient à être trop connues


    5) Hugues Petit, ex-FN, qui donne une « conférence  » au prieuré en avril 2018, sur le thème « comment combattre les droits de l’homme » (pas seulement en théorie, précise-t-il à Place Gre Net’, mais « en pratique » ). Le 13 mai 2018, il parraine « l’hommage et le défilé à Sainte Jeanne d’Arc », organisé à Paris par Civitas. Au mois d’août, il interviendra à ‘l’université d’été de Civitas.

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    • Et alors?
      Les idées en questions, aussi détestables fussent-elles, ne sont pas prohibées par la loi.
      Ce qui les ont on donc la LIBERTE de les avoir et de les exprimer, et le reste de la société à le devoir de respecter cette liberté!

      La loi est la même pour tous.

      Ce sont les idées qu’on combat et non pas des gens, sinon ça s’appelle une guerre civile.

      Certains ont vraiment une conception bizarre de la démocratie qui consiste à supprimer tout ce qui ne leur plaît pas…

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    • Un permis de construire est légal à partir du moment où il réponds aux exigence du code de l’urbanisme et de la construction et à celles du PLUI.

      On ne peut interdire à quiconque de construire au seul motif d’appartenance à l’extrême droite ou à des mouvances religieuses intégristes.

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  3. Meydia préférerait qu’une mosquée soit construite à la place, a n’en point douter!

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    • -

      30/07/2018
      17:51

      Ou un autre lieu de culte, surement (This is the critical question and) ????

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    • Sur quoi fondez-vous cette allégation ?
      Tous les musulmans ne sont pas des intégristes contrairement à ce prieuré membre de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie-X, ami de CIVITAS, intégriste catholique.

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